LA SAINTE FAMILLE
Mt., II. — ^ Cum ergo natus esset Jésus in Bethleliem Juda, in diebus Herodis régis, ecce M agi ah Oriente venerunt Jerosolymam, * dicentes : Ubi est qui natus est rex Judaeorum? vidimus enim stelîam ejus in Oriente, et venimus adorare eum. ^ Audiens auiem Herodes rex, iurbatus est, et omnis Jerosolyma cicm illo. ^ Et congregans omnes jJrincipes sacerdotum et scribas jjopuli, sciscitabatur ab eis ubi Christus nasceretur. ^ At illi dixerunt ei : In Bethleliem Judae ; sic enim scriptum est per prophetam : ^ Et tu Bethlehem, terra Juda, nequaquam minima es in principibus Juda ; ex te enim exiet dux, qui regat populum nieum Israël. " Tu7ic Herodes, clam vocatis M a gis, diligenter didicit ab eis tempus stellae quae apparuit eis. ^ Et mittens iïlos in Bethleliem., dixit : Ite, et interrogâte diligenter de puero ; et cum inveneritis, renuntiate mihi, ut et ego veniens adorem eum. ^ Qui cum audissent regem, abierunt. Et ecce Stella quam viderant in Oriente, antecedebat eos, usque dum veniens siaret supra, ubi erat puer, i" Videntes autem stellam, gavisi sunt gaudio magno valde. ^^ Et intrantes domum, invenerunt puerum cum Maria maire ejus, et procidentes adoraverunt eum ; et apertis thesauris. suis, obtulerunt ei munera, aurum, thus et myrrham. ^^ Et responso accepta in somnis ne redirent ad Hero' dem, per aliam viam reversi sunt in regionem suam.
Sans doute, Témoi qui s'est produit dans Bethléem, à la naissance du Seigneur, s'est limité à la petite ^'ille ; Témotion causée à Jérusalem n'a pas franchi le cercle étroit de ceux qui attendaient la consolation d'Israël et n'a pas encore atteint les régions de la politique. La politique vivait, comme toujours, très éloignée de ces espoirs d'âmes pieuses. A cette époque, la Judée
6i PREMIERE PARTn. — CHAPITRE IV
tout entière était réunie sous le sceptre d'Hérodc le Grand, fils d'Antipater ; l'empereur Octave Auguste l'avait confirmé dans son titre de roi, après la bataille d'Actium (723 de Rome). Iduméen par son père, Arabe par sa mère, Hérode ne pouvait se flatter de continuer la lignée des Macchabées, ni la race de Juda. Un pouvoir Usurpé est toujours craintif et souvent cruel. Hérode avait trois industries pour maintenir son trône : l'ajDpui de Rome, dont il était le vassal obséquieux ; la faveur qu'il témoignait aux Juifs en relevant le temple et en semant la Judée d'édifices magnifiques ; enfin, la férocité sanguinaire, qui n'épargnait même pas sa famille. Nous savons par Josèphe qu'il fit périr sa femme Mariamine, Alexandra, sa belle-mère, ses trois fils Aristobule, Alexandre et Antipater, son oncle Joseph et son beau-frère Costobar ; qu'il fit massacrer nombre de j^harisiens, et, avant de mourir, donna des ordres pour une hécatombe de notables, dans l'hippodrome de Jéricho. Selon Macrobe, Auguste aurait fait sur lui l'effroyable jeu de mots : IMieux vaut être le porc d'Hérode que son fils : uv, ulov.
C'est donc sous le gouvernement d'Hérode que Jésus naquit, à Bethléem de Judée. Bethléem est l'ancienne Ephrata, la cité de David, qu'il ne faut pas confondre avec une autre Bethléem, située dans la tribu de 2kbulon, dans le voisinage de la mer de Tibériade. « Voici que des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem. » Nous ne saurions dire exactement d'où ils vinrent, ni déterminer leur qualité, leur nombre et leurs noms. Saint Matthieu n'a pas jugé bon de nous conserver ces détails ; ce qui l'intéresse, c'est le fait extraordinaire de la gentilité accourant sans retard au berceau du Messie, réalisant la prédiction d'Isaïe et des Psaumes (Is., lx ; Ps. lxxi). Notons toutefois que l'évangéliste ne mentionne j^as ici l'accomplissement des prophéties, comme c'est pourtant sa coutume, et comme le fait notre liturgie de l'Epiphanie. Ils viennent de l'Orient : ce qui peut signifier ou l'Arabie, ou la Perse, ou la Chaldée. Combien étaient-ils? On a dit douze ; mais on a préféré en général le nombre trois, à cause des trois présents. A l'origine, les Mages formaient une caste sacerdotale, chez les Mèdes et les Perses. Nous les trouvons ensuite en Chaldée ; parmi les officiers que Nabuchodonosor envoie assiéger Jérusalem, sous Sédécias, il y a un Rab-Mag, c'est-à-dire un Grand-Mage (Jerem., xxxix, 3) ; Daniel lui-même fut décoré de ce titre (Dan., ii, 48), De même que chez presque