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AUX SOURCES DU DANUBE

L'Ister des anciens csl devenue la Donau des Allemands; tous les gros fleuves

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Forst-Koire. — Près de Villiugen.

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aube « aux belles ondes ». L'historien grec Hérodote, qui vivait au temps des guerres médiques, le mentionne également, et, au cours de ses longues pérégrinations, il en avait même vu la partie inférieure. César, au livre VI de ses Commentaires, se borne à le citer sous le nom de Danubius, que nous lui avons conservé.

Ce furent, les légions de Tibère qui l'explorèrent pour la première fois. Jusqu'au m siècle pourtant, on n'eut qu'une notion peu exacte de son cours. Les Romains, bien entendu, l'avaient divinisé, comme le Rhin, et ils lui avaient élevé des autels, ainsi que le prouvent des inscriptions retrouvées à Donaueschingen et datant de l'an 954 de la fondation de la ville éternelle. Le dieu du fleuve, très vénéré à Rome, figure sur beaucoup de monnaies et de tables votives : tantôt c'est un vieillard barbu, à la tète penchée, aux vêtements à longs plis, reposant sur un monstre marin, et ayant à côté de lui ses attributs sacro-saints; tantôt il porte la moustache ; sa tète est couronnée de roseaux, le haut de son corps légèrement redressé, son bras droit appuyé sur une cruche renversée d'où l'eau coule ; de la main droite, il tient le trident de Neptune.

Quels sites ravissants et pleins de poésie réfléchissent les ruisselets naissants du Danube ! Ils viennent au monde au sein des montagnes ; ils ont pour témoins de leurs enfantines cabrioles les rocs humides que la mousse enlace, les noirs sapins que treillissent les lichens, les clairs bouleaux dont les branches retombent, toujours frémissantes. D'une terrasse et d'un vallon à l'autre, ils entendent tinter les clochettes des troupeaux qui paissent les gazons de l'alpe nourricière, et de la mignonne écume de leurs ondes ils éclaboussent gaiement les poutres brunies des jolis chalets de bois aux larges balcons. Peut-être, à 700 lieues de là, au milieu des steppes et des marécages qu'il traverse au terme de sa course, le Danube, vieilli et morose, rêvet-il encore de cette zone idyllique et de ces doux paysages forestiers qui ont souri à ses premiers pas.

A deux kilomètres environ de Willingen, charmante petite ville de 4 500 âmes, située encore à 760 mètres au-dessus de la mer, et que baigne la Brigach à peine née, une autre rivière, le Neckar, fait aussi ses débuts par le monde. Mais sa carrière, à elle, n'est pas longue. Au lieu de tourner tout de suite le dos à son berceau, pour s'en aller, comme le Danube, vaguer aux confins extrêmes de l'Europe, elle reste près du sol natal ; elle se borne à le contourner, à Fétreindre pour ainsi dire finalement dans un court circuit à l'est et au nord, pour s'en revenir, après un voyage de 340 kilomètres au plus, rallier à Mannheim le grand fleuve au miroir duquel elle retrouve encore un reflet tout frais de la contrée où elle a vu le jour. Laissons-la s'engager dans sa riante vallée, vers Rottweill, Tubingue et Heilbronn, et, par un raccourci au sud-ouest, marchons, nous aussi, sur le Rhin, en explorant, de Hornberg et. de Triberg à Fribourg-en-Brisgau, quelques recoins du pays badois.

Hornberg, où passe le chemin de fer de Kehl à Constance, n'est qu'une bourgade du cercle de Willingen, mais combien délicieusement située ! La gravure cijointe permet d'en juger. Triberg, lui, est presque une ville (2 200 âmes), visitée

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