‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 163 sur 340 · LE SCANDALE · texte numérisé non relu

LE SCANDALE

dalis ! Neccsse est enim ut veniant scandala. V erumtamen vac homini illi per quem scandalum venit ! ^ Si auteni manus tua vel pes tuus scandalizat te, ahscide eum et projice obs te; bonum tibi est ad vitam ingrcdi debilem vel claudum, quani duas manus vel dtios pedes habentem, mitti in ignem aetemum. * Et si oculus tuus scandalizat te, erue eum et projice abs te ; bonum tibi est cum une oculo in vitam intrare, quam duos oculos habentem, mitti in gehennam ignis.

Me, IX. — *° Quisquis enim potum dederit vobis calicem aquae in nomine meo, quia Christi estis, amen dico vobis, non perdet mercedem suam. *^ Et quisquis scandalizaverit unum ex his pusillis credentibiis in me, bonum est ei magis si circumdaretur mola asinaria collo ejus, et in mare mitteretur. *^ Et si scaïukdizaverit te manus tua, abscinde illam ; bonum est tibi debilem introire in vitam quam duas manus habentem ire in gehennam, in ignem inextinguibilem, ^^ubi vermis eorum non moritur, et ignis non extinguitur. ^* Et si pes tuus te scandalizat, amputa illum ; bonum est tibi claudum introire in vitam aeternam, quam duos pedes habentem mitti in gehennam ignis inextinguibilis, *^ ubi vermis eorum non moritur, et ignis non extinguitur. ^^ Qiiod si oculus tuus scandalizat te, ejice eum; bonum est tibi luscum introire in regnum Dei, quam duos oculos habentem mitti in gehennam ignis, ^' ubi vermis eorum non moritur, et ignis non extinguitur. *^ Omnis enim igné salietur, et omnis victima sale salietur. *^ Bonum est sal : quod si sal insulsum juerit, in quo illud condietis? Habete in vobis sal, et pacem habete inter vos.

Les apôtres avaient discuté ensemble iDOiir savoir quel était le plus grand; cela naissait de l'esprit propre, de l'amour de soi : ils doivent, à cet égoïsme, substituer l'amour du Christ. Tout à rheure, Jésus a relevé la noblesse de ce qui se fait en son nom, par la petitesse même de celui à qui s'adresse le bienfait : maintenant, par la petitesse du bienfait accordé. C'est toujours Vin nomine meo qui assure la liaison des pensées. « Celui qui vous donnera un verre d'eaU en mon nom, parce que vous êtes du Christ, en vérité, je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense » (Mt., x, 42). Ainsi seront traités les hommes qui font du bien; écoutons quel sera le sort de ceux qui font du mal. Le petit enfant continue à fournir l'occasion de l'enseignement. Dans l'enfant, et dans tous

les vrais disciples du Christ à qui l'enfant est présenté comme idéal, il y a une beauté divine, une tendresse divine. Respectezla. Celui qui flétrira cette beauté, celui qui trahira par le scandale cette tendresse, dans la personne d'un seul de ces petits qui croient en moi, est voué à un châtiment terrible : mieux vaudrait pour lui être précipité au fond de la mer, le cou chargé d'une pierre meulière, et avec la certitude de ne plus revoir la lumière du jour. — Malheur au monde, à cause des scandales ! Car les scandales sont nécessaires, c'est-à-dire inévitables, mais malheur à l'auteur du scandale ! Le Seigneur saura bien distinguer la responsabilité et la faute de chacun au milieu de l'iniquité de tous.

