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A TRAVERS LA FORET DE BREGENZ

l'Allemagne du Sud. C'est de là que sortent également ces maisons de bois faites do pièces numérotées, agencées, et démontables du seuil aux combles, telles qu'on en fabrique aussi en Norvège, et qui s'expédient surtout dans la Suisse.

Nous voici cependant au bourg d'Alberschwende, la première localité de la région- La crête du Lorena le domine. Passé cette montagne, que nous avons vite fait de

Rives du lac tic Constance.

franchir, et du haut de laquelle nous revoyons un instant les collines de la Souabe au nord, et le sillon majestueux du Rheinthal à l'ouest, nous entrons dans ce qu'on nomme la Forêt postérieure. Là les aspects se modifient, les formes des hauteurs s'enhardissent, les coupures deviennent plus sauvages, et le relief s'enchevêtre si bien qu'on se sent pour ainsi dire prisonnier au sein d'un monde hermétiquement clos.

Le sillon de l'Ach, qui s'est dirigé jusqu'alors au sud-ouest, infléchit décidément au midi. Après un arrêt à Schwarzenberg, village situé au milieu de vergers, sur la rive du torrent, que franchit un pont de bois à toiture, nous filons sur .

AUTRICHE-HONGRIE ET BAS-DANUBE

Bezau, puis sur Reuti, hameau balnéaire assis au pied du Hohe-Joch, et enfin sur la bourgade de Schnepfau.

Je pourrais vous arrêter ici, en vue des hautes crêtes nues du Didamskopf et de la Canisflùhe; mais je tiens à ce que vous jetiez un regard sur la terrasse sourcilleuse du Schroecken où l'Ach de Bregenz prend sa source. Les chars, bien entendu, — mais ce point nous importe peu, — ne s'aventurent pas dans ces gorges extrêmes. Il n'y a plus là qu'un chaos de rochers entrecoupé de bouquets de bois et de plaques de verdure isolées. Le hameau final de cette série de défilés montants, le voilà enfin devant vous : quelques maisons autour d'une église, juchées sur une sommité trans-

F o R Ê t d e Bregenz.

Hutte de chcvricr.

versale qui mesure 100 mètres de longueur au plus. A droite, à gauche, devant et derrière, de noirs précipices où dévale, avec d'impétueux bouillonnements, le cours d'eau naissant. Par delà, les cimes blanches du Widderstein (Pierre du Bélier) et de la Rothe Wand (Muraille rouge), hautes l'une et l'autre de 2600 mètres. Avec le glacier qui couvre leurs flancs, elles barrent tout le fond de la coupure. Impossible d'aller plus loin de ce côté. Il nous faut ou rebrousser chemin, ou nous installer pour jamais en outlaws dans une de ces huttes de chevrier qui couronnent çà et là les éperons de l'avant-mont.

Sans hésiter, nous avons rétrogradé vers Schwarzach, où, tout près de nous, dans l'angle du lac, nos oreilles ont de nouveau perçu le sifflet strident des locomotives. Quel contraste entre les districts silencieux et rustiques que nous venons de quitter et la région industrieuse et bruyante dans laquelle nous nous enfonçons de

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