C. — Déportation des Français-neutres ou Acadiens
À cette époque, les Français-neutres pouvaient être au nombre d'environ douze à quatorze mille, certains au-
teurs ({) disent dix-huit mille, répartis principalement dans la région de Port-Royal, des Mines, de Cobequid (Truro) et de l'isthme de Chignictou ; d’autres, enfin, étaient passés au Cap-Breton et à l'ile Saint-Jean. Dans l’ensemble, les Acadiens avaient peu à peu abandonné la pêche et la chasse pour s’adonner aux travaux de l’agriculture. Leur aisance matérielle était grande. Les immenses prairies qu'ils avaient conquises surla mer étaient couvertes de troupeaux. Ils étaient si contents de leur sort qu'ils avaient naïvement nommé un de leurs villages : Paradis (2).
Les quelques seigneuries qui existaient dans la colonie, au dix-septième siècle, étaient tombées en désuétude. La dernière avait été abolie en 1733, et les redevances que les Acadiens payaient à la Couronne britannique, en tant que seigneur du pays, leur étaient légères (3).
Certes, les Acadiens n'étaient ni des saints ni des bergers de pastorale, mais c’élaient assurément de simples, d'honnêtes paysans français, vivant entre eux dans la bonne entente et la pratique rigoureuse de leur religion. Leurs portes, assure-t-on, n'avaient pas de serrures et leurs mœurs étaient si pures qu'une naissance illégitime était inconnue dans leurs villages. Les quelques prêtres (4) qu’ils avaient étaient non seulement leurs pasteurs, mais aussi leurs maîtres d'école, leurs médecins, et, dans la plupart des cas, ils leur tenaient lieu de juges de paix.
Que les Acadiens fussent très attachés à leurs origines françaises, à leurs traditions, à leur langue et à leur religion, qu'ils souhaitassent même vraisemblablement, au fond de
(1) Haliburton, par exemple.
(2) La localité subsiste entre Kentville et Annapolis-Royal (Nouvelle- Ecosse.)
(3) Ces redevances étaient généralement (vers 1750) d'un boisseau de froment et de deux chapons par habitation.
(4) De même la dîme que les Acadiens payaient à leurs curés n’était que de 1/27€ de leurs récoltes.
leur cœur, de revoir un jour le drapeau fleurdelisé flotter à nouveau en cette Acadie que les Français avaient fondée, ne saurait en aucune manière justifier la brutalité avec laquelle ils allaient être traités.
Cependant, dans leur haine de tout ce qui était French and popish, les Bostonnais accusaient ouvertement les Acadiens et leurs missionnaires d’être les instigateurs des incursions des sauvages contre leurs établissements (et notamment contre ceux d'Halifax), d'entretenir des intelligences avec leurs ennemis, les Français du Canada, et même d'être prêts à se soulever, en cas d’une nouvelle guerre avec la France. Ils leur reprochaient de ravitailler Louisbourg, d'avoir guidé et ravitaillé la flotte du duc d’Anville, d'avoir connu et aidé le raid stupéfiant de Coulon de Villiers sur Grand-Pré en 1747 (1). Enfin, et ce n’était pas la moindre raison de leur animosité: ces Français détestés, profitant de
(1) Au début de janvier de l’année 1747, un parti de 500 volontaires du Massachusetts, sous le commandement du colonel Noble, vint s’établir à Grand-Pré. Les troupes françaises les plus proches étant cantonnées à 350 km. de là, dans l'isthme de Chignectou ou de Beaubassin, à la limite de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick actuels, le colonel Noble pensa qu’il n’avait rien à craindre d’un ennemi aussi éloigné et prit ses quartiers d'hiver. Maïs les Français de Beaubassin ayant eu vent de la présence des ( Bostonnais » à Grand-Pré, 240 volontaires, sous le commandement du capitaine Coulon de Villiers, accompagnés de 40 Canadiens et de 20 Indiens, traversèrent sur leurs raquettes, au cœur de l'hiver, les 350 km. qui les séparaient de Grand-Pré avec l'intention de surprendre le poste ennemi. Au cours d’un combat de nuit mémorable (21 janvier 1747) et par une tempête de neige des plus violentes, Coulon de Villiers et sa petite troupe infligèrent aux Anglais une sanglante défaite, au cours de laquelle ceux-ci perdirent 150 tués (dont leur colonel) et 150 blessés ; le reste fut fait prisonnier. Les Français n’avaient eu que 7 tués et 15 blessés.
