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EDIMBOURG

Le point culminant du vieil Edimbourg est le Castle Rock, éminence à pic de 135 mètres de hauteur, qui fut le primitif noyau de la capitale de l'Ecosse. Là se dresse le Château royal, où l'on fait voir au touriste les appartements de Marie Stuarl, la « reine Mary », comme on dit là-bas, et la chambre où naquit Jacques VI son dis, celui qui devint roi d'Angleterre sous le nom de Jacques 1 er . Une longue

Edimbourg.

Canongate Tolbooth.

suite d'artères en pente, la rue du Marché, la rue Haute, Canongate, part de cette colline centrale. C'est dans ce massif que se trouve la principale église, Saint-Gile's Church, fondée en 625 par David I er , puis reconstruite au xiv e et au xv° siècle, et surmontée d'un clocher en forme de couronne. Là aussi est le vieux Parliament House, converti aujourd'hui en palais de justice.

Au bout de Canongate se présente à nous le palais de Holyrood, habité jadis par Marie Stuart, et dans lequel on ne manque pas de vous montrer le vestibule où le musicien Rizzio fut assassiné en 1566 sous les yeux de la reine. De l'abbaye qui attenait au palais, il ne reste plus que les ruines de l'église. Au-dessus du castel et de son parc se dresse, à 250 mètres de haut, l' éminence granitique appelée le Siège d'Arthur (Arthur' s Seat). On y accède en trois quarts d'heure par une belle route en lacet passant près d'un lac. L'âpre plateau qui s'élève plus au nord, c'est le

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Calton Hill (115 mètres) : il porte un observatoire et une colonne érigée en l'honneur de l'amiral Nelson, le vainqueur de Trafalgar.

De ces hauteurs, la vue est splendide. On découvre tout le golfe du Forlh, dont le gigantesque rocher de Bass marque l'entrée, au sud les monts du Pentland, et au

Edimbourg. — Palais de Holvrood.

nord, quand le temps est clair, le relief lointain des Grampians avec ses dômes et ses pyramides de granit.

La ville neuve, rattachée à l'autre par la terrasse colossale du Mound et par deux ponts, dont l'un porte tout un massif de constructions, a des rues larges, correctes, symétriques, et de vastes squares soigneusement entretenus, comme il convient à des squares britanniques, c'est-à-dire appartenant au pays du monde où l'on entend le mieux l'architecture des arbres, des gazons et de? fleurs. Là tout n'est que

LA GLYDE.

coquetterie et faste. La plupart des édifices bâtis avec cette belle pierre de taille qu'on extrait des carrières de grès sises à l'ouest de la ville, ont un air de grandeur qui frappe l'étranger. Dans ce quartier aristocratique, centre des clubs, des hôtels, des théâtres, les maisons, décorées souvent de colonnades et de portiques, ressemblent à autant de palais. Toutes les architectures, tous les styles y sont représentés.

Trois grandes voies parallèles y courent, au nord du Castle Rock, dans la direction de Calton Hill : Tune, George's street, a 60 mètres de large et un square à chaque extrémité ; sur celui de l'est se trouve une sorte de colonne Trajane dédiée à lord Melville. Les deux autres, Prince's street et Queen's street, offrent cette particularité, qu'elles sont formées chacune d'une seule rangée de maisons auxquelles font face des jardins et des terrasses magnifiques. Là, vis-à-vis de Prince's street, se dresse le monument commémoratif de Walter Scott, une flèche gothique en marbre blanc, haute de 54 mètres, soutenue par quatre arcades de même style. Le voyageur Livingstone et le poète Burns, deux autres Écossais illustres, ont aussi leurs statues, l'un à l'angle du pont de Wawerley, l'autre à gauche de la nouvelle voie qui rejoint au sud la colline de Waterloo Bridge. Quant à l'historien-philosophe David Hume, il repose dans le cimetière contigu à l'ex-Tolhooth, la vieille prison de Canongate, si bien décrite dans le Cœur de Mid-Lothian de Walter Scott.

