LA PLAINE DE WATERLOO
et sauvage fourré, hanté par le chat sauvage, l'écureuil et le corbeau. Depuis lors, on l'a coupée de percées symétriques; on y a façonné des boulingrins, établi des pièces d'eau, des chemins de ronde, des laiteries, et les tramways à la trompe sonore y déversent incessamment les promeneurs. Cependant, au delà de la première zone
Wateeloo. — Ruines de Hougomont. [Voy, p, -s
ses massifs d'arrière-plan présentent encore des retraites solitaires et muettes, fréquentées du chevreuil, <>ù <;;'t et là on rencontre des campements de bûcherons, et où retentit, dans les clairières, le bruit sourd des cognées.
Filons au delà encore, vers le sud, entre le cours de la Senne et celui de la Dyle : nous arriverons au plateau de Waterloo, que précède et annonce le gros village du même nom, agglomération de masures rustiques, de cabarets et de fermes. Là,
chaque site, vous le savez, a une célébrité funèbre et sinistre. Voici, au nord, Mont- Saint-Jean, puis l'énorme butte-ossuaire, couronnée d'un lion colossal, puis le fatal « chemin creux » dont Napoléon ne soupçonnait pas l'existence et où se décida le sort de la journée.
La plaine est une aire nue, rayée de rideaux d'arbres, et sillonnée de sentiers étroits. D'un côté, la route de Nivelles; de l'autre, celle de Charleroi. Le long de celleci s'élève la ferme de la Haie-Sainte, prise et reprise plusieurs fois au cours de la terrible lutte. C'est un assemblage de bâtisses aux toitures d'ardoise, aux murs étançonnés de contreforts; derrière sont des cours bordées d'écuries et d'étables, des vergers plantés de pommiers, que clôturent de fortes haies vives.
Plus loin, au sud et du même côté, se montre une autre construction, l'auberge de la Belle-Alliance; plus loin encore, c'est Plancenoit, cimetière qui fut, tour à tour, la redoute des Français et des Prussiens; puis la ferme de Rossomme, où Napoléon resta, pendant toute la journée du 18, à étudier comparativement le pays et la carte.
Plus à l'ouest enfin, vous apercevez les ruines du château de Hougomont, si furieusement attaqué et défendu. Il appartenait au comte et à la comtesse de ce nom, lesquels, à l'approche des troupes, s'étaient enfuis du côté de la France. Les bâtiments n'ont pas été reconstruits; il n'en subsiste que des dépendances, la demeure de l'ancien jardinier et une partie des communs, où se sont installés des paysans. Dans la cour, il y a un reste de margelle de puits; non loin de là se dressent les murailles mutilées de la chapelle. Quant aux jardins, ils se sont changés en une aire herbue, où des chevaux paissent en liberté entre les pommiers.
Au sud, enfin, se trouve Genappe, point où commencent les grandes landes du pays wallon, et, en face, à droite, Nivelles, localité célèbre surtout par le chien du guerrier de ce nom, lequel vivait au xv e siècle, et dont la statue de cuivre couronne le sommet de la tour de l'ex-couvent de Sainte-Gertrude.
Malikks. — Vuo sur la Dvle.