L'histoire de ce glorieux épisode de nos guerres coloniales en Amérique a été raconté par A. Mac Mechan : Red Snow on Grand-Pré. Toronto, 1931. Voy. aussi, J. F. Herbin : The History of Grand Pré. Saint-John, N. B., 1913.
Ve
l'incompréhensible tolérance des gouverneurs anglais, possédaient, — indûment, puisqu'ils n'étaient pas sujets britanniques —; les meilleures terres de la péninsule.
Finalement, l'idée d'arracher les Français-neutres de la Nouvelle Ecosse, familière aux habitants de Boston depuis un siècle, commença à gagner du terrain dans les milieux officiels britanniques, surtout à partir de l’arrivée au gouvernement du Massachusetts du général William Shirley. Quand, d'autre part, en 1753, le colonel Charles Lawrence devint lieutenant-souverneur de la Nouvelle-Ecosse, ce projet inhumain était bien prêt d'être mis à exécution.
Le poème de Longfellow qui fait l’objet de notre étude, Evangéline, histoire d’Acadie, relate justement cette page si sombre de l’histoire de l'Amérique du Nord: l'expulsion et la déportation des Français-neutres, en 1755.
Après la prise des forts français de Beauséjour et de Gaspereau, en juin 1755 (donc en pleine paix) (1), les habitants de Grand-Pré, Piziquid, Port-Royal, Cobequid, etc., absolument sans défense et sans idée de rébellion, furent simultanément arrêtés (septembre 1755), puis entassés sur des navires et dispersés dans les différentes colonies anglaises du littoral atlantique, où ils furent traités en prisonniers de guerre.
La grande flotte anglaise qui, plusieurs mois auparavant, s'était emparée de tous ceux de nos vaisseaux qu'elle avait pu surprendre dans l'Atlantique et à l'entrée du golfe du Saint-Laurent, surveillait l'opération. L’amiral Boscawen et son second assistaient à la réunion du conseil colonial d'Halifax où elle avait été décidée (28 juillet 1755).
Le poème d’'Evangéline a contribué à faire connaître dans
(1) Louis XV ne donna l’ordre d'entamer les hostilités contre l’Angleterre qu'en juin 1756.
le monde entier cette lamentable tragédie, mais aussi à accréditer l'opinion que l'arrestation et l'expulsion des familles acadiennes fut seulement un bref épisode des guerres coloniales franco-anglaises en Amérique, limité aux habitants du petit village de Grand-Pré, — une affaire de cinq jours dont furent victimes quelques centaines de colons. La réalité est bien différente. C’est toute la population -française de l’Acadie, sans exception, c’est-à-dire des territoires actuels de la Nouvelle-Ecosse, des grandes iles du Cap- Breton et du Prince-Edouard, du Nouveau-Brunswick et même du Maine, que les Anglais et leurs propres colons de la Nouvelle-Angleterre ont traquée sans merci et sans répit, pendant neuf années entières, du mois d'août 1755 jusqu’en 1764, — soit de l’année qui a précédé la guerre de Sept ans à l’année qui l'a suivie...
Et cependant cet attentat inqualifiable au droit des gens trouve encore des défenseurs, notamment parmi certains Canadiens de langue anglaise. Des gens estimables, des citoyens connus pour leur largeur d'idées, malgré les preuves certaines du contraire sans cesse accumulées depuis un siècle, continuent de chuchoter que la déportation des Aca- diens était vraiment une nécessité, une mesure de police coloniale irdispensable, et qu'après tout, eu égard à la mentalité et à l'éthique de l’époque, il ne faut pas regarder de trop près à la manière dont elle fut exécutée.