Edimbourg n'a, d'après le dernier recensement (décembre 1890), que 261 000 habitants; elle n'est donc pas la ville la plus peuplée de l'Ecosse : l'immense et industrieuse Glasgow, située sur la côte opposée, compte, avec ses faubourgs, plus de 700 000 âmes, et vient même immédiatement après Londres. Edimbourg n'est pas non plus un centre de négoce; mais, tout en restant un foyer brillant de littérature et de science, une cité vraiment reine et auguste, elle n'en a pas moins dans le port de Leith son voisin (70 000 âmes) une sorte d'annexé maritime, assez éloignée d'elle pour que les bruits du trafic ne troublent pas trop sa sérénité, assez rapprochée cependant (3 kilomètres environ) pour qu'elle représente presque un faubourg relié à la métropole par une route de tramways et par une ligne continue de maisons.

LeForth, qui, à son estuaire, mesure 30 kilomètres de largeur, est une rivière très sinueuse et n'a qu'un cours de 158 kilomètres. Il est navigable jusqu'à Stirling, où il est traversé par un vieux pont, orné de tourelles, d'un aspect caractéristique. Stirling, chef-lieu du comté du même nom, est une petite ville d'une quinzaine de mille âmes, la « clef des Highlands », dominée par un château historique sur l'esplanade duquel se dresse la statue de Robert Bruce. C'est près de là que le héros écossais remporta en 1314 sa victoire décisive sur les Anglais. Un second rocher, de l'autre côté de la vallée, porte une tour-musée consacrée au patriote Wallace.

De là aux rives de la Clyde, l'autre grand fleuve des Lowlands, il n'y a qu'un pas. La Clyde est, rappelons-le, le cours d'eau sur lequel navigua en 1812 le premier bateau à vapeur. Issue des Lowther Hills, prolongement escarpé des Cheviots, dont le point culminant, le mont Merrick, s'élève à 854 mètres, elle entre dans la plaine en amont de la ville de Lanark, en se précipitant par une suite de degrés sur un espace de plus de 5 kilomètres. Une des cascades, encadrée de roches et d'arbres

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superbes, forme une gerbe verticale de 25 mètres. Une autre, celle de Stonebyres, se compose de trois chutes d'une hauteur totale de 21 mètres. En aval de Lanark, je vous recommande une curiosité d'un genre différent : c'est la gorge étroite et pro-

fonde de Cartland Crags, par laquellepasselarivièreMouse.

L'estuaire de la Clyde commence au-dessous de Glasgow, qui est encore à 32 kilomètres de la mer. De jolis bateaux à vapeur partant de cette ville permettent de visiter à l'aise toute la région inférieure du fleuve et son embouchure semée d'îles. La marée remonte en une heure de Port-Glasgow au chef-lieu du Lanark, et, à force de dragages et de travaux d'endiguement, les Glasgowiens ont même réussi à rendre leur fleuve, aussi noir ici que la Tamise à Londres ou la Tyne à Newcastle, apte à recevoir les plus gros navires. Leur ville de docks et de chantiers ne possède, il est vrai, qu'un monument d'art : c'est la cathédrale Saint-Mungo, édifice gothique des xin e et xiv c siècles restauré de nos jours; mais que de délicieuses excursions à faire dans les environs,

Pont sur le Forth.

Lowtiier Mills. — Vallée do La Clyda : cascades de Stonebyres^

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soit sur les rives du cours d'eau, soit dans les comtés de Bute, de Perth et d'Argyle, qui déjà sont dans les Highlands! Ici, c'est Rothesay, la charmante localité de pêcheries et de bains sise sur une baie de l'île de Bute; là, sur le loch Tyne, c'est Inverary, où se trouve encore une de ces résidences fastueuses, toujours ouvertes au promeneur, dans lesquelles les grands seigneurs d'outre-Manche — le maître ici, c'est le duc d'Argyle — se retirent loin du tracas des villes, au sein d'une nature ombreuse dont rien n'entrave l'expansion.

