DE LA GALILEE A EETHAXIE
Mt., XIX. — 1 E jac'iim est, cuyn consummasset Jésus sermones is'os, migravit a Galilaea.
Me, 'S.. — ^ Et inde exsiirgens...
Aux premiers temps de la période où nous sommes parvenus, l'it'néraire du Seigneur est assez difficile à déterminer. Si nous n'avions que les données de saint Matthieu et de saint Marc, tout serait simple : retour à Jérusalem pnv la rive orientale du Jourdain et par Jéricho. Avec saint Luc, la difficulté est plus grande. Cet évangéliste nous décrit bien, lui aussi, la marche ininterromjDue du Seigneur vers Jérusalem, même il souligne j^lusieurs fois le caractère résolu de cette ascension vers le lieu du sacrifice (ix, 51 ; xiii, 22, 33 ; x^^ii, 11 ; xviii, 31 ; xix, 11, 28) : mais certains traits de son long récit (par exemple xiii, 22, 31 ; xvii, 11) font soupçonner de nombreux circuits dans l'itinéraire suivi et paraissent appartenir à un ministère extrajudéen. Alors que, pour la même période, saint Matthieu n'a que deux chapitres et saint Marc un seul, saint Luc comprend neuf chapitres environ ; il a eu entre les mains des documents spéciaux, qu'il a groupés ici, probablement sans un grand souci de l'ordre chronologique. Ce qui met de l'unité dans cette portion de l'évangile, c'est la direction générale vers Jérusalem.
Les sjmoptiques ont été complétés par saint Jean : et là, certaines étapes du Seigneur sont indiquées avec précision. Jésus quitte d'abord la Galilée et se rend à Jérusalem pour la fête des Tabernacles ; deux mois plus tard, il s'y trouve encore pour la Dédicace (vii-x, 38). L'hostil'té pharisienne le contraint de passer
irans Jordanem, c'est-à-dire en Pérée, d'y passer « à nouveau », iterum (x, 39-42). Puis, nous le voyons revenir à Béthanie et ressusciter Lazare, enfin se retirer, avec ses disciples, dans « une région voisine du désert », dans une localité qu'on appelle Ephrem (xi, 1-54). Après quoi, le retour définitif à Jérusalem. Comment concilier les synoptiques entre eux et avec saint Jean? Chaqt^e auteur de synopse et d'harmonie évangélique a proposé sa combinaison ; et l'extrême variété de ces hyjjothèses ne i^arvient pas à décourager les exégètes. Nous jjouvons nous contenter ici d'un classement des faits qui soit sinij^lement \Taisemblable et qui nous permette de ne morceler que le moins possible le texte sacré. — Après l'entretien de Cai^harnaum, saint Matthieu et saint Marc notent que le Seigneur quitte la Galilée, et, semble-t-il, définitivement. Saint Jean et saint Luc vont nous dire en quelles circonstances et par quel chemin.
Jo., VII. — 2 Erat aiiiem in proximo dies festus Judaeorum, Scenopegia. ^ Dixerunt autem ad eum fratres ejus : Transi hinc, et vade in Judaeam, ut et discipuli tui videant opéra tua quae facis. * Nemo quippe in occulto quid facit, et quaerit ipse in palam esse ; si haec facis, manifesta ieipsum mundo. ^ Neque enim fratres ejus credebant in eum. ^ Dicit ergo eis Jésus : Tempus meum nondum advenit ; tempus autem vesirum semper es' paratum. ' Non potest mundus odisse vos ; ryie autem odit, quia ego testimonium perhibeo de iïlo, quod opéra ejus mala sunt. ^ Vos ascendite ad diem festwn hune; ego autem non ascendo ad diem festum istum, quia meum tempus nondum impletum est. ^ Haec eum dixisset, ipse mcnsit in Galilaea. ^° Ut autem ascenderunt fratres ejus, tune et ipse ascendit ad diem feshim, non manifeste, sed quasi in occulto.
On approchait de la grande fête juive des Tabernacles, appelée en grec Scénopégie, qui avait lieU fin Septembre. Elle avait été instituée afin de rappeler au peuple le souvenir des quarante ans passés sous la tente, dans le désert (Deut., xvi, 13-15 ; Lev., xxiii, 33-43). Huit jours durant, les pèlerins de Jérusalem habitaient des tentes ornées de feuillages, disposées sur les places et autour du temple. A la vue de l'évident parti pris du Seigneur de se confiner en Galilée, pays obscur et méprisé, ses frères, c'est-à-dire ses parents, ses proches selon le sang, désireux