Depuis quelques années, cependant, la plupart des Anglo- Canadiens reconnaissent plus volontiers la cruauté du traitement infligé aux ancêtres de leurs compatriotes acadiens ; mais il n'en est pas moins caractéristique que, sous prétexte qu'on ne peut prouver par aucun document officiel actuellement connu que le gouvernement britannique d'alors ait ordonné formellement la mesure honteuse de la déportation, ils tentent d’en rejeter la responsabilité entière sur deux satrapes coloniaux: William Shirley, gouverneur
du Massachusetts et principal représentant du gouvernement britannique en Amérique, et Charles Lawrence, lieutenant gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, — réflexe défensif d’un patriotisme légitime, mais mal entendu (1).
Si, documents en main, on ne peut affirmer, en effet, que le gouvernement de Londres ait donné l’ordre exprès, ou seulement recommandé par des instructions écrites à ses gouverneurs coloniaux, d’arracher éventuellement les Français-neutres de leurs établissements, en 1755, ou avant cette date, il n'en demeure pas moins : 1° qu'aucune compensation d'aucune sorte n'a jamais été accordée aux victimes de cet odieux abus de pouvoir; 20que Lawrence, en particulier, fut complimenté formellement par le gouvernement britannique dès que fut connue à Londres son « initiative », en novembre 1755, et qu'il futaussitôt promu au rang supérieur, avec l’assentiment formel du souverain ; 3° que pendant plusieurs années, et notamment en 1758 et 1759, après la deuxième et définitive prise de Louisbourg, les Acadiens . réfugiés au Cap-Breton, dans l'île du Prince-Edouard, la baie des Chaleurs, etc., continuèrent d’être traqués avec un inexplicable acharnement (2) ; 4° enfin, que plus de 600 Acadiens se trouvaient encore prisonniers dans les geôles d'Halifax et de Windsor, en 1764, — un an après la paix.
Et maintenant que devinrent, après ces tristes événements, l’Acadie et ses infortunés habitants ? D’après un document daté de 1763. (3), 4.397 d'entre eux vivaient, à
(1) Une autre attitude est... le silence. Ainsi, on lit dans l'Encyclopaedia Britannica, 14e édit., 1929-1932, à l'article « Acadia » : (It became English under the treaty of Utrecht in 1713. In 1755, the inhabitants numbering about 3.000 (sic) were deported by the English who suspected their loyalty. This deportation is the theme of Longfellow's Evangeline.»
(2) Voy. notre autre ouvrage : Les Exilés acadiens en France au XVIITe siècle et leur établissement en Poitou, p. 23 et suiv.
(3) Arch. du Ministère des Aff. étrangères, Corr. Polit. Angleterre, vol. 452, f. 205.
cette époque, en exil, dispersés par petits groupes de quelques familles, dans les diverses colonies britanniques : 1.043 au Massachusetts, 666 au Connecticut, 249 dans la province de New-York, 810 dans le Maryland, 383 en Pensylvanie, 280 dans la Caroline du Sud, 185 en Géorgie, et 781. dans le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. Plusieurs milliers, fuyant devant les soldats de Monckton, d'Ambherst et de Wolfe, s'étaient réfugiés au Canada et en Louisiane ; 1500 (dont un grand nombre d'habitants de Grand-Pré) avaient été transportés en Angleterre, où ils demeurèrent prisonniers pendant septans ; deux mille environ avaient été transportés en France aussitôt après la prise de Louisbourg ; beaucoup, enfin, étaient tombés sous les balles de leurs poursuivants, étaient morts de privations et de souffrances, ou même (plus d'un millier) avaient été engloutis sous les flots avec les vaisseaux qui les portaient (1).