En deux enjambées nous venons d'entrer au sein des Highlands, dans la région de ces bassins de montagne qu'on désigne en Ecosse sous le nom de lochs.

Par suite de la direction oblique des chaînes régionales, les Lowlands ou Basses Terres embrassent les districts du sud et de l'est, tandis que les Highlands s'étendent à l'ouest et au nord. Dans les Lowlands, le sol est souvent fécond, le climat est toujours assez doux, et les communications sont faciles. C'estlàque sont les grosses villes, les foyers humains de civilisation. Les Hautes Terres au contraire représentent une région infertile, dure, inhospitalière, pleine d'horreurs hivernales et agrestes, que notre imagination n'entrevoit qu'un peu à faux au travers des épiques récits de Walter Scott.

C'est le royaume des neiges, des pluies, des brouillards, l'arène des vents tempétueux et glacés, le grand relief aux bosselures étranges, aux âpres cimes, aux profonds précipices, qui regarde à l'est la Norvège, avec laquelle il a plus d'un trait de ressemblance, et, au nord, les frimas éternels du pùle. Les deux mers orageuses qui battent les Highlands y découpent des échancrures et des feslonnements innombrables qui donnent aux contours des eûtes l'apparence d'une étoffe déchiquetée. La couleur des montagnes y va de la nuance vcrdàtre à la teinte rousse, selon que l'herbe les recouvre ou que la bruyère, domaine exclusif du chasseur de grouses, les émaille de ses touffes écarlales. Encore beaucoup d'entre elles ne sont-elles que de vastes tourbières à l'aire grisâtre ou toute noire.

Aucun de ces reliefs n'atteint à l'altitude des neiges perpétuelles; çà et là seulement de petits névés se maintiennent, l'été, dans les creux. Partout des ravines et des fondrières. Les vallons, étroits et sinueux, y auraient souvent une morne tristesse, n'était les lacs et les cascades qu'y entretiennent les eaux « sauvages » ruisselant des sommets. Les eaux sauvages, on le sait, ce sont celles que le soi nu ne peut absorber et retenir, qui roulent sur les pentes en les ravinant, pour se réunir tout en bas dans les récipients naturels des vallées. D'habitants, presque pas. De place en place, un hameau de carriers; puis des pâtres, des moutons au pelage brun, ou des bœufs à la carcasse velue. Une seule grande ville, Aberdeen l'universitaire, et encore tout à l'entrée du pays, à l'embouchure de la Dee.

Quelle différence entre ce monde alpestre du septentrion et celui du grand massif helvétique! Sauf quelques forêts dues au reboisement, les arbres sur les hauteurs sont assez clairsemés, attendu que la couche de terre végétale est fort mince et d'ailleurs sans cesse emportée. En revanche, dans tous les beaux sites,

Il IGHLANDS

Lac Lomon et îlot d'Iaveruglas.

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il y a un château, car il est de mode aujourd'hui] chez l'aristocratie britannique

d'avoir une résidence ou, tout au moins, un rendez-vous de chasse en Ecosse.

Le premier groupe de montagnes qui s'offre à nos regards, au sortir de la vallée

delaClyde, ce sont les Grampians. Ils se di visent en deux reliefs L'un s'étend de la Clyde à Rannoch sur 80 kilomètres de long et 20 de large environ, et ses intumescences culminantes, leBenLomon,leBenLawers, le Ben Cruachan {Ben signifie tête, sommet), ne dépassent guère 1100 ou 1200 mètres. L'autre, plus puissant (160 kilomètres de longueur),

part du Ben Nevis, la cime la plus haute de toute la Grande-Bretagne (1343 mètres), et, traversant d'immenses districts solitaires, va finir à Caerloch. Des dômes ou des pyramides de granit couronnent ce rempart central, qui projette au loin dans l'Atlantique et la mer du Nord des promontoires abrupts et des rochers découpés de /tords sinueux auxquels on donne aussi le nom de Lochs,

Ecosse. — Monts Grampians.

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