DIMANCHE DE PAQUES
Les saintes femmes au tombeau. (Marc, xvi, 1-7. [Matth., xxviii, 1-18; Luc, xxiv, 1-8.])
En ce temps-là, 1 Marie -Madeleine , Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus. 2 De grand matin, le premier jour après le sabbat, elles arrivèrent au sépulcre, alors que le soleil venait de se lever.
3Or, elles se disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre de devant l'entrée du sépulcre? 4 Mais, en regardant, elles virent que cette pierre avait été roulée : or, elle était fort grande. 5 Puis, entrant dans le sépulcre, elles aperçurent un jeune homme, assis du côté droit, vêtu d'une robe blanche, et elles furent effrayées. 6 Mais il leur dit :
— Ne craignez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié? Il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis. 7 Mais allez dire à ses disciples, et à Pierre, qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous Ta dit.
En ce temps-là, — et saint Marc l'indique avec précision, c'est-à-dire « lorsque le sabbat fut passé, cum transisset sabbatam », le soir, donc, du samedi, après le coucher du soleil, au moment où, les boutiques des marchands s'ouvrant derechef, les saintes femmes purent s'y rendre afin d'acheter leurs parfums. || Pour embaumer Jésus. Joseph d'Arimathie et Nicodème n'avaient obtenu de Pilate que tout à fait aux dernières heures du vendredi la permission de
détacher de la croix le corps de Jésus. Or, le jour du sabbat approchait, pendant lequel on n'aurait pu profiter de cette permission, les coutumes juives s'y opposant formellement : l'embaumement du Christ fut donc hâtif, bien que Nicodème n'y eût pas épargné les parfums. C'est pour suppléer à cet embaumement sommaire que les saintes femmes ont acheté des aromates le samedi soir, dans l'intention de se rendre au sépulcre dès qu'elles le pourraient faire utilement. De grand matin, pour arriver quand le soleil se levait, dit le texte grec, àvaxetXavToç toj r^lou, ce qui suppose qu'elles se levèrent au milieu de la nuit, ayant fort peu dormi, car les nuits, à cette époque de l'année, sont courtes, en Orient, et les achats furent faits par elles, la veille, assez tardivement. || 3. La pierre de devant Ventrée du sépulcre (et il faut ici se représenter ce qu'était un « sépulcre » d'Orient) les préoccupe uniquement, car c'est, à l'ordinaire, un bloc fort massif, qu'il n'est pas facile de déplacer. Remarquez encore qu'elles ne savent pas les précautions qui ont été prises par les autorités juives pour la surveillance du sépulcre, que protègent, à la fois, des gardes et des scellés. Or, supposé qu'elles aient espéré corrompre les gardes, à prix d'argent, elles n'auraient pu briser des scellés apposés par l'ordre de Pilate. ||4. Mais en regardant, littéralement : en regardant de bas en haut, et à distance, de loin, respicientes, àvaQe^aaat. Le sépulcre, de fait, se trouvait en haut, sur une éminence, et les saintes femmes, avant même d'y arriver, sont frappées de voir, à l'entrée, que la pierre « qui était fort grande » avait été « roulée » (ces pierres de sépulcre affectent souvent la forme cylindrique) en avant, de façon à laisser ouverte l'entrée du tombeau. || Les détails très caractéristiques de cette apparition de l'ange — car il n'y en a qu'un, et non pas deux — permettent de la distinguer de celle racontée par saint Luc (xxiv, 1-11), où le groupe des saintes visiteuses, d'autre part, est plus nombreux que dans l'apparition racontée par saint Marc et par saint Matthieu (xxvin, 1-8). Les paroles angéliques, toutefois, sont sensiblement les mêmes, et il ne pouvait pas en être autrement, puisqu'elles devaient énoncer les mêmes choses. Donc, il serait permis de distinguer, au matin de Pâques, deux constatations différentes, par deux groupes de saintes femmes, du sépulcre vide, et ce serait en s'autorisant du vieux principe : Distingue tempora et concordabit Scriptura. On pourrait, toutefois, identifier les deux récits, malgré leurs divergences accidentelles, en leur « appliquant le principe de solution qui valait pour les divergences similaires (deux possédés de Gérasa, deux aveugles de Jéricho, selon saint Matthieu, un seul possédé, un seul aveugle, selon saint Luc). Les écrivains sacrés, qui n'ont pas l'intention de rapporter toutes les circonstances d'un fait historique, n'auraient mentionné que Lange qui aurait tenu le discours, de même que saint Marc et saint Luc n'ont parlé que du démoniaque tourmenté par la légion et que de l'aveugle Bartimée qui était connu dans l'Eglise. » (P. Rose, Saint Luc, p. 231.) Cette
PREMIER DIMANCHE APRÈS PAQUES
Apparition du Christ ressuscité aux Onze, puis à saint Thomas. (Jean, xx, 14. [Luc, xxiv, 36-43. J)
En ce temps-là, 19 sur le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où les disciples se trouvaient assemblés étaient fermées, par crainte des Juifs, lorsque Jésus vint, se tint au milieu d'eux et leur dit :
— La paix soit avec vous !
20 Ayant dit ces paroles, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent en voyant le Seigneur.
21 II leur dit de nouveau :
— La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.
22 Après ces mots, il souffla sur eux, et leur dit :
— Recevez l'Esprit-Saint. 23 Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez.
24 Or, Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. 2o Les autres disciples lui dirent donc :
— Nous avons vu le Seigneur.
Mais il leur dit :
— Si je ne vois dans ses mains le trou des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.
26 Huit jours après, les disciples étaient enfermés de nouveau, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées ; il se tint au milieu d'eux, et dit :
— La paix soit avec vous !
27 Ensuite il dit à Thomas :
— Introduis ton doigt ici, et vois mes mains ; approche aussi ta main, mets-la dans mon côté, et ne sois plus incrédule, mais croyant.
28 Thomas prit la parole et lui dit :
— Mon Seigneur et mon Dieu !
29 Jésus lui dit :
— Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru ; heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru !
30 Jésus fit encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles qui ne sont point écrits dans ce livre. 31 Ceux-ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en le croyant, vous ayez la vie en son nom.
En ce temps-là, — le jour de Pâques, le soir du même jour où il apparut à Madeleine (Jean, xx, 11-17) et aux disciples d'Emmaùs (Luc, xxiv, 13-35). |i Les portes étant fermées, par crainte des Juifs : et ce détail, que saint Jean notera encore tout à l'heure (v. 26), montre le caractère surnaturel de l'apparition. || Pax vobis est ici, comme à la nuit de Noël, plus qu'une formule banale de salutation. Jésus ressuscité confirme à ses fidèles de bonne volonté la paix que leur avait annoncée Jésus naissant. || 20. Jésus montre ses mains et son côté pour bien démontrer à ses disciples la vérité, et aussi l'identité de son corps qui, bien que glorifié, est véritablement celui qui fut attaché à la croix. || 21. Après avoir rassuré ses disciples et quand il les voit convaincus de sa résurrection et remplis de joie, Jésus les confirme, par des paroles solennelles, dans la mission par laquelle ils doivent continuer sa propre mission, celle qu'il avait reçue de son Père : Comme le Père m'a envoyé, etc. || 22. Ce n'est pas encore l'effusion de l'Esprit dans toute sa plénitude, mais, comme le dit BengeL « les arrhes de la Pentecôte », en vue de l'institution du sacrement de pénitence. || 23. Rappelons ici que le concile de Trente (sess. xiv, can. 3) a déclaré anathème celui qui oserait prétendre que, dans ce verset, il n'est pas question expressément du sacrement de pénitence.