JESUS LUMIERE DU MONDE
Jo., VIII. — ^^ Iterum ergo locutus est eis Jésus, dîcens : Ego sum lux mundi; qui sequitur me, non anibuîat in tenehris, sed habebit lumen vitae. ^^ Dixerunt ergo ei pharisaei : Tu de teipso testimonium perhibes; testimonîum tuum non est verum. ^^ Respondit Jésus, et dixit eis : Et si ego testimonium perhibeo de yneipso, verum est testimonium meum, quia scio unde veni, et quo vado; vos autem nescitis unde venio, aut quo vado. ^^ Vos secuyidum carnem judicatis, ego non judico quemquam; ^* et si judico ego, judicium meum verum est, quia solu^ non sum : sed ego, et qui misit me, Pater, i' Et in lege vestra scriptum est, quia duorum hominum testimonium verum est. ^^ Ego sum qui testimonium perhibeo de meipso; et testimonium perhibet de me qui misit me, Pater. ^^ Dicebant ergo ei : Ubi est Pater tuus? Respondit Jésus : Neque me scitis, neque Patrem meum; si me sciretis, forsitan et Patrem meum sciretis. 2° Haec verba locutus est Jésus in gazophylacio, docens in templo; et nemo apprehendit eum, quia necdum venerat hora ejus.
Nous sommes au lendemain de la fête des Tabernacles. Ne semble-t-il pas que le Seigneur ait voulu, dans son enseignement, fournir le commentaire de tout ce que cette fête contenait de voilé et de mystérieux? Le peuple de Dieu, après l'Incarnation, est encore en marche vers la terre promise Au cours du chemin, le Fils de Dieu nous est tout ce dont nous avons besoin : il est notre nourriture (Jo., vi), il est l'eau miraculeuse qui jaillit du rocher (vu). La manne, c'est lui; la pierre, c'est lui encore (I Cor., X, 4) ; l'eau \'ive, c'est lui qui la procure, et en celui qui l'a reçue, elle devient une source qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Pourtant, il était Un symbole qUe le Seigneur ne s'était pas appUqué encore. Un enfant sachant Thistoire sainte aurait pu dire : « Oui , Seigneur ; mais , dans le désert. Dieu était le guide de son peaple. L'Ange de Dieu était à la tête de tout Israël. Il y avait une colonne de feu et de fumée : de feu, la nuit ; de fumée, le jour; et selon qu'elle s'ébranlait ou s'arrêtait, le peuple de Dieu ou la suivait ou sUsj)endait sa marche... » La fête des Tabernacles comportait, dans son programme, des illuminations, des processions aux flambeaux. Le Seigneur va montrer qu'il ne manque rien pour que soit parfaite la correspondance entre la réalité et la figure.
Ego sum luM mundi. Ce n'est pas la colonne de feu et de fumée
qui est la lumière du monde ; elle n'était qUe le guide d'un petit peuple, durant les quarante années de sa vie errante. Même alors, elle n'était eneore qu'un symbole de l'Ange de DieU, du Verbe de Dieu, s'essayant dès lors à ^n.vre au milieu des hommes. Mais la lumière vraie et sans ombre, la lumière du monde et de tous, la lumière qui s'adresse à l'âme, la lumière qui marche devant ^■ous et qui est en vous, c'est moi, dit le Seigneur. Celui . qui me suit, qui se tient près de moi, marchant avec moi et de mon pas, celui-là ne chemine plus dans les ténèbres. Il est en possession de la vraie lumière ( Jo., i, 9).
« Je suis la lumière du monde » : jamais homme, si ce n'est le Seigneur, n'a osé parler ainsi de lui-même. Une telle plénitude d'affirmation trahit la souveraine autorité de Dieu. iMais les pharisiens, évincés naguère par l'exception que leur a opposée le Sauveur, se préparent à lui réi3ondre sur le même ton et par le même procédé : à une fin de non-recevoir, ils opposent une fin de non-recevoir. C'est un axiome de droit que nul n'est témoin ni juge dans sa propre cause. Quelle créance, dès lors, mérite l'affirmation de Jésus en faveur de l'autorité infinie et universelle qu'il s'arroge ? Il se rend témoignage à lui-même : son témoignage n'est pas acceptable. — Si les pharisiens avaient voulu, peut-être aUraient-ils trouvé dans la doctrine même de Jésus réponse à leur difîiculté. Le Seigneur se disait la lumière da monde ; or, la condition de la lumière, c'est précisément de n'avoir pas besoin de témoignage autre qu'elle-même. C'est elle qui fait voir, et c'est par là même qu'elle se démontre : le témoignage de la lumière suffit à la lumière. Même dans l'ordre des relations humaines, il est des hommes que l'on croit sur parole, et le Seigneur, sans aucun doute, était de ceux-là. Néanmoins, il consent à discuter avec les Juifs. Moi, dit-il, alors même que je porte témoignage à mon sujet, mon attestatiozi mérite créance. J'échappe aux lois ordinaires, simplement parce qUe je suis le Fils de Dieu, sachant seul d'où je viens et où je vais. Cela, je le sais seul, et nul autre que moi ne peut enseigner aux hommes qui je suis.
« Mais cependant, pouvaient objecter les pharisiens, votre témoignage court risque d'être faussé par l'amour-propre et une estime irrégulière de vous-même? » Non, dit le Seigneur, j'ai conscience exacte de ce que je suis. Je ne juge persomic selon la chair, selon les apparences, et ce n'est pas selon la chair que je