ÉPREUVES RÉSERVÉES AUX DISCIPLES
vaincus : la bataille s'achèvera dans une victoire de Dieu. II est Un tribunal éternel qui cassera toutes sentences rendues irrégulièrement contre vous. Ceux qui pensent vous juger seront jugés à leur tour ; et la lumière de Dieu fera paraître au grand jour les mobiles haineux ou misérables auxquels ils obéissaient. « Car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu. » — Tel est le sens que certains interprètes donnent, ici et en saint Luc, xir, 2, à cette sentence, de forme proverbiale. Mais elle pourrait aussi bien s'entendre (conmie en saint INIarc, iv, 22, et saint Luc, viii, 17), de la prédication évangéUque, d'abord discrète et limitée, mais qui finira, en dépit de toutes les oppositions, par se répandre en tous lieUx. Il y a ainsi cohésion entre les versets 26 et 27. Vous vaincrez, affirme le Seigneur. Que le respect humain, que la crainte des hommes ne glacent point sur vos lèvres l'expression d'une vérité qui est faite pour être semée et pour fructifier partout. Ce que je vous ai enseigné dans l'obscurité, dans le secret, dites-le au grand jour ; ce qui vous a été dit comme à l'oreille, en petit comité, proclamez-le sur les toits. — Se rappeler la forme des toits de Palestine : c'est de là que se faisaient certaines proclamations. Voir Isaïe, xl, 9.
N'ayez peur ni des hommes, ni du diable. Regardez bien en face ce que les hommes vous peuvent faire : ils tuent le corps ; ils menacent du moins, ou ils font souffrir : c'est tout ; là s'arrête leur pouvoir. Ils ne sauraient tuer l'âme. Ils ne peuvent même pas nous faire penser, nous faire vouloir comme eux. Nul ne violera le sanctuaire intérieur où l'homme se rencontre avec Dieu. On ne peut rien sur nous ; et à ce jeu de la persécution, le mal est toujours le vaincu. Nous n'avons rien ni personne à redouter, si ce n'est celui qui est l'unique dispensateur de la vie et de la mort, de la vie étemelle comme de la vie du temps ; celui qui a pouvoir sur l'homme entier, qui peut jeter et le corps et l'âme dans la Géhenne. Est-ce que deux passereaux, poursuit familièrement le Seigneur, ne se vendent pas un as ? On les donne presque pour rien, — pour trois centimes et demi ! Et cependant, il n'est pas un seul de ces petits oiseaux qui tombe à terre et périsse sans le consentement de votre Père céleste. Mais vous ! ce n'est pas seulement votre vie qui intéresse la sollicitud • de Dieu : c'est le nombre même de vos cheveux qui est compté par lui (cf. II Reg., XIV, 11). Il n'est pas un détail de votre être
auquel Dieu ne soit attentif ; rien n'est laissé dans votre existence à l'aventure ni au hasard. Pourquoi eraindre ? vous valez à ses yeux plus que nombre de passereaux (cf. Le, xii, 2-9).
Et après l'affirmation de cette providence paternelle, écoutons quelle sera la récompense promise par Dieu. C'est le véritable anesthésique, ou plutôt le véritable et souverain encouragement. Omnis qui cotifitebitur me... Est-il besoin de noter la situation personnelle que se donne Jésus devant les hommes et devant Dieu? C'est à lui que les hommes se doivent attacher; c'est d'être à lui qu'il est uniquement question pour nous, si nous voulons jouir de la bienveillance divine. Et les termes dont il se sert montrent bien que son intervention auprès de Dieu est décisive. Le verdict de Dieu à notre sujet répondra au témoignage que nous aurons rendu ici-bas au Fils de Dieu, il répondra à la qualité de notre foi et de notre justice (Hebr., xi). La persécution, en effet, contient une mise en demeure, en même temps qu'une alternative. Il est toujours facile d'échapper à la persécution : niez votre titre de chrétien, renoncez au Seigneur, on vous laissera tranquilles ; dès que Vous l'aurez fait, vous aurez cessé d'être coupables : c'était donc bien Dieu que l'on poursuivait en vous. Or, voici la promesse solennelle du Seigneur : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai, moi aussi, devant mon Père qui est aux cieux. » Inversement : « Quiconque m'aura renié devant les hommes, je le renierai, moi aussi, devant mon Père qui est aux cieux. » Même menace divine en saint Marc, viii, 38, et en saint Luc, ix, 26. Il s'agit ici, on le comprend, d'un témoignage décisif, d'une attestation suprême, à la dernière heure; déjà, le Seigneur avait dit: «Celui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. »
Mt., X — ^* No'.ite arhitrari quia pacem veneriyn mittere in terram; non veni pacem mittere, sed gladium. ^^ Veni enim separare hominem adversus patrem suum, et filiam adversus matrem suam, et nurum adversus socrum suam. ^^ Et inimici hominis, domestici ejus. 2' Qui amat patrem aut matrem plus quam me, non est me dignus; qui amat filium aut filiam super me, non est me dignus. ^^ Et qui non accipit crucem suam et sequitur me, non est me dignus. 2® Qui invenit animam suam, perdet illam; et qui perdiderit animam suam propier me, inveniet eam. *" Qui recipit vos, me