‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 184 sur 340 · LE BON PASTEUR · texte numérisé non relu

LE BON PASTEUR

micre vue, on n'aperçoit que les traits, vulgaires, d'une scène pastorale sans éelat ; et notre jjensée y demeurerait inattentive si, dès le premier instant, le Seigneur n'usait de la formule solennelle : Amen, amen, dico vobis, pour nous avertir des mystères voilés par les emblèmes : la Synagogue infidèle, rejetée, abolie ; l'Église, qui lui succède ; le Pasteur de cette société nouvelle qui embrasse toute l'humanité.

Le thème de l'allégorie est d'une simplicité extrême : une bergerie, en pleine campagne. Autour du bercail où reposent les brebis, une muraille continue, couronnée d'épines. En un seul point, la clôture s'interrompt, coupée par une porte étroite donnant accès au pasteUr, aux brebis, mais solidement fermée contre les voleurs de nuit. Car les maraudeurs ne sont pas rares : loups et chacals rôdent autour de l'enceinte, y cherchant un défaut, et irrités par le bêlement des brebis. Un gardien veille à l'intérieur, non loin de la porte, qui ne s'ouvre qu'à bon escient. De cette donnée toute pastorale s'inspire l'ensemble que nous étudions.

Nous ne le comprendrons bien qu'à la condition de l'analyser et d'y reconnaître, non pas une seule parabole, mais trois petits tableaux paraboliques différents, formant triptyque : le premier, de 1 à 6, décrivant le mode régulier de l'accès au bercail ; le second, de 7 à 10, relatif à la porte du bercail ; le troisième, de 11 à 18, tout entier consacré à dessiner le vrai et unique Pasteur,

Il est possible d'entrer dans un bercail soit par escalade, soit à la faveur d'une brèche pratiquée à la muraille de clôture. Celui qui entre de la sorte se trahit par son procédé même : c'est un voleur ; il ne vient que jjour nuire. Le pasteur, lui, n'a nul besoin des voies furtives et détournées : tout est préparé pour lui. Il est désigné, prophétisé, connu d'avance ; le gardien de la porte, — que ce soit Moïse, que ce soit Jean-Baptiste, il n'importe, — lui ouvre dès qu'il se présente, le matin. Il est reconnaissable à ce premier indice qu'il entre par la voie normale, frayée pour lui. Tout l'Ancien Testament l'a préparé, l'a attendu, a donné son signalement. Encore, entrer par la porte n'est-il qu'un premier indice qui le désigne : il en est d'autres qui appartiennent à l'intimité du bercail. Sa voix est connue du gardien, elle est connue des brebis. Il leur parle, et appelle par leur nom, car il les connaît individuellement, les brebis que son Père lui a don-

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