‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 215 sur 340 · LÉVANGILE DE N.-S. J.-C · texte numérisé non relu

LÉVANGILE DE N.-S. J.-C

6d0 CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE V

de la rci^rodliire, le Seigneur montre combien pe\i sont recevables ses enneiTiis et combien justifié le témoignage qu'il se rend à lui-même. Dans la Loi juive, au Psaume lxxxi, il est écrit des magistrats de l'Ancien Testament qu'ils sont des dieux, des fils du Très-Haut. On ne peut, dit le Seigneur, ni contester ni effacer cette parole de l'Écriture que Dieu lui-même adresse à des hommes. Ils sont hommes, et ils sont dieUx aussi. Pourquoi dieux? Simplement parce qu'ils ont communié à Dieu, par l'investiture qu'il leur a donnée de sa vérité et de son autorité; à raison, par conséquent, d'une participation accidentelle, limitée, temporaire, à l'un de ses attributs divins. Et lorsque celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde dit de luimême : « Je suis le Fils de Dieu, » vous l'accusez de blas^Dhème? — Ne croyons pas que le Seigneur adoucisse ou atténue la vérité, ni qu'il réduise sa filiation di\'ine à ]a mesure de cette filiation adoptive reconnue à d'autres par l'Écriture. Non ; jamais, au contraire, on n'a raisonné plus rigoureusement, et toutes les paroles du Seigneur contiennent une solennelle confirmation de ce qu'il a dit plus haut( verset 30). Parce qu'ils ont communié accidentellement à la parole et au pouvoir de Dieu, on a donné aux juges le titre de dieux par participation : dans le cas présent, la condition est tout autre. Il y a ici quelqu'un qui est de la Sainte Trinité. Le Père l'a sanctifié par la communication de sa sainteté infinie et aussi en le destinant éternellement à l'œuvre rédemptrice qu'il devait accomplir. Puis, dans le temps, il a, de son titre de Père, envoyé dans le monde celui qui reposait et continue de reposer dans son sein ; celui-là se nomme lui-même le Fils de Dieu : qui pourrait lui contester le titre qu'il se donne? Aussi bien, le Seigneur fournissait-il une preuve irrécusable de sa jDarole, une démonstration de sa filiation. Nous l'avons entendue déjà plus d'une fois. Celui qui n'est que Fils, qui n'agit que comme tel, accomplit les œuvres de son Père ; c'est le Père qui agit en lui et par lui. Étaient-ce des œu\Tes divines et dignes du Père, celles que le Seigneur accomplissait depuis si longtemjjs au milieu des Juifs? Dès lors, comment refuser de croire? S'il vous est difficile de me croire sur parole, ajoute Jésus, croyez à mes œuvres : elles vous apprendront, et de jour en jour vous croirez davantage que mon Père est en moi, que je suis dans mon Père ; que nous sommes deux, — et que nous sommes un, par la nature, par l'union vitale qui existe entre nous, par l'inhabi-

Page 1