‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 22 sur 340 · LA VISITE DES MAOES · texte numérisé non relu

LA VISITE DES MAOES

tous les anciens, cette classe sacerdotale a^•ait le monopole des sciences sacrées et profanes, parmi lesquelles l'astronomie, — ■ l'astrologie sou^■ent, — tenait un rang d "honneur. Les Mages étaient les sages, les savants, les conseillers du prince, de grands personnages par conséquent. Qu'ils fussent rois, ceux qui vinrent à Bethléem, rien ne le prouve, sinon une interprétation trop littérale du Psaume lxxi. Naturellement, c'est dans la capitale qu'ils se présentent, là où demeure, selon eux, la famille régnante ; c'est là qu'ils ont chance de rencontrer le petit roi des Juifs.

Leur naïveté est admirable. Puisqu'ils sont renseignés, eux, comment tout le monde ne le serait-il pas à Jérusalem? Us demandent donc aussitôt : « Où est le roi des Juifs qui %aent de naître? » Et ils donnent les motifs de leur lointain voyage : « Nous avons vu son astre en Orient, et nous sommes venus l'adorer. » Il est probable que les Mages, avant toute indication providentielle, avaient entendu parler des espérances juives en un Messie conquérant ; nous savons par Suétone et Tacite le vague pressentiment qui existait alors. Peut-être quelques Juifs de la Dispersion leur avaient-ils appris et commenté la fameuse prophétie de Balaam, où le Messie est figuré par une étoile : « Je le vois, mais non comme présent ; je le contemple, mais non de près : une étoile sort de Jacob et un sceptre se lève d'Israël » (Num., XXIV, 17). Ajoutons que les Mages pouvaient être préparés par leurs observations astronomiques à découvrir une liaison entre un astre déterminé et la naissance d'un grand roi des Juifs. Même sans leur décerner un brevet d'astrologie, pourquoi leur refuser cette créance commune aux anciens et qu'ont partagée plusieurs de nos scolastiques et sainte Thérèse : à savoir que le monde physique et le monde historique ont ensemble des rapports ; qu'il y a un lien d'unité entre eux ; qu'ils sont calculés et en quelque sorte gradués l'un sur l'autre ; que les manifestations sidérales signalent parfois des événements humains ? Ce qui n'est jDas douteux, c'est qu'une lumière intérieure de l'Esprit de Dieu se surajouta, dans l'âme des Mages, aux informations recueillies d'ailleurs, et qu'une iDcnsée de foi leur fit prendre aussitôt le chemin de Jérusalem. « Nous avons vu, et nous sommes venus » : il semble qu'il n'y ait eu chez eux aucune hésitation.

Mais encore, de quelle nature était le phénomène astronomique qui leur fut un indice? On a épuisé toutes les hypothèses. On a

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