‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 190 sur 340 · PARABOLE DES SERVITEURS VIGILANTS · texte numérisé non relu

PARABOLE DES SERVITEURS VIGILANTS

exacte. C'est vraiment Dieu qui nous a devances et qui descend à notre rencontre. Heureux si nous sommes prêts ! Tel est maintenant le thème adopté par le Seigneur dans les paraboles des serviteurs vigilants et fidèles (cf. Mt., xxiv, 42-51).

« Ayez une ceinture autour de vos reins, une lampe allumée dans la main. » C'est l'attitude de toute la vie chrétienne. La robe relevée et retenue par la ceinture convient à la marche empressée et rapide. Autour de vous, les gens du siècle se reposent ou s'amusent : mais vous, gardez l'allure qui convient à des serviteurs qui attendent leur maître. C'est en résumé la parabole des dix vierges, en saint Matthieu, xxv. Le maître est allé à un festin nuptial qui se prolonge dans la nuit ; il ne rentrera peut-être qu'à une heure avancée. Dès qu'il arrivera et frappera à la porte, soyez prêts à lui ouvrir. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera éveillés et attentifs à lui ! En vérité, je vous le dis, il se fera serviteur à son tour : il se ceindra lui-même, les invitera à se mettre à table, et passera au milieu d'eux pour les servir, pour leur donner de lui, — avec joie, avec tendresse, avec un sentiment de triomphe ; un instant il semblera se distraire de ses anges et de ses saints, afin d'être tout entier aux nouveauvenus. Peut-être se préscntera-t-il à la seconde veille, peut-être seulement à la troisième : heureux les serviteurs qu'il trouvera l'âme vigilante et dominant la fatigue du jour! Cette vigilance, cette attention à Dieu, est à ses yeUx d'un tel prix que le Seigneur, après nous y avoir jjortés par l'espoir de la récompense, en accentue encore la nécessité. Soyez assurés, nous dit-il, que si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ferait bonne garde et ne laisserait pas percer le mur de sa demeure. Vous aussi, tenez-vous prêts ; car c'est à l'heure où vous n'y songerez pas que paraîtra le Fils de l'homme. — Sa venue sera soudaine : aussi bien sa venue pour tous à la fin des temps, que sa venue pour chacune de nos âmes. La mort est souvent soudaine : elle est presque toujours inattendue. Il importe donc souverainement que nous soyons attachés à Dieu lorsque le Fils de l'homme se présentera; n'ajournons pas aux derniers moments : on ne nous dit même pas de nous préparer, mais d'être toujours prêts. Il n'y aura point de surprise pour ceux qui songent nuit et jour à « Celui qui vient » (Apec., i, 4).

3d. — I/ÉVANGILE DE N.-?. J.-C.

5i6 CINQUIEME PARTIE. — CHAPITRE H

Le, XII. — *^ AH ardem ei Petrus : Domine, ad nos dicis hanc parabolam, an et ad onines? '^^ Dixit autem Dominus : Quis, yutas, est fidelis dispensator, et prudens, quem constituit dominus supra famïliam siiam, ut det iîlis intempore tritici mensuram? ^^ Beatiis ille servus, quem, cum venerit dominus, invenerit ita jacientem. ^^ Vere dico vobis, quoniam supra omnia quae possidet constituet illum. ^^ Quod si dixerit servus ille in corde suo : Moram facit dominus meus venire ; et coeperit percutere servos et ancillas, et edere, et bibere, et inebriari ; ^^ veniet dominus servi illius, in die qiia non sperat, et hora qua nescit, et dividet eiim, partemque ejus cum infidelibus ponet. ^' Ille autem servus, qui cognovit voluntatem doniini sui, et non praeparavit, et nonfecit secundum voluntatem ejus, vapulabit multis ; ^^ qui autem non cognovit, et fecit digna plagis, vapulabit paucis. Omni autem cui multuni datum est, multum quaeretur ab eo ; et cui commendaverunt multum, plu^ pètent ab eo.

« Seigneur, demande saint Pierre, est-ce à nous que vous adressez cette parabole, ou bien à tous? » On peut admettre que saint Pierre, étonné de Thonneur que son Maître se propose de décerner aux serviteurs fidèles, interroge pour apprendre si telle sera la condition de tous. Il est naturel aussi de j^enser que la question porte sur l'ensemble : fidélité, vigilance et récompense divine. La situation des apôtres, qui aimaient, et l'habitude qu'avait Jésus de parler di^'erscment à ses disciples et aux foules, autorisaient la question de saint Pierre. Nulle réponse directe ne lui est pourtant fournie. Le Seigneur ne dit pas à saint Pierre ce que saint Pierre demandait, mais bien ce qu'il lui importait de savoir. Il n'y avait pas lieu ici d'établir une différence entre les apôtres et les foules. La réponse explicite eût été probablement celle-ci : Existe-t-il une créature humaine qui ne soit de Dieu, qui ne soit tenue de travailler pour lui, qui n'ait devant lui des ■charges et une responsabilité? Mais le Seigneur poursuit simplement son enseignement en indiquant les œuvres de vigilance que chacun devra accomplir. Comme au début de bien des paraboles, il emploie la forme interrogative afin de piquer l'attention et de provoquer les intelligences à découvrir elles-mêmes sa pensée.

Quel est donc le serviteur, l'économe fidèle et prudent, établi par le maître sur toute la maison, à charge de distribuer, en temps A'oulu, à ses coserviteurs, la ration à laquelle ils ont droit? Bienheureux le serviteur que son maître, lorsqu'il se présentera, trou-

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