‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 137 sur 340 · L'ÉVAXGILE DE N.-S. J.-C · texte numérisé non relu

L'ÉVAXGILE DE N.-S. J.-C

386 TROIfrÈME TARTIE. — CHAPITRE A'II

Jésus prit donc avec lui les apôtres et quitta l'endroit où il se trouvait : peut-être Capharnaiim. On monta dans « la barque », et on se dirigea vers un lieu désert, loin des foules, à Bethsaïde, précise saint Luc : c'est-à-dire aUx euAirons, et non dans la ville même de Bethsaïde- Julias, située au nord de la mer de Tibériade, en Gaulanitide, chez le tétrarque Philippe ; l'autre Bethsaïde se troUA'e à l'ouest du lac. Mais beaucoup de Juifs comprirent le dessein du Seigneur. Ne pouvant le suivre sur le lac, ils prirent immédiatement la voie de terre et, à pied, contournèrent 'e lac par le nord. La foule se grossissait, chemm faisant, de tous ceUx qui accouraient des bourgades voisines, attirés, remarque saint Jean, jDar les guéris ons miraculeuses du Seigneur. Une grande multitude, plus rapide que la barque, se trouvait déjà rassemblée sur le rivage, lorsque celle-ci accosta. Et dès que le Seigneur aperçut cette foule immense, son cœur s'attendrit. Il eut pitié d'eux, dit à son tour saint Marc, -parce qu'ils étaient « comme un troupeau sans pasteUr ». Bien loin de se plaindre d'être ainsi poursuiAn, il les accueillait a\-ec tendresse ; il guérissait leurs malades ; il leur parlait du Royaume de Dieu et « leur enseignait beaucoup de choses ». Peu à peu, on s'était éloigné du rivage ; et le collège apostolique, — qui était A-enu pour se reposer, — s'assit autour du Seigneur sur la montagne ou la colline A^oisine, peut-être sur les pentes, d'où l'on embrassait du regard toute la multitude. La prédication diAane continuait.

Cependant, l'heure était aA'ancéc déjà, le jour baissait. Les disciples, toujours pratiques et soucieux de la discrétion, font observer familièrement à leur Maître qu'il se fait tard, qu'on est ici en plein désert et que tout le monde a faim : « Congédiez ces gens, disent-ils, afin qu'ils aillent dans les campagnes et les Alliages d'alentour chercher un gîte et s'acheter de quoi manger. » — « Il n'est pas nécessaire qu'ils s'en aillent, répond le Seigneur. Donnez-leur A'ous-mêmcs à manger. » Jésus, qui prépare les âmes au miracle, invite ses apôtres à trouA'er eux-mêmes au problème présent une solution, et, se tournant Acrs Philippe, lui demande : « Comment pourrions-nous acheter de quoi nourrir cette foule? » La question du Seigneur, explique saint Jean, n'était qu'Un procédé d'enseignement : il A'oulait que les ressources humaines se reconnussent impuissantes, et saA^a'.t bien, lui, ce qu'il dcA'ait faire. AA'-ant même que Philippe eût dit sa pensée, d'autres apôtres avaient répondu au Seigneur, aA-ec une nuance d'étonnement :

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