LA VRAIE FAMILLE DÔ SEIGNEUR
VOS frères, et vos sœurs (texte grec de saint Marc), sont dehors : ils voudraient vous voir, ils cherchent à vous parler. » Le Seigneur ne se méprit pas un instant sur l'intention de sa famille : « Ma mère, mes frères, qui sont-ils? » Et désignant de la main ses disciples, embrassant du regard les auditeurs attentifs qui formaient cercle autour de lui, il ajouta : Ma mère et mes frères, les voici ! Car tout homme qui écoute la j^arole de Dieu et qui accomplit la volonté de mon Père céleste, celui-là est pour moi et sœur, et frère, et mère. Ma vraie famille est là. Elle se compose, non de ceux qui me sont unis par le sang, mais de tous ceux qui sont miens par la commune docilité à notre Père du ciel.
Cette réponse est l'équivalent de celle que fit l'Enfant, à sa douzième année : « Ne saviez-vous pas que je dois m'occuper des choses de mon Père? » Elle ressemble aux paroles que nous lisions naguère : « Heureux lalutôt ceux qui écoutent et accomplissent la parole de Dieu. » Pourrions-nous hésiter désormais à faire la volonté du Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ? Une fois de plus, les apôtres et les âmes dociles sont orientés vers la foi en la divinité non pas seulement de la mission du Seigneur, mais de sa personne. Il est répondu d'une façon décisive à l'interpellation des parents de Jésus : « Mais je suis ici en famille ! Et de cette famille j'aime à être le cajDtif. Et j'aime chacun de la plénitude de cette tendresse que les hommes dispersent sur les divers objets de leur affection et mettent jjour ainsi dire en menue monnaie. » Tout cela, en effet, est infiniment gracieux pour l'auditoire du Seigneur ; pourtant, nous ne lisons jamais ce passage, ni l'épisode des noces de Cana, sans éjjrouver comme une secrète inquiétude : nous nous demandons quelle impression de pareilles réponses pouvaient produire sur le cœur de Notre-Dame. C'est que nous ne la connaissons pas bien. Au fond, ces paroles sont l'éloge et l'exaltation de la Samte Vierge : Inde quidem heata, dit saint Bède, quia Verhi incarnandi ministra facta est temporalis ; sed inde multo heatior, quia ejusdem semper amandi custos manebat aeterna. Aussi, ne voyons-nous chez Notre-Dame nulle surprise. Et peut-être le Seigneur en a-t-il usé de la sorte avec elle pour enseigner aUx religieux et aux prêtres ce que doivent être leurs affections de famille.