GAND
il est vrai, comme a disparu ce Prinzenhof où naquit Charles-Quinl ; des boulangers, des brasseurs ont pris possession des vieux hôtels à pignons déchiquetés du xv" siècle; néanmoins la place-forum, en dépit de toutes ses transformations, vous parle encore avec éloquence de l'âge héroïque où, rien qu'avec une seule de ses corporations, Gand pouvait mettre sur pied une armée de dix-huit mille hommes.
Cette statue de bronze, au bras étendu, qui, du haut de son piédestal, semble haranguer la foule , celle du premier Artevelde, le fameux tribun du xiv c siècle.
Jack ou Jacob van Arlevelde était le fils d'un drapier, d'autres disent d'un tisserand.
Gand. — Maison des Francs-Bateliers.
Il avait commencé par occuper un emploi auprès de Louis le Hutin, avant que ce
prince fût devenu roi; puis il était rentré à Gand, y avait épousé la fille d'un chevalier-banneret de Courtrai, et à l'industrie de sa famille avait joint une brasserie d'hydromel. Bientôt, grâce à sa réputation d'éloquence, de courage et de sagesse, ce « grand doyen des métiers » devint l'homme vers lequel convergèrent les regards du peuple dans toutes les communes.
On disait qu'il voulait faire de la Flandre une « république trafiquante » sous le patronage de l'Angleterre.
Cette tentative de fédération n'eut pas le succès qu'elle méritait. Bien que victorieux sur terre et sur mer, les Gantois ne purent réaliser les visées de leur chef. Les petites villes et les campagnes jalousaient les grosses communes qui avaient le monopole de l'industrie ; dans les grandes cités mêmes, il y avait rivalité entre les métiers. A Gand, les foulons, qui représentaient quelque chose comme les minuit à Florence, se soulevèrent contre les tisserands (grassi). Un furieux combat se livra sur le Marché du Vendredi. Artevelde alors renonça à son orageux principat et se résigna au rétablissement de la
Gand. — Lo Beffroi. (Voy. p. 54.)