(1) D'une manière générale les diverses colonies anglaises (à part le Massachusetts) acceptèrent bien malgré elles les groupes d’Acadiens, qu'on leur envoyait à l’improviste. Certaines, la Virginie entre autres, refusèrent leur « lot », et les bateaux qui amenaient les déportés furent dirigés vers l'Angleterre.
Les malheureux Acadiens connurent en exil des heures peut-être plus cruelles encore que celles de leur arrestation : disséminés par petits groupes dans les villes ou les villages, au milieu d'une population hostile, mal nourris, malades ou anémiés, la mor fit dans leurs rangs des ravages effroyables. Sur 454 débarqués à Philadelphie, en novembre 1755, 237 moururent de la petite vérole en quelques semaines. Quant à leur traitement, qu'on en juge par cette loi votée par la Légisiature du Massachusetts, le 28 août 1756 : « Il est décrété par le gouverneur, le Conseil et la Chambre des représentants que si les anciens habitants français de la Nouvelle-Ecosse sont trouvés, après le 25 septembre prochain, en dehors des limites des bourgs ou districts respectifs dans lesquels cette Législature leur a ordonné de demeurer, sans une permission signée par au moins deux conseillers des dits bourgs ou districts, les dits habitants pour la première contravention, dont ils ou elles seront trouvés coupables devant un juge de paix, seront mis au bloc pour un espace de temps n'excédant pas trois heures ; et pour la deuxième contravention recevront sur le dos mis à nu un nombre de coups de fouet n’excédant pas dix, et seront renvoyés par ordre du juge de paix à l'endroit qui
Les événements qui suivirent sont mieux connus. Après avoir perdu Louisbourg (1758), la France perdit Québec (1759) ; et le traité de Paris (1763) consacra la ruine définitive de notre premier empire colonial. L’Angleterre fut confirmée dans sa possession de l'Acadie, et obtint le Cap- Breton, l'île Saint-Jean (l'ile du Prince-Edouard) et le Canada. Enfin, pour prix de son alliance, l'Espagne reçut la Louisiane (1766).
Quant aux Acadiens retenus prisonniers en Nouvelle- Angleterre ou en Angleterre, il ne pouvait plus être question pour eux, désormais, de neutralité. L'Angleterre ayant acquiescé à ce que les exilés, prisonniers dans ses ports, pussent choisir leur nouvelle allégeance, ceux-ci se décidèrent à . l'unanimité en faveur de la France, où ils furent rapatriés (mai 1763) (1). Les Acadiens d'Amérique, apprenant cette nouvelle, demandèrent eux aussi à être conduits en France ; mais, comme au temps du traité d'Utrecht, les autorités anglo-américaines refusèrent de les laisser partir. Plusieurs centaines parvinrent néanmoins à gagner la France ou les établissements français de Saint-Domingue et de Saint- Pierre-et-Miquelon ; d’autres, en grand nombre, passèrent au Canada ou en Louisiane ; d’autres enfin, retournèrent en Acadie, mais, trouvant leurs terres distribuées à de nouveaux occupants, la plupart remontèrent plus au nord et s’instal-
leur a été assigné ; et que toute personne sera libre d'arrêter chacun des habitants français qui ne sera pas muni d'une permission ou d'un passeport, tel que sus-mentionné.. » (Arch. Can., 1905, vol. Il, app. E, édit. en français, p. 147, Archives de la Baie de Massachusetts.) Beaucoup d’exilés tentèrent de rejoindre leur Acadie, soit par mer, sur des barques qu'ils construisirent eux-mêmes ou qu'ils achetèrent, soit à pied, à travers l'immense forêt américaine. Mais l'implacable Lavwrence, ayant eu vent de ces évasions, prévint ses collègues, les gouverneurs des autres colonies, d’avoir à détruire ces embarcations et d'arrêter les fugitifs qui tenteraient de traverser leur province pour revenir en Nouvelle-
Ecosse. :
(1) Voy.: Les Exilés acadiens en France, ouvr. cité, chapitre 1.
