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OXFORD

dégradée au point de lui donner l'air ruineux. Dans son riant amphithéâtre de collines, à la jonction de la Cherwell et de l'Isis — ce nom d'Jsis est celui que porte la Tamise près de ses sources, — elle doit aux ombreux massifs qui se marient à

Oxford. — Hall d'Oriel.

ses tlèches et à ses coupoles un cachet de vétusté plein de grâce et de fraîcheur que peu de vieilles villes offrent au môme degré. Quant à son histoire, elle se résume en celle de la célèbre « Université » qui, depuis plus de sept siècles, fait sa gloire. Cette Université d'Oxford se compose actuellement de 25 collèges ou halls, fondés à des époques différentes. Bien que Wickleff y ait jadis professé, c'est l'esprit conservateur qui domine dans cet ensemble d'établissements d'instruction. Chacun d'eux est remarquable à un titre ou l'autre; chacun a ses chroniques, ses

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chartes, ses manuscrits, ses tableaux. Le Merton Collège, qui est le plus ancien (1274), représente à la fois une abbaye, une forteresse et un manoir. Avec son cloître sombre et sa double cour, c'est un édifice réellement curieux. Le King's Collège ou Collège du Roi contient la bibliothèque Radcliffe, placée dans un bâtiment à coupole de la terrasse duquel on domine magnifiquement la vieille cité universitaire. Dans ses schooh se trouvent en outre les précieux « marbres d'Arundel », série d'inscriptions et de sépultures recueillis pour la plupart en Asie Mineure, et la fameuse bibliothèque Bodléienne, rivale du British Muséum. L'Oriel Collège a de superbes fenêtres ogivales; le Christ-Church, de son côté, contient la grosse cloche d'Oxford, du poids de 8500 kilogrammes.

Au xn e siècle, Oxford comptait, dit-on, plus de 10 000 étudiants : c'était, il est vrai, le bel âge de la scolastique, le temps où un nombre égal d'auditeurs venus de tous les points de l'Europe se pressait en plein air sur la Montagne Sainte-Geneviève à Paris, parmi les vignes et les fleurs qui couvraient alors le penchant de la colline, pour y écouter la parole d'Abélard. Aujourd'hui, 2 600 écoliers seulement animent la ville, qui, aux vacances, redevient silencieuse et déserte.

Passé Oxford, le bassin de la Tamise ne nous offre plus que des bourgades. Seule Swindon, la localité fabricante de wagons, en amont de laquelle se trouve le confluent de la Churn, a relativement une certaine importance comme centre de population. Le fleuve qui, 200 kilomètres plus bas, a l'honneur d'arroser de sa large nappe la plus grande et la plus tumultueuse cité des deux mondes, n'est plus ici qu'un cours d'eau solitaire et modeste, dont le tracé, presque imperceptible à l'œil sur une carte, s'entre-croise avec d'autres linéaments de rivières minuscules issues du même plateau jurassique.

Il est de tradition de dire que la principale des sept sources de la Tamise est le Thames^Head, qui jaillit près de Trewsbury-Mead, d'une haute prairie des collines de Cotswold, à 3 milles anglais de l'ex-station romaine de Cirencester; il semblerait pourtant que la Churn, qui vient également des Cotswold-Hills, a plus de droits à cet honneur : d'abord, elle sort de terre plus haut que l'autre; ensuite, de son point initial à son point de confluent (Cricklade), il y a 10 milles de plus; toutes deux du reste, issues de roches oolithiques, ont cette limpidité de courant à laquelle fait sans doute allusion le vieux nom celtique de Thames, formé de tame^ qui veut dire « poli, luisant », et de es, qui signifie « eau ».

Les géographes et les savants, qui aiment à jeter un regard curieux bien au delà des âges historiques, disent qu'il a été une époque où la Tamise, au lieu de déboucher dans le district marin qui s'appelle aujourd'hui la Manche, s'en allait rejoindre le système du Rhin, dont elle n'était qu'un simple affluent, Pour nous, qui ne vou-* Ions voir que ce qui existe à l'heure présente, nous ne nous engagerons pas après eux dans ces grandioses évocations d'un passé qui nous reporterait tout bonnement au temps plus que fabuleux où l'Angleterre attenait encore au massif continental de l'Europe, et où, à la place qu'occupe Londres, il n'y avait, assure-t-on, qu'un banc d'huîtres.

STRATPORTD. — Chambre ou naquit Shaks[inare.

ESQUISSES DU BASSIN DE LA SEVERN — LES CHATEAUX DE WARWICK ET DE KENILWORTH— HALTE AU PAYS DE SHAKSPEARE

Entre la péninsule de Cornouaille et la double presqu'île montueuse du pays de Galles s'ouvre le vaste golfe de Bristol dont l'estuaire de la Severn forme comme l'entonnoir initial. Bien que détrônée par cette reine de la Mersey qu'on appelle Liverpool, la ville qui commande au sud-est cette superbe échancrure est toujours un port de premier ordre, peuplé de 200 000 habitants. Et remarquons tout de suite un fait physique qui expliquerait à lui seul la prépondérance maritime et commerciale que la Grande-Bretagne s'est acquise dans le monde : en dehors des découpures infinies que présentent ses 1500 kilomètres de côtes, tous les cours d'eau y aboutissent à l'Océan en de larges embouchures par lesquelles le flot de marée et, avec lui, les bateaux à vapeur, pénètrent à l'aise dans les terres. Grâce aux sillons ainsi creusés dans un pays qui, de sa nature, est déjà de forme étranglée, aucune localité britannique ne se trouve à plus de 20 ou 25 lieues de la mer.

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L'Avon, cet affluent de la baie de la Severn sur la droite duquel Bristol esl bâtie, est lui-même une rivière navigable, dont le flux gonfle les eaux jusqu'à une hauteur de 10 mètres et qui peut recevoir les plus forts bâtiments. C'est de ce

Bristol. — Uno rue de la ville.

havre intérieur, formé actuellement d'une ligne de bassins de 5 kilomètres, que partit autrefois Cabot, le navigateur qui découvrit Terre-Neuve pour le compte du roi Henri VIII. Ces Cabot (Cabotto) étaient, on le sait, des Vénitiens qui étaient venus s'établir en Angleterre comme représentants d'une maison de la ville des lagunes. Bristol, YAbone de l'Itinéraire d'Antonin, occupait originairement sept collines au nord du fleuve ; mais depuis longtemps ses vastes faubourgs et ses traînées de

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