DEUX VILLES MORTES : BRUGES ET YPRES
Au rebours d'Anvers et de Gand, le chef-lieu de la Flandre orientale, Bruges, ou Briigge, semble définitivement déchu de sa splendeur et de sa puissance. Cette cité de la Lys, dès le xm e siècle, était la capitale du négoce dans le Nord; ses magistrats traitaient d'égal à égal avec les monarques ; les femmes et les filles de ses marchands éclipsaient par le luxe de leur costume les princesses et les reines.
Les bassins de Bruges, en ce temps-là, étaient encombrés de navires. Les marins de Venise, de Gènes, de Constantinople, y apportaient à l'envi les produits du Levant et de l'Inde. La Hanse teutonique et celle de Londres y avaient leur entrepôt commun; les trafiquants de tous les pays, leurs comptoirs, leurs hôtels, leurs consuls ; et la maison « Van der Beurscn », avec ses armoiries à trois bourses d'argent, devant laquelle on se réunissait pour traiter d'achats et de ventes, adonné son nom aux édifices connus depuis lors sous l'appellation de Bourses de commerce.