lèrent dans le Nouveau-Brunswick et dans l'ile du Cap-Breton. Quelques familles seulement demeurèrent sur la côte ouest de la Nouvelle-Ecosse, le long de la baie Sainte- Marie (1). Tous ces groupes épars d’exilés, malgré leur misère et leur dénuement, ont, avec le temps, prospéré d’une manière étonnante et font aujourd'hui l’émerveillement du voyageur au courant de leur histoire. : La France, vers la fin de 1763, comptait à elle seule de trois à quatre mille Acadiens, rapatriés d'un peu partout. Tous furent traités par le gouvernement français avec libéralité, eu égard à la situation financière et politique du royaume. Une pension journalière de six sols (au moins six francs de notre monnaie actuelle) fut accordée à chaque Acadien résidant en France (y compris les enfants), ce qui pour une famille moyenne de huit personnes représentait environ 50 francs par jour. Cette pension continua d’être payée jusque sous la Révolution. Enfin de grand projets du gouvernement tendirent à redonner des foyers aux rapatriés, à les intégrer au reste de la nation française au moyen de véritables petites colonies intérieures. Des fermes furent construites pour plus de 2.000 d'entre eux, d'abord à Belle-Ile-en-Mer, sur la côte sud de Bretagne (1765), puis aux environs de Châtellerault, en Poitou (1773). Cependant les Acadiens, pour la plupart, regrettaient trop, et cela se conçoit, leur vie coloniale large et libre pour s’acclimater facilement à la vie française resserrée de cette époque. Avec l'assentiment et l’aide du gouvernement fran-
(1) C'est à ce petit groupe d’exilés revenus en Acadie que fait allusion Longefellow dans les derniers vers d’Evangéline :
Only along the shore of the mournful and misty Atlantic
Linger a few Acadian peasants, whose fathers from exile Wandered back to their native land to die in its bosom.
çais, 1.500 d'entre eux émigrèrent à nouveau (en 1785) et allèrent se fixer en Louisiane, où plusieurs milliers des leurs, après des aventures incroyables, avaient réussi à se
rendre et où ils s'étaient créé des établissements florissants (1).
Après 180 ans passés, la race acadienne est plus vivante et plus forte qu’elle ne l’a jamais été. On compte actuellement 70.000 descendants des Acadiens en Nouvelle-Ecosse et au Cap Breton; 150.000 au Nouveau-Brunswick (établis principalement dans la partie de cette provinee contiguë à la Province de Québec) et dans l’île du Prince-Edouard; 150 à 200.000 au moins dans la province de Québec elle-même, dans le centre et l’ouest du Canada ; 100.000, et peut-être plus, dans les Etats du nord-est des Etats-Unis (Maine, Massachusetts, Rhode-Island, etc.); et enfin 500.000 en Louisiane, dans la région des « bayous » ; sans compter d’autres dizaines de milliers qui vivent à Terre-Neuve, à Saint- Pierre-et-Miquelon, etc., et en France même (2)
On peut affirmer, sans crainte d’être contredit, que les arrière-petits-fils des infortunés Franéais-neutres d’Acadie, victimes de leur attachement héroïque à leur religion et à la France, totalisent aujourd'hui plus d’un million d'âmes : « le miracle acadien » est encore plus extraordinaire et plus émouvant que le « miracle canadien » !
(1) On se rappelle que Longfellow suppose, entre les deux parties de son poème, un long intervalle d'au moins sept à huit ans, pendant lequel on ne sait au juste ce que sont devenus les Acadiens dispersés. Notre étude sur le rapatriement et l'essai d'établissement en France, par les gouvernements de Louis XV et de Louis XVI, de plusieurs milliers d'entre eux, apporte de nouvelles précisions sur les suites de ce cruel bannissement de tout un peuple, dont Evangéline empêchera qu'il soit jamais oublié. (Voy. Les Exilés acadiens en France, ouvr. cité.) 5
(2) Nous reprendrons ce sujet de la survivance et de la renaissance de l’Acadie dans notre chapitre vni.