TOME II
HOLLANDE
grande partie de l'été dans son château de la Gueldre; dix jours seulement chaqua année, suivant l'obligation du Statut, il se fait voir à Amsterdam.
Au rebours des autres grosses cités néerlandaises, qui sont nées du commerce et pour le commerce, la Haye a une origine toute princière. Dans ce district boisé, que borne à l'ouest le cordon des dunes, les anciens comtes de Frise et de Hollande avaient installé un rendez-vous de chasse. Autour de ce pavillon forestier [haag), se créa un hameau, puis une ville, où les stathouders établirent plus tard leur résidence, et qui devint la capitale du pays.
La partie la plus ancienne de cette agglomération, qui compte aujourd'hui 140 000 âmes, est le groupe d'édifices appelé Binnenhof '(Cour intérieure). C'est un ensemble de constructions de différents styles, avec des tours, des portes monumentales d'un caractère assezsombre, où siègent les Etats généraux, les ministères et les bureaux administratifs. Dans une de ces cours fut décapité en 1619 le grand pensionnaire OldenBarneveldt.
Dans la prison et sur la place voisines furent plus tard (1672) torturés et tués les deux frères Cornélis et Jean de Witt. Près de là aussi, sur le Hof Plein, au sud-est du Vivier» s'élève, devant le Nouveau Palais, la statue en bronze de Guillaume le Taciturne, érigée en 1848 au « Père de la patrie parle peuple reconnaissant ».
En dehors de cet amas de palais, la Haye n'a guère de monuments remarquables. L'hôtel de ville, de la fin du xvi° siècle, est un mélange de brique rouge et de pierre blanche ; la grande église, deux fois incendiée, n'a d'intéressant que sa tour hexagone haute de 100 mètres et son carillon de 28 cloches.
Notre genre de vie, notre art, notre langage dominent dans celte cité anstocra tique et placide. L'homme du peuple même, l'ouvrier, le portefaix, le gamin des rues
La Haye. — Statue de Guillaume le Taciturne.