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2 io GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE.
Etive et dont les rives sont assez plates et assez monotones. A son centre émerge une longue prairie verte : c'est l'île Inishail, habitée jadis par des moines cisterciens que la Réforme en chassa. Les vents seuls aujourd'hui « chantent vêpres » dans la chapelle en ruine de l'ex-couvent. A l'époque des grandes chaleurs estivales, quand les cascatelles de Cruachan s'arrêtent et que des nuées de moustiques envahissent le canton, la nappe du bassin baisse et laisse pointer çà et là une foule d'autres îlots
de roches noires.
Nous sommes ici dans la région du Ben Nevis, « la montagne qui touche le ciel » . Pour faire l'ascension de ce relief, le plus haut, je l'ai dit, de la Grande-Bretagne, il ne faut pas moins de huit ou dix heures. A son sommet a été construit un observatoire météorologique. Près de là aussi se trouve l'ouverture méridionale du Canal Calédonien, qui franchit la vallée centrale de Glenmore, sur une longueur de 97 kilomètres, de l'île Mull à l'ouest au golfe de Moray à l'est. Creusé de 1803 à 1847, il a une profondeur de 6 mètres, avec vingt-huit écluses, et traverse tout un chapelet de lacs, qui en ont facilité d'autant l'exécution.
Le plus renommé de ces bassins est le loch Ness, sis à peu près au milieu de l'isthme. Long de 30 kilomètres, avec une largeur de 1400 mètres et une profondeur qui atteint 240 mètres, il se distingue par l'escarpement de ses berges, qui s'élèvent d'un seul jet jusqu'à 400 mètres. Les fameuses chutes du Foyers chantées par Burns sont formées par l'un de ses affluents; la cascade inférieure, qui est la plus belle, tombe de 18 mètres de haut.
La localité reine de ce district highlandais, c'est la jolie petite ville d'Inverness, située sur le Firth of Moray à l'extrémité supérieure du Canal Calédonien. Elle est le centre de réunion des chasseurs qui accourent l'été dans ces monts d'Ecosse de tous les points de l'Angleterre. La rivière Ness, qui y débouche dans la baie, est couverte en amont d'un semis d'îles ombreuses réunies par des ponts pittoresques. A quelques kilomètres de là est la lande de Culloden, où le dernier des Stuarts, désireux de reconquérir la couronne d'Angleterre, livra en 1745 la bataille qui consomma pour jamais la déchéance de sa race. Si nous reculions au sud vers la Dee, nous rencontrerions le château moderne de Balmoral, que la reine habite quand elle vient en Ecosse, et, aux environs, la superbe forêt de Ballochbuie qui s'étend sur plusieurs milles et escalade les monts jusqu'à leurs sommets.
Au delà des lochs et de la profonde coupure du Glenmore se dresse, toujours de biais, le troisième massif de la Haute Ecosse, les Highlands du nord, comme on le nomme. C'est un relief granitique, formé de plateaux irréguliers, qui s'affaisse en longues pentes vers la mer du Nord et présente au contraire du côté de l'Atlantique des escarpements tourmentés et abrupts. Le point culminant en est le Ben Attow (1220 mètres). Le groupe orographique se termine, à l'ouest, par le cap Wrath, et, à l'est, parle cap Duncansby. Entre ce dernier et les îles Orcades, il n'y a qu'une passe marine de 10 kilomètres de largeur, ce légendaire détroit de Pentland, aux récifs et aux remous si redoutés des marins. C'est là que se trouve, entre autres, ce terrible tourbillon de Svelkie, le « moulin où se moud incessamment le sel de l'Océan ».
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S ta f F a. — Grotte de Fingal.
GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE
Voici la tradition telle que le vieux chant nordique la raconte : Skiold un fils d'Odin, gouvernait le pays qu'on appelle aujourd'hui le Danemark et qui alors portait le nom de Gotland. Il eut lui-même un fils, Fndleif, qui lui succéda, et Fridleif eut également un fils, Frodi, qui régna après lui. C'était le temps où l'empereur Auguste avait établi la « paix universelle » et où le Christ était né Comme Frôdi était le'plus puissant des rois du septentrion, cette paix lui fut annoncée en langue danoise, et les gens du nord la nommèrent la « paix de Frôdi » Nul ne molestait plus autrui ; plus de vols, plus de brigandages; un anneau
HlGHLiSJS.
Lande de Culloden.
d'or put même rester indéfiniment sur une lande de Jalanger, sans que personne
Y touchât. <
Or il advint que le roi Frodi envoya des messagers au roi Fiolnir, à Switjod, et lit acheter là deux jeunes filles, « très grandes et très fortes », qui s'appelaient Fenja et Menja. Il y avait alors en Danemark deux énormes meules qui avaient la propriété de moudre toutes choses, au gré du meunier. Le propriétaire de ce moulin merveilleux [Grotti) l'ayant donné en cadeau au roi, celui-ci y fit conduire les jeunes filles, en leur commandant de lui moudre « de l'or, ainsi que la paix et le bonheur de Frodi ».Pour accomplir cette besogne, il ne leur était accordé que le temps qu'un coq met à chanter ou celui qu'il leur fallait à elles-mêmes pour chanter le lied de
Grotti. .
Les jeunes filles entonnèrent le lied; avant qu'elles eussent terminé, le moulin