‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 134 sur 340 · LE MARTYRE DE SALNT JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE SALNT JEAN-BAPTISTE

dium regni mei. ^^ Quae cum exisset, diocit mairi suae : Quid petam ? Ai illa dixit : Caput Joannis Baptistae. ^5 Cumque iniroisset statim cum festinaiione ad regem, petivit dicens : Volo ut protinus des mihi in disco caput Joannis Baptistae. ^^ Et contrisiaius est rex, propter jusjurandum et propter simul discumbentes, noluit eam contristare, ^^ sed misso spiculatore, praecepit ajferri caput ejus in disco. Et decollavit eum in carcere. ^^ Et attulit caput ejus in disco, et dédit illiid puellae, et puella dédit matri suae. 2® Qiio audito, discipuli ejus venerunt, et tulerunt corpus ejus, ci postierunt illud in monumento.

L'allusion à saint Jean-Baptiste détermine saint Matthieu et saint Marc à revenir en arrière afin de rapporter les circonstances de la mort du Précurseur, survenue quelques mois auparavant. Le récit de saint Marc est plus complet et plus précis, avec Un mouvement plus vif. On dirait que par un artifice de composition littéraire les deux s}Tioi)tiques, pendant que les apôtres se répandent dans la Galilée, veulent retenir notre attention par un récit qui nous fera prendre patience jusqu'à leur retour. Saint Luc ne raconte point le martyre du Précurseur ; il s'est borné à mentionner son arrestation (m, 19- 20). — Hérode Antipas n'était pas intéressant, non plus que toute la famille d'Hérode le Grand, dissolue et violente. Marié à une fille d'Arétas, roi des Arabes Nabathéens, il avait, au cours d'un voyage vers Rome, enlevé à son frère Piiilippe sa femme Hérodiade, mère de Salomé. Ne confondons pas ce Philippe (Josèphe l'appelle Hérode), déshérité et vivant en simple particulier, avec le tétrarquc d'Iturée, Phihppe, un autre fils d'Hérode le Grand. Quant à Hérodiade, elle était fille d'Aristobule, un frère des précédents, étranglé à Sébaste par ordre de son père. En épousant sa nièce Hérodiade, Antipas commettait donc un adultère compliqué d'inceste. Nous ignorons où et comment Jean -Baptiste eUt ses entrées chez Hérode Antipas. Toujours est-il que le saint reprochait hardiment au tétrarque tous ses crimes, et surtout le plus scandaleux : « Il ne vous est pas permis, disait-il, d'avoir pour épouse la femme de votre frère. » Nous connaissons la réponse brutale : Jean arrêté, enchaîné et incarcéré, selon Josèphe, à Machéronte. L'historien juif assigne un autre motif à ces mesures de rigueur ; il nous dit qu'Hérode était préoccupé de l'influence que Jean-Baptiste avait conquise

sur le peuple, et qu'il redoutait de le voir provoquer Une sédition. « On le regardait comme un prophète, » note de son côté saint Matthieu. Un prophète était toujours inquiétant ; il ressemblait souvent, aux yeux du pouvoir jDolitiqUe, et parfois aussi aux yeux du pouvoir sacerdotal, à un révolté.

Néanmoins, ce que nous trouvons aux principaux actes de ce drame, c'est Une rancune et Une haine féminine. La vengeance d'Hérodiade poursuivait Jean jusque dans sa prison : elle eût voulu s'en défaire, mais son humeur sanguinaire se heurtait à la résistance d'Hérode qui, malgré ses vices, montrait de l'estime et une sorte de crainte sujDerstitieuse à l'égard du Précurseur. Il le savait homme juste et saint, le défendait contre la malveillance de sa femme et des courtisans, s'entretenait volontiers avec lui et même, en bien des cas, déférait à ses conseils. Pourtant, les instances d'Hérodiade eussent fini par avoir raison du faible tétrarque ; et saint Matthieu, qui résume, nous dit qu'il voulait faire mourir Jean, mais redoutait le peuple. Celui-ci, en effet, d'après Josèphe, reconnut plus tard un châtiment du meurtre de Jean-Baptiste dans l'échec des armes d'Hérode, lors de sa lutte avec le roi des Arabes, le père de son épouse abandonnée. Enfin, une occasion opportmie s'offrit à Hérodiade. Pour fêter l'anniversaire de sa naissance, Hérode donnait un festin aux grands de son royaume, aux officiers et aux personnages de la Galilée. La fille d'Hérodiade, Salomé, entra dans la salle et exécuta, aU milieu des convives, une danse qui charma Hérode et toute l'assistance. « Demandez-moi ce que vous voudrez, » dit le roi à la jeune fille, « et je vous le donnerai. » Et il répéta sa promesse, la confirmant par un serment : « Tout ce que vous demanderez, je vous le donnerai, serait-ce la moitié de mon royaume ! » Hérode n'était pas vraiment roi ; il en désirait le titre ofiiciel, et Hérodiade plus que lui : c'est même au cours de ses négociations auprès de l'empereur Caligula que survint sa disgrâce et son exil.

La fille d'Hérodiade sortit consulter sa mère : « Que faut-il demander? » Nulle hésitation chez la mère : « La tête de Jean- Baptiste. » Sur-le-champ et en hâte, statim cumjestinatione, Salomé rentre auprès du souverain et lui adresse cette requête, ou plutôt cette sommation, où se trahit la fièvre de l'impatience et de la cruauté : « Je veux qu'ici même, et tout de suite, vous me donniez, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. » Et le roi fut

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