SONGE DE SAINT JOSEPH
nous », traduit révangéliste. Ce n'est pas le lieu de commenter la prophétie célèbre. Rappelons seulement que l'enfantement miraculeux d'une vierge avait été donné comme signe au roi Achaz, huit siècles auparavant. On ^a^•ait rassuré, contre tous les dangers qui menaçaient la maison de Juda, par cette divine garantie : Juda devait être la tige du Messie, le Messie ne pou^'ait manquer de venir ; donner à Achaz cette promesse, c'était montrer la vanité des menaces ennemies et lui assurer la durée.
Jamais nous ne songerons assez aux sentiments qu'éveillèrent dans 1:; cœur de Joseph les paroles angéhqlies. Dieu lui montra quelle place lui était faite dans son éternel dessein. Nous pressentons un peu la vénération nouvelle qu'il conçut i^our son épouse. Mère de Dieu, l'attitude d'adoration où il entra devant le Verbe fait chair qui venait se ranger sous sa tutelle et sous sa paternité : il devenait auprès de lui l'ombre créée du Père éternel. Mais surtout nous devinons l'abîme de silence et d'humilité où sa vie se perdit dès lors. L'Écriture n'a pas conservé une seule de ses paroles. C'était lui le chef de la Sainte Famille : il commandait, tel était son devoir ; la Sainte Vierge obéissait, le Seigneur aussi. Quelle vie ! quelle destinée ! Une joie silencieuse, profonde, mi recueillement infini ; et, ajjrès Bethléem, de longues années encore où il vit grandir chez lui, tout près de lui, le Fils de Dieu. C'est le travail obscur de ce patriarche qui a gardé au cœur de Notre-Seigneur JésUs-Clu-ist le sang qu'il voulait verser pour nous, le sang qu'il voulait nous donner dans l'Eucharistie. Comme on comjorcnd bien que ses lè\Tes demeurent scellées, tant son cœur frémit, tant son âme est pleine, à l'heure où, dans un regard d'admiration et de pieuse tendresse, il demande jDardon ù Dieu et à la Sainte Vierge de son inquiétude d'un instant. « Et Joseph, sortant du sommeil, fit comme l'ange du Seigneur lui avait ordomié et il garda son épouse. »
« Et il ne la connut point, tout le temps qui s'écoula jusqu'à ce qu'elle mit au monde son fils premier-né ; et il lui donna le nom de Jésus. » En toute cette question, répétons-le, il est décisif de remarquer que le dessein précis de l'éxangéliste est de nous parler de la conception et de la naissance virginale du Seigneur, et non d'autre chose. Or, la naissance virginale du Seigneur est un fait, et la perpétuelle virginité de sa Mère en est un autre.