ENSEIGNEMENTS AUX DISCIPLES ET MENACES AUX JUIFS
Mt., XIX. — ^ ...Et venit in fines Judaeae trans Jordanem, 2 Et secutae sunt eum turbae muliae, et curavit eos ibi.
Me, X. — 1... Venit in fines Judaeae ultra Jordanem; et conveniunt iterum turhae ad eum, et sicut consueverat itertim docebat illos.
Nous supposons qu'après la fête des Tabernacles et les discussions avec la Synagogue, le Seigneur se retire une première fois en Pérée.'Il vint, disent saint Matthieu et saint Marc, sur les confins de la Judée et de l'autre côté du Jourdain, sur la rive orientale. De nouveau, les multitudes s'assemblent autour de lui et l'accompagnent ; il les enseigne et guérit leurs malades.
Afin de ne pas morceler l'évangile de saint Luc, nous lirons d'un seul trait depuis le chapitre xi jusqu'au xviii^, en omettant toutefois quelques passages expliqués déjà.
Le, XI. — ^ Et factum est, eum esset in quodam loco orans, ut cessavit, dixit unus ex discipulis ejus ad eum : Domine, doce nos orare, sicut docuit et Joannes discipulos suos. ^ Et ait illis : Cum oratis, dicite : Pater, sanctificetur nomen tuum. Adveniat regnum tuum. 3 Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. * Et dimitte nobis peccata nostra, siquidem et ipsi dimittimus omni debenti nobis. Et ne nos inducas in tentationem. ^ Et ait ad illos : Quis vestrum habebit amicum, et ibit ad illum média nocte, et dicet illi : Amice, commoda mihi très panes, ® quoniam amiciis meus venit de via ad me, et non liabeo quod ponam ante illum; ' et ille deintus
:i34 CINQUIEME PARTIE. — CHAPITRE II
respondens dicat : Xoli mihi molestus esse ; jam ostium dausiim est, et piieri mei mecwn sunt in cuhili ; non possum surgcre, et dare tihi? ^ Et si ille perseveraverit pulsans, dico vobis, et si non dabit illi sur gens eo qiiod amicits ejus sit, propter improhitatem tamen ejus surget, et dabit illi qiiotquot habet necessarios. ^ Et ego dico vobis : Petite, et dabitur vobis : quaerite, et invenietis; pulsate, et aperietur vobis. ^° Omnis enim qui petit, accipit ; et qui quaerit, invenii ; et pidsanti aperietur. ^^ Quis aiitem ex vobis patrem petit panem, numquid lapidem dabit illi? Aut piscem, numquid pro pisce serpenteau dabit illi? ^^ Aut si petierit ovum, numquid porriget illi scorpionem? ^^ Si ergo vos, cum sitis mali, nostis bona data dare filiis vestris, quanto ma gis Pater v ester de caelo dabit spiritum bonum petentibus se !
L'évangéliste ne nous renseigne ni sur le lieu ni sur la date de cette i^rédication : « En un certain lieu, » dit-il. Le Seigneur venait d'ache^'e^ sa prière. Un des disciples s'apiDroche et lui demande : « Seigneur, apprenez-nous à iDrier, comme Jean l'a enseigné autrefois à ses discii^les. » Un maître en religion enseignait tout naturellement l'attitude que devait prendre l'homme en face de Dieu , et les rabbins célèbres communiquaient volontiers à leurs disciples certaines formules fixées par eux. Le Seigneur ne se dérobe pas à une demande si justifiée, et c'est alors qu'il jorononce le Pater. Saint Matthieu l'a inséré dans le Discours sur la montagne. Il est, du reste, des commentateurs qui supposent que le Seigneur a donné deux fois l'oraison par excellence ; elle est substantiellement la même de ]}axt et d'autre. Nous l'avons exi^liquéc déjà, « Lorsque vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié. Que votre règne arrive. Notre pain quotidien, donnez-le nous chaque jour. Et i^ardonnez-nous nos offenses, puisque nous aussi nous pardonnons à quiconque est notre débiteur. Et ne nous laissez pas tomber en tentation. » Il a été parlé ailleurs de la variante intéressante substituée à la seconde demande : « Que votre Esprit vienne sUr nous et nous sanctifie. » Là où saint Matthieu disait « nos dettes », saint Luc dit « nos péchés ». Peut-être la formule : « Ne nous induisez pas en tentation » reproduit-elle simplement une de ces expressions des langues sémitiques qu'il nous faut traduire sous ime forme adoucie, si nous voulons obtenir la vraie î^ensée de l'Écriture.
La prière chrétienne ne consiste pas dans l'énoncé rapide d'une