‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 202 sur 340 · PARABOLE SUR LA TACHE DU SERVITEUR · texte numérisé non relu

PARABOLE SUR LA TACHE DU SERVITEUR

obéirait. » Nous avons une réflexion de même nature dans saint Matthieu (xvii, 19; xxi, 21) et dans saint Marc (xi, 21-23). On était peut-être au bord de la mer de Galilée, et le Seigneur pouvait désigner du geste un arbre voisin : dicetis huic arbori. La foi que sollicitent les apôtres, et que le Seigneur déclare toute-puissante, est une foi plus qu'ordinaire : c'est l'appui de l'âme entière sur Dieu, la confiance absolue en lui. D'une telle foi, il suffirait, pour accomplir ou obtenir des prodiges, de posséder seulement la valeur d'un grain de sénevé : « la plus petite de toutes les semences, » a dit ailleurs Jésus, mais douée d'une telle vigueur native, qu'elle devient semblable à un arbre (Mt., xiii, 31-32).

•Après cette leçon sur la foi, une rapide parabole, propre à saint Luc, sur la tâche du serviteur. Il n'est aucunement nécessaire de considérer ces quatre versets comme s 'adressant aux seuls disciples ; la matière même laisse entendre que c'était aux riches et aux gens aisés de l'auditoire que parlait le Seigneur. Vous avez, dit-il, un esclave à la charrue ou qui garde les troupeaux ; il rentre des champs : quel est celui d'entre vous qui s'empresse auprès de lui et lui dit : « Venez vite, et mettez-vous à table ! » Ne lui dira-t-il pas plutôt : « Préparez-moi à souper, relevez votre tunique, ceignez vos reins, et servez-moi, jusqu'à ce que j'aie fini de manger et de boire ; après quoi, vous mangerez et boirez, à votre tour. » C'est la condition de l'esclave : il fait à toute heure ce qu'on lui commande. Son maître lui témoignera-t-il de la reconnaissance, aura-t-il pour lui des attentions spéciales parce qu'il a accomiDli la tâche prescrite? Non, n'est-ce pas? Il en est de même pour vous : lorsque vous avez accompli tout ce qui vous était prescrit, dites-vous : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; ce que nous devions faire, nous l'avons fait. » — Cette leçon d'humilité n'est-elle pas surtout à l'adresse des pharisiens? Alors même que nous aurions accompli, ponctuellement, tout notre devoir, — et qui donc peut s'en flatter? — nous n'avons aucun titre à prendre devant Dieu une attitude satisfaite, avantageuse, ni à réclamer une récompense spéciale. Le serviteur qui veut plaire à son maître et entrer dans sa faveur ajoute quelque chose à son service obligé. Nisi ahundaverit justitia vestra 'plus quam scriharum et 'pharisaeorum, non intrahiiis in regnum caelorum (Mt., V, 20. Voir la parabole des mines : Le., xix, 11-27 ; I Cor., IX, 18).

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