L'idée du scandale infligé à autrui rappelle une autre forme de scandale : l'occasion de chute que l'homme se ménage ù lui-même lorsqu'il demeure volontairement attaché à un objet quelconque, personne, richesse, système qui met son âme en péril. Saint Matthieu avait déjà rapporté cette doctrine dans le discours sur la montagne (v, 29-30) ; il la redit ici Une seconde fois ; le texte de saint Marc est singulièrement expressif. Ce n'est pas seulement l'âme de l'enfant, l'âme de notre frère dans le Christ qui possède une valeur spirituelle absolue : c'est la nôtre aussi. Tout ce qui, en nous, menace Dieu, doit être retranché aussitôt. Sans doute, une métaphore se trouve impliquée dans l'expression évangélique ; mais la rigueur du précepte, loin d'en être atténuée, en acquiert plus d'énergie. Alors même que l'homme devrait aler jusqu'aux sacrifices les plus douloureux, il lui faut sauver son âme à tout prix, sans fausse pitié. L'alternative est rigoureuse : il doit choisir entre la vie, c'est-à-dire la récompense de la justice, selon le langage de la Bible, — et le feu étemel de l'enfer. Votre main, votre pied, votre œil vous scandalisent? Coupez-les, arrachez-les, jetez-les loin de vous. C'est sagesse de sacrifier tel ou tel de nos membres à l'intégrité de notre vie : en dépit des apparences, nous ne perdons rien et nous sauvons tout. Mieux vaut entrer boiteux, manchot, privé d'un œil « dans la vie », — « dans le Royaume de Dieu », dit saint Marc, — que d'être jeté tout entier dans la Géhenne et le feu qui ne s'éteint jamais.

Ubi vermis eorum non moritur et ignis non exiinguitur ( Isaïe, Lxvi, 24. Cf. Judith, xvi, 21). Le ver et le feU sont considérés ici comme agents de souffrance éternelle; ni le ver ne meurt, ni le fou ne s'éteint. De même que la vie sera éternelle pour les justes,

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le châtiment de ceux qui n'auront pas estimé IcUr âme et Dicti au-dessus de tout et au-dessus d'eux-mêmes, sera sans fin. A la différence des pénalités imposées par la volonté humaine, qui ont un terme, les châtiments du péché grave n'en ont pas et durent aussi longtemps que l'âme elle-même : elle s'est comme incorporé sa faute et sa peine. Nous sommes donc avertis ; nous comprenons quelle vigilance résolue il faut exercer en face des tentations, et surtout de celles qui nous plaisent davantage; comment il importe de s'élever avec énergie, de s'insurger en quelque sorte contre soi.

Les versets 48 et 49 de saint Marc sont difficiles à interpréter. Aussi quelques commentateurs, renonçant à leur trouver une signification qui s'harmonise avec le contexte, supposent-ils que ces paroles du Seigneur, réellement prononcées en d'autres circonstances, ont été recueillies et groupées ici à raison de certaines analogies de pensée ou même simplement d'expression. Il vient d'être parlé du feu qui ne s'éteint jamais ; l'évangile jDOUrsuit : « Car chacun sera salé par le feu. » Les mots : et omnis victima sale salietur, rappellent la prescription du Lévitique : Quidquid ohtuleris sacrificii sale condies, nec aujeres sal foederis Dei tui de sacrifîcio tuo ; in omni oblatione tua offeres sal (ii, 13). Le sens de ce passage pourrait être celui-ci ; le feu qui, d'habitude, consume, ici conserve. Et comme le sel était semé sur la victime, ainsi le feu, au lieu de détruire, garde à Tholocauste terrible de la justice une existence sans fin. De là, saint Marc passe à une acception du sel plus adoucie.

Bonum est sal. « C'est chose bonne que le sel ; mais lorsque le sel s'est affadi, lorsqu'il a perdu sa vertu et sa saveur, avec quoi l'assaisonnerez- vous? » Nous lisons cette même sentence chez saint Luc, xiv, 34-35, et chez saint Matthieu, v, 13. Les apôtres sont formellement comparés au sel. « Vous êtes le sel de la terre, dit le Seigneur, ne vous affadissez pas. Demeurez tels que vous puissiez agir sur le monde. Si vous vous dérobiez à Dieu, où trouverait-on l'élément qui purifie et qui conserve? » Remarquons que, dans saint Luc, ces paroles font suite au jorécepte d'abandonner tout ce qui pourrait compromettre la vocation des vrais et parfaits disciples ; chez saint Matthieu, elles suivent également le programme d'abnégation et de souffrance impliqué dans les Béatitudes. Il y a donc analogie avec l'entretien que rapporte saint Marc ; et la formule : Omnis enim victima sale

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