‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 216 sur 340 · JÉSUS SE RETIRE EN PÉRÉE · texte numérisé non relu

JÉSUS SE RETIRE EN PÉRÉE

tation et l'inexistence mutuelle du Fils dans le Père, du Père dans le Fils.

Jo., X. — 39 Quaerebant ergo eum apprehe?ulere; et exivit de manibus eorum. *'^ Et ahiit iterum irons Jordanem, in eum locum ubi erat Joannes baptizans primum : et mansit illic. ^'^ Et multi veneruni ad eum, et dicebant : Quia Joannes quideni signum fecii nullum ; *^ omnia autem quaecwnque dixit Joannes de hoc, vera erant. Et multi crediderunt in eum.

Il était facile aux Juifs de constater que le diaidoyer du Seigneur ne retirait rien de ce qu'ils considéraient comme un blasphème ; aussi persévèrent-ils dans leur dessein de s'emparer de lui. Mais, une fois encore, le Seigneur déjoue les calculs de ses ennemis. A l'instant même où ils croyaient réussir, il s'échappa de leurs mains, dit l'évangéliste ; ce n'était pas là le genre de mort qu'il avait choisi.

Il sortit aussi de Jérusalem et se retira de nouveau au delà du Jourdain, là où Jean avait baptisé tout d'abord : or, Jean avait baptisé à Béthanie d'abord, puis à Ennon. Le ministère du Seigneur s'achèvera donc là même où il a commencé. Nous avons reconnu plus haut qu'après la fête de la Scénopégie, le Seigneur avait pu se retirer en Pérée, sur la rive orientale du Jourdain : c'est peut-être à ce premier séjour que fait allusion ici Viterum de l'évangéliste (verset 40).

Jésus passe en^'iron deux mois dans cette région, toute pleine encore du souvenir du Précurseur. Rien ne ressemble moins à un empressement fiévreux que la conduite actuelle du Seigneur, Au lieu de chercher l'occasion de frapper un grand coup, il se retire dans une solitude relative et se voue à un apostolat obscur. Un grand nombre de Juifs, cependant, vinrent à lui. On se souvenait de Jean-Baptiste, de sa sainteté si humble et si éclatante, du témoignage qu'il avait rendu au Messie. Et tous disaient : Sans doute, Jean n'a jDas fait de miracles, — l'office de cet Élie était seulement d'orienter les âmes vers le Messie; — mais tout ce qu'il a dit de Jésus était exact. Et beaucoup crurent au Seigneur.

Jo., XI. — ^ Erat auteni quidam languens, Lazarus a Bethania, de castello Mariae et Marthae, sororis ejus. ^ Maria autem erat, quae unxit Dominum unguento, et extersit pedes ejus capillis suis : cujus frater Lazarus infirmabatur. ^ Miserunt ergo sorores ejus ad eum, dicentes : Domine, ecce quem amas infirmatur. * Audiens autem Jésus dixit eis : Infirmitas haec non est ad mortem, sed pro gloria Dei, ut glorificetur Filius Dei per earyi. ^ Diligebat autem Jésus Martham, et sororem ejus Mariam, et Lazartim. ^ Ut ergo audivit quia infirmabatur, tune quidem mansit in eodem loco duobus diebus. ' Deinde post haec dixit discipulis suis : Eamus in Judaeam iterum. ^ Dicunt ei discijmli : Rabbi, nunc quaerebant te Judaei lapidare, et iterum vadis illuc? ^ Respondit Jésus : Nonne duodecim sunt horae diei? Si quis ambulaverit in die, non offendit, quia lucem hujus mundi videt ; ^" si autem ambulaverit in nocte, offendit, quia lux non est in eo. ^^ Haec ait, et post haec dixit eis : Lazai'us amicus noster dormit ; sed vado ut a somno excitem eum. ^^ Dixerunt ergo discijjuli ejus : Domine, si dormit, salvus erit. ^^ Dixerat autem Jésus de morte ejus; illi autem putaverunt quia de dormitione somni diceret. ^^ Tune ergo Jésus dixit eis manifeste; Lazarus mortuus est ; ^^ et gaudeo pr opter vos, ut credatis, guoniam non eram ibi. Sed eamus ad eum. ^® Dixit ergo Thomas, qui dicitur Didymus, ad condiscipulos : Eamus et nos, ut moriamur eum eo.

Le conflit qui s'est élevé depuis longtemps entre le Seigneur et la Synagogue parvient maintenant à son heure la plus aiguë, avec deux événements qui précipitent le dénouement meurtrier, en portant jusqu'à l'exaspération la haine des pharisiens : la résurrection de Lazare, et l'entrée triomphale à Jérusalem.

Le Seigneur était en Pérée depuis deux mois environ lorsque lui vint de Eéthanie un message : Lazare est malade. Béthanie est cette bourgade voisine de Jérusalem où demeuraient avec Lazare ses deux sœurs, Marie et Marthe. C'est la ijremière fois que saint Jean nous présente ces personnages ; mais il les suppose connus des fidèles par l'évangile de saint Luc (vu, 37 ; viii, 2 ; X, 39) et par les récits de la Passion. Nous nous hasardons à penser que Marie de Magdala, et la pécheresse, et Marie, sœur de Marthe et de Lazare, ne sont pas trois personnes, ni deux personnes, mais une seule. Aussi bien, saint Jean nous fait-il remarquer que Marie, dont le frère était malade, était cette même femme qui avait versé sur Jésus une onction de myrrhe et

Page 1