SENS DE LA F-ARABOLB-DU SEMEUR
Dans le second cas, c'est la jeunesse. Aussitôt entendue, la parole est reçue avec joie. Il y a dans le cœur un tressaillement enthousiaste, et comme une réponse de vie à la doctrine vivante qui se présente avec toute la saveur de la nouveauté : « Maintenant, se dit-on, je vais tout de bon commencer ! » Mais l'âme est pierreuse : super petrosa, elle est dure et égoïste en dessous ; elle n'est encore que sensibilité. Or, la sensibilité est mobile, autre aujourd'hui, autre demain. Seules, les choses de l'intelligence et les choses de Dieu, qui sont étemelles, peuvent fixer notre instabilité. Dans un milieu tout sensible, la doctrine ne jette pas de ^Taies racines. Une germination commencée, une chétive poussée d'épi : mais, comme il n'y a pas d'humus, pas de ressources profondes, tout se dessèche au moindre rayon de soleil, au moindre sacrifice exigé, à la moindre épreuve de notre fidélité à la parole divine, propter verhum. De telles âmes renoncent à la vérité avec autant de promptitude qu'elles en ont mis à l'accueinir dès l'abord. Elles sont tout de suite scandalisées, dit saint Marc, et s'étonnent qu'il faille se donner un peu de peine. Leur foi n'est que d'un instant, elles s'éijuisent en exultations et en exaltations passagères : temporales sunt. A l'heure de l'épreuve, il n'y a plus personne : recedunt. Les âmes ainsi décrites sont légion, et pas simplement parmi les femmes : la bravoure intérieure est chose rare.
Une troisième portion de la semence est tombée dans les épines. Ici, la terre végétale ne manque pas, puisque les mauvaises herbes et les ronces prospèrent. Cette fois, nous allons réussir. Hélas ! l'âme est divisée, encombrée par toutes les préoccupations du siècle. C'est l'âge mûr. La tromperie des richesses, fallacia divitiarum, qui nous masquent notre faiblesse, et nous dispensent de nous appuyer sur Dieu ; les passions et les convoitises qui nous portent vers tous les faux biens et éparpillent nos forces : tout cela se donne rendez-vous dans l'âme et confisque entièrement sa réflexion et son activité. Il ne reste rien pour un souci élevé. La vérité est étouffée et demeure sans fruit. C'est pour cela que, lorsque le Seigneur veut s'attacher les âmes, il les affranchit de toute préoccupation séculière, il les dispense même de tout souci du logement, du vêtement, du manger et du boire, de manière à leur assurer la plénitude et l'intégrité de leur pensée. Encore faut-il qu'elles ne s'ingénient pas à se créer un monde à la place de celui qu'elles ont quitté !