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POURQUOI L'ENSEIGNEMENT PARABOLIQUE

actuelle l'accomplissement d'une prophétie ; il y a symétrie entre les événements qui ont inspiré Isaïe et ce qui se passe aujourd'hui : au point que les termes dont l'écrivain sacré se servait alors traduisent d'une façon j^lus rigoureuse et vraiment prophétique Tétat d'âme des Juifs contemporains du Seigneur. Saint Jean (xii, 39-40), saint Luc (Act., xxviii, 25-27), saint Paul (Rom., xi, 8) l'ont noté aussi. A l'époque d'Isaïe, à l'époque surtout du Messie, l'âme juive est lourde, son oreille paresseuse, ses yeux volontairement fermés : « Vous entendrez de vos oreilles, annonçait Dieu par le prophète, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, mais vous ne verrez jîoint. Car le cœur de ce peuple s'est éjjaissi ; ils ont rendu leur oreille dure et ils ont fermé leurs yeux : de peur de voir de leurs yeux, de peur d'entendre de leurs oreilles, de peur de conij^rendre avec leur cœur, de se convertir et de me devoir leur salut » (vi, 9-10). Gardons-nous de considérer les termes d'Isaïe et de l'évangile : ut videntes non videani, ne quando convertaniur..., comme l'expression d'un calcul et d'une sorte de piège préparé par Dieu à son peuple pour qu'il y tombe et se brise. L'aveuglement des Juifs est un résultat sûrement prévu, ce n'est pas un dessein préconçu. Dieu ne prend pas de précaution contre Une con^•ersion et une rémission possibles : c'est l'homme lui-même qui oppose une digUe à la miséricorde divine. En d'autres termes, à la base de ce drame de l'infidélité, l'endurcissement ; comme conséquence immédiate, la diminution de la grâce ; comme fruit dernier de l'endurcissement : l'impénitence finale. Il y a d'ailleurs dans les j^aroles du prophète une sorte d'ironie ; il semble admirer la prudence obstinée dont l'homme se couvre contre Dieu, comme s'il avait peur du jaardon !

J'estri autem beati oculi... Ces paroles sont citées par saint Luc dans une circonstance historique différente, mais avec le même sens, et le contexte est analogue à l'enseignement présent (x, 21-2-i). A côté du programme de justice qu'est la réprobation commencée du peuple juif, il est un autre programme, de miséricorde, cette fois, et de prédilection, qui s'accomplit pour les disciples, autour d'eux, en eux : « Heureux sont vos yeUx de voir ce que vous voyez ; heureuses vos oreilles d'entendre ce que vous entendez ! En vérité, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes, de rois, dit saint Luc, ont déiiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont jDoint vu ; entendre ce que ^ ous entendez, et ne

l'ont point entendu. » C'est déclarer qu'avec l'Incarnation se clôt tout cet Ancien Testament qui n'avait été qu'un long désir (I Petr., I, 10-12). La béatitude dont parle l'évangile vient de ce que Dieu en personne est avec nous ; elle n'est pas limitée aux quelques années que le Seigneur a passées sur la terre : elle est assurée et éternelle. Il y a même pour nous une expérience vingt fois séculaire de la tendresse divine, qui n'existait ni pour les justes de l'Ancienne Loi, ni pour les disciples.

Mt.j'Xiii. — 1^ Vos ergo audite parabolam seminantis. ^^ Omnis qui audit verhum regni, et non intelligit, venii malus, et rajnt quod seminatum est in corde ejus ; hic est qui secu^ viam seminatus est, 2° Qui autem super peirosa seminatus est, hic est qui verhum audit, et continua cum gaudio accipit illud ; ^^ non hahet autem in se radicem, sedest temporalis : fada autem trihulatione et persecutione propter verhum, continuo scandalizatur. ^^ Qui autem seminatus est in spinis, hic est qui verhum audit, et sollicitudo saeculi istius, et fallacia divitiarum sufjocat verhum, et sine fructu ejjicitur. ^^ Qui vero in terram honam seminatus est, hic est qui audit verhum, et intelligit, et fructum affert, et facit aliud quidem centesimum, aliud autem sexagesimum, aliud vero trigesimum.

Me, IV. — ^^ Et ait mis : Nescitis paraholam hanc? et quomodo omnes paraholas cognoscetis? ^^ Qui seminat, verhum seminat. ^^ Hi autem sunt qui circa viam, uhi seminatur verhum, et cum audierint, confestim venit Satanas, et aujert verhum quod seminatum est in cordihu^ eorum. ^^ Et hi sunt similiter qui super petrosa seminantur, qui cum audierint verhum, statim cum gaudio accipiunt illud ; ^' et non haheiit radicem in se, sed temporales sunt ; deinde orta trihulatione et persecutione propter verhum, confestim scandalizantur . ^^ Et alii sunt qui in spinis seminantur : hi sunt qui verhum audiunt, ^^ et aerumnae saeculi, et deceptio divitiarum, et circa reliqua concupiscentiae introeuyites suffocant verhum, et sine fructu effîcitur. ^o Et hi sunt qui super terram honam seminati sunt, qui audiunt verhum et suscipiunt, et fructificant unum triginta, unum sexaginta et unum centum.

Le, VIII. — 1^ Est autem ha£C parabola : Semen est verhum Dei. 12 Qui autem secus viam, hi sunt qui audiunt ; deinde venit

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