‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 197 sur 340 · PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE

chant sans se lasser jusqu'à ce qu'elle trouve? Et quand elle a trouvé, elle convoque, elle aussi, ses amies et ses voisines : Réjouissez-vous avec moi, leur dit -clic, parce que j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue! De même, je vous le dis, il y a grande joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.

Le., XV. — ^^ Ait autem : Homo quidam habuit duos filios ; ^^ et dixit adolescentior ex illis potri : Pater, da mihi portionem substantiae quae me contingit. Et divisit illis substantiam. ^^ Et non post multos dies, congregatis omnibus, adolescentior filius peregre profectus est in regionem longinquatn, et ibi dissipavit substantiam suam vivendo luxuriose. ^* Et postquam omnia consummasset, facta est famés valida in regione illa, et ipse coepit egere. ^^ Et abiit, et adhaesit uni civium regionis illius, et misit illum in villam suam ut pasceret porcos. ^^ Et cupiebat implere ventrem suum de siliquis, qiias porci manducabant ; et nemo illi dabat. ^' In se autem reversus, dixit : Quanti mercenarii in domo patris mei abundant panibus, ego autem hic famé pereo ! ^^ Surgam, et ibo ad patrem meum, et dicam ei : Pater, peccavi in caelum et coram te; ^^ jam non sum dignus vocari filius tuus, fac me sicut unum de mercenariis tuis. ^o Et surgens venit ad patrem suum. Cum autem adhuc longe esset, vidit illum pater ipsius, et misericordia motus est, et accurrens cecidit super collum ejus, et osculatu^ est eum. ^^ Dixitque ei filius : Pater, peccavi in caelum et coram te, jam non sum dignus vocari filius tuus. -^ Dixit autem pater ad servos suos : Cito proferte stolam primam et induite illum, et date annulum in manum ejus, et calceamenta in pedes ejus; ^^ et addu^ite vitulum saginatum, et occidite ; et manducemus et epulemur : ^^ quia hic filius meus mortuus erat, et revixit; perierat, et inventus est. Et coeperunt epulari. -^ Erat autem filius ejus senior in agro ; et cum veniret et appropinquaret domui, audivit symphoniam et chorum ; ^^ et vocavit unum de servis, et interrogavit quid haec essent. ^' Isque dixit illi : Frater tuus venit, et occidit pater tuus vitulum saginatum, quia salvum illum recepit. ^s Jndignatus est autem, et nolebat introire. Pater ergo illius egressus, coepit rogare illum. ^^ At ille respondens, dixit patri sua : Ecce tôt annis servio tibi, et nunquam mandatum tuum praeterivi, et nunquam dedisii mihi haedum ut cum amicis meis epularer ; ^^ sed postquam filius tuus hic, qui devo-

ofi6 CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE III

ravit siibstautîam suam cum mereiricihus , venit, occidisti illi vitulum sogi nation. ^^ At ipse dixit illi : Fili, tu seniper memim es, et omnia mea tua sunt. ^^ Epulari autem et gaudere oportebat, quia f rater tuus hic moHuus erat, et revixit ; perierat, et inventiis est.

Après les paraboles de la brebis et de la drachme perdues, celle de l'enfant prodigue. Rien ne nous assure que ces trois jDaraboles aient été prononcées ensemble : c'est peut-être leur analogie qui a déterminé l'écrivain sacré à les réunir dans son récit. Après s'être défendu et justifié dans les deux premières, le Seigneur, dans celle-ci, propose Un enseignement nouveau et typique. Les précédentes nous parlaient seulement de la grâce et de l'amour de Dieu, mais ni la brebis perdue, ni la drachme retrouvée ne donnaient place au repentir. La troisième parabole, sans laisser aucunement dans l'ombre la tendresse di"sine, nous montre la contrition et l'humilité qui doivent être au cœur du pécheur. C'est l'évangile de l'évangile, a-t-on dit. Le fils prodigue, ce sont les publicains, les pécheurs, les gentils, tous ceux, en tm mot, que méprise comme souillés l'orgueil de la Sjmagogue ; l'aîné, ce sont les pharisiens et les Juifs. La parabole de l'enfant prodigue appartient en propre au disciple de saint Paul, à lévangéliste de la gentilité; on peut la rapjDrocher de la doctrine si formelle de l'Apôtre sur l'amour universel et enveloppant du Seigneur (Romains, Galates, Éphésiens) : l'Incarnation et la Rédemption ont effacé toutes distinctions, et recueilli la famille humaine entière en Notre-SeigneUr Jésus-Christ. — Le j^éché, le repentir, le retour : tels sont les trois actes du petit drame.

Un homme avait deux fils. Le plus jeune, — le plus accessible à la passion et à l'erreur, — vient réclamer sa part d'héritage : « Père, donnez-moi la part de bien qui me revient. » C'est, d'après le Deutéronome (xxi, 17), le tiers de la fortune paternelle : les deux autres tiers revenaient à l'aîné. Parfois le partage se faisait du vivant du père. Les enfants devaient pourvoir alors à la subsistance de leurs parents ; mais le partage une fois accompli était irrévocable. C'est contre les chances impliquées dans cette mesure que l'Ecclésiastique mettait en garde un père trop confiant (xxxiii, 19-22). La demande du jeune fils témoigne d'un désir immédiat et immodéré de liberté. Le père s'y soumet, cependant : il attribue à chacun ce qui hii revient ; l'aîné demeurera

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