LA RESURRECTION DE LAZARE
Jo., X. — ^- Facta sunt autem Encaenîa in Jerosolymis; et hiems erat. ^^ Et amhulahat Jésus in templo in porticu Saîomonis. -* Circumdederunt ergo eum Judaei, et dicehant ei : Quousque animam nostram tollis? Si tu es Christus, die nobis palam. ^^ Respondit eis Jésus : Loquor vohis, et non creditis. Opéra, quae egofacio in nomine Patris mei, haec testimonium perhibent de me. -^ Sed vos non creditis, quia non estis ex ovibus mets. -^ Oves meae vocem meam audiunt ; et ego cognosco eas, et sequuntur me. ^^ Et ego vitam aeternam do eis, et non peribunt in aeternum, et non rapiet eas quisquam de manu mea. ^^ Pater meus, qaod dédit mihi, majus omnibus est ; et nemo potest rapere de manu Patris mei. ^° Ego et Pater unum sumus.
Deux mois environ séparent la Scénopégie de la fête de la Dédicace, appelée aussi Encaenia, ou encore fête des Lumières. Elle se célébrait vers la fin de décembre. On peut relire au livre III des Rois, chapitre v à viii, l'histoire du temple de Salomon. Après la captivité, il a^•ait été rebâti ■par Zorobabel ; Hérode, pour flatter les Juifs, sétait appliqué à lui rendre sa magnificence première. On y avait consacré près d'mi demi-siècle de travaux, et l'œuvre n'était pas terminée encore. Sans doute afin que ce nouveau temple n'eût rien à envier à l'ancien, on avait restitué le « portique de Salomon ». Mais la fête des Encaenia n'a pour objet de célébrer ni la dédicace du temple de Salomon, ni celle du temple de Zorobabel : elle a simplement pour dessein de perpétuer le souvenir de la purification accomplie par Judas Macchabée (I Mach,, iv, 42-58 ; II Mach., i, 18-36 ; x, 1-8), après trois ans de profanation.
Le Seigneur était arrivé à Jérusalem j^our la fête. C'était l'hiver, remarque saint Jean. JésUs se promenait sous le portique de Salomon, à l'est du temple, lorsque les Juifs l'entourent et l'interrogent : « Pourquoi tenir davantage notre esprit en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-le donc ouvertement. » La fête de la Dédicace, qui rappelait la chute d'Antiochus Éj^iphane et les victoires des Macchabées, réveillait les espérances nationales ; quelques-uns peut-être interrogeaient avec droiture et se demandaient si l'heure de l'affranchissement était enfin venue. A ceux qui ne veulent pas croire, comme à ceux qui attendent un règne de DieU tout terrestre, le Seigneur fait la même réponse : Que de fois je vous ai dit ce que je suis ! Que de fois vous l'ont prouvé ces œuvres que je fais au nom de mon Père, et qui montrent que je suis son Fils ! Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. — Si les Juifs ne se rendent ni aux paroles, ni aux miracles du Seigneur, la caUse en est dans leurs dispositions intimes, dans l'esclavage volontaire que leur créent les préjugés ou la haine. Il faudrait, pour croire, apporter à l'école du Seigneur une intelligence docile et confiante ; en un mot, il faudrait être Une brebis du Seigneur.
Telle est, en effet, la condition des vraies brebis. Elles obéissent à la voix de leUr pasteur, et leUr pasteUr les connaît, et elles le suivent. Le Seigneur, une fois de plus, revient à ces invitations tendres au prix desquelles il s'efforce d'attirer à lui les hommes par le souci de leur intérêt surnaturel. Être à Dieu, être la brebis d'un tel pasteur, être enseigné de lui, être connu de lui, le suivre partout ; et, grâce à lui, être assuré de vivre éternellement, sans que personne au monde puisse nous ravir à lui : n'y a-t-il pas dans ces perspectives de quoi lui amener les âmes et les lui attacher à jamais? « Et je leur donne la vie éternelle, ajoutc-t-il, et elles ne périront point, et nul ne les arrachera de mes mains. » Et, comme ces dernières paroles contenaient l'affirmation de sa toute-puissance, le Seigneur la fait remonter à son Père, de qui il la reçoit, mais de qui il la reçoit comme Fils, dans l'unité de nature. D'où vient la sécurité des brebis? D'où vient la sérénité du pastcur? « Ce que mon Père m'a donné est plus puissant qUe toutes choses » : c'est donc la toute-puissance qui est aux mains du Fils ; « et nul ne peut ravir les âmes des mains de mon Père » : c'est donc la même toute-puissance qui est aux mains du Père. La conclusion naissait d'elle-même du jeu