‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 129 sur 340 · L'ÉVANGILE DE X.-S. J.-C · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE DE X.-S. J.-C

nom et parce que « clirétiens » ! Mais qu'a-t-il donc fait, le Christ, pour mériter d'être à ce point un objet de réprobation qu'on le poursuive jusque dans ses fidèles !

L'épreuve ici prédite n'est pas seulement la persécution domestique et familiale : c'est aussi, on le voit bien, la lutte fraternelle dans la grande famille d'Israël, la rancune de la Synagogue s'exerçant contre les disciples de JésUs. Non sans doute que le monde païen réserve à la prédication apostolique un accueil empressé; mais enfin, la persécution inattendue et contre laquelle les apôtres devaient être avant tout prémmiis, c'est la persécution juive ; c'est elle qui, pour une large part, alluma la persécution païenne. Le Seigneur avertit et encourage : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. » Cette fin, c'est sans dovite le terme de notre vie ; et la remarque du Seigneur a certainement une application universelle ; mais elle a d'abord Une portée réduite. Il s'agit du grand événement qui doit clore la période ancienne et ouvrir une ère nouvelle : c'est l'intervention et la venue du Seigneur à la limite des deux époques religieuses : la chute de Jérusalem. (Comparer ce passage de saint Matthieu avec le chapitre xxiv, où nous lisons encore le Qui autem perseveraverit... Cf. Me, xiii, 12-13.) Et la preuve que le Seigneur songe à cette échéance se trouve au verset 23 : « Persécutés dans une ville, fuyez dans une autre. Car, je vous le dis, en vérité, le Fils de rhomme et son Royaume viendront avant que vous ayez eu le loisir d'épuiser toutes les villes d'Israël, » de les évangéliser toutes. Trente ans seulement devaient s'écouler avant que le Seigneur vînt briser le moule étroit de l'ancienne économie, et à la Synagogue persécutrice substituer l'Église.

C'est un proverbe bien connu que le disciple n'est pas audessus du maître ni le serviteur au-dessus de son seigneur (Le, VI, 40 ; Jo., XIII, 16). La condition du disciple, sa gloire, sa joie, n'est-ce pas de partager le sort de son maître? En tout cas, il ne saurait prétendre à plus d'égards : il suffit au disciple d'être traité comme son maître et au serviteur comme son seigneur. Rappelez-vous comment ils m'ont traité ! S'ils ont appelé Béelzébub le maître de la maison (Mt., ix, 34 ; xii, 24), que ne diront-ils pas de ses famiUers (Jo., xv, 20) ! Vous ne devez donc pas vous étonner de la persécution : elle prouve que nous ne faisons qu'un, vous et moi. Vous ne devez pas davantage vous en effrayer. Le monde est un champ de bataille, mais vous ne sauriez être

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