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LACS DES HIGHLANDS

Le dédale d'eaux intérieures qui est le principal attrait des paysages écossais commence au sud, près de Greenok, par le lac Lomon (comtés de Stirling et de Dumbarton), le plus grand et le plus célébré de tous les lochs écossais. Il n'est séparé du lac Long que par un isthme de 2 000 mètres et a pour émissaire la rivière Leven, tributaire de la Clyde. Très étroit à son extrémité supérieure, il est large au sud de plusieurs kilomètres. Sa caractéristique, ce sont ses rochers et ses îles. Les unes, telles que l'îlot tout mignon d'Inveruglas, abritent sous des bouquets d'arbres noirs des maisonnettes et des ruines; d'autres représentent des aires plates couvertes de prairies et de forets giboyeuses. La sombre et brumeuse masse du Ben Lomon, qu'on peut gravir en trois heures, plane au-dessus de ce splendide bassin dont les bords offrent tous les contrastes.

Tout près de lui est le lac Kalrine, d'où sort un des gros affluents du Forth, lequel a lui-même sa source au Ben Lomon. Il mesure 10 milles de long (un mille = 1 609 mètres) sur 3 de large et une profondeur maximum de 146 mètres. A cause de ses brusques détours qui ne permettent jamais de le voir en entier, on l'a comparé au lac des Quatre-Canluns.

C'est la coupe chantée par Walter Scott dans son roman poétique la Dame du Lac. Là se trouvent cette « caverne du Lutin » et ces gorges ténébreuses des « Trossachs », qui commencent à l'extrémité orientale du bassin et que hérissent des pointes et des blocs tombés des sommités voisines. Nul rayon de soleil n'y pénètre, dit un peu exagérément le romancier. On y chemine en réalité dans une sorte de pénombre, le long de rochers « contemporains du monde, taillés fantastiquement en manière de tourelles, de minarets, de coupoles, de flèches de pagodes ou de mosquées. La nature a prodigué en ces lieux toutes les plantes et toutes les fleurs filles de la montagne : ici, l'églantier embaume l'air; là, l'aubépine et le coudrier entremêlent leurs rameaux, la primevère et la violette poussent jusque dans les fentes du rocher, la digitale et la vigne de Judée groupent ensemble leurs sombres couleurs, le bouleau et le peuplier balancent au vent leur chevelure; plus haut apparaissent le frêne et le chêne; plus haut encore, là où les rocs, séparés à leur base, semblent près de se toucher dans les airs, le pin sublime plante son tronc crevassé et étale ses branches anguleuses ; et, plus haut que tout cela, au-dessus de toute végétation, les pics blanchis des montagnes et le ciel azuré....» Tout en bas enfin, le lac Kalrine, avec ses promontoires, ses baies, ses criques et ses îles, sur lequel le Ben

II [G IILANDS,

Lau Katrine.

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Venue (787 mètres) projette sa masse confuse de rochers, de bois, de monticules

sauvages, et le Ben An (547 mètres) son front décharné.

C'est, en réalité, le seul site à peu près des Highlands qui — sauf les glaciers miroitants au soleil — rappelle les grandioses défdés de nos Alpes. De nos jours, a-t-on dit, l'ondine du lac Katrine est entrée au service de l'industrie. Glasgow, en effet, s'est approprié ses eaux vierges; au moyen d'un tunnel de 72 kilomètres, il a fait dériver vers ses habitations et ses usines toujours bruissantes ce pleur limpide des monts highlandais.

Plus au nord-est est le lac Awe, qui communique par un canal avec le loch

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Loch Nasa.

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