‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 217 sur 340 · JESUS SE DIRIGE VERS BETIIAME · texte numérisé non relu

JESUS SE DIRIGE VERS BETIIAME

essuyé les pieds du Seigneur avec ses cheveux. Il est vrai qu'au chapitre xii sera décrite une onction dont saint Jean a pu nous parler ici par anticipation ; mais il n'est aucunement étranger aux habitudes de Févangéliste de faire allusion à des faits qui n'ont été rapportés que par les s\Tioptiques. — Au cours de la maladie, les deux sœurs ont fait avertir le Seigneur ; leur message était confiant, délicat, soumis : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Lazare n'est désigné que par l'affection du Seigneur pour lui. D'ailleurs, aucune demande formelle. Cela ressemble à la prière de Notre-Dame : « Ils n'ont plus de vin. »

Le Seigneur écoute le message sans paraître s'en émouvoir. La maladie de Lazare ne provoque chez lui que la réflexion faite au sujet de l'aveugle-né : la cécité ou la maladie n'ont d'autre dessein que de glorifier et de manifester Dieu ; l'issue prévue n'est pas la mort. La tranquillité de cette remarque ne vient nullement de l'indifférence, car le Seigneur, dit saint Jean, aimait les deux sœurs et Lazare leur frère. Mais il aimait comme l'Homme-Dieu aime, avec une admirable soumission à la souveraineté de son Père et avec la sérénité d'une âme qui se repose en lui. Il les aimait, il savait que Lazare était très souffrant, une journée de voyage eût suffi pour se rendre auprès d'eux; il demeura néanmoins deux jours là où il était et laissa la mort le devancer. Ce ne fut que deux jours après le message qu'il dit aux disciples : Retournons en Judée.

Il est très naturel que les disciples n'aient rien compris à cette résolution soudaine de leur Maître. La prière des deux sœurs ne l'avait pas déterminé ; il avait dit, dans un sens connu de lui, que la maladie de Lazare n'était pas pour la mort : et voici qu'il parle maintenant de retourner dans cette Judée pour lui toute semée de périls ! Il y avait, dans ce concours de circonstances, de quoi déconcerter une pensée ferme. Ajoutons que les apôtres couraient les mêmes risques que le Seigneur. On s'explique dès lors leur étonnement : « Comment, Maître, en Judée? ^lais, il n'y a qa'un moment, les Juifs voulaient vous lapider, et vous pensez y retourner? » Le Seigneur les rassure. Maintes fois saint Jean nous a fait remarquer que les embûches des Juifs avaient échoué parce que l'heure du Seigneur n'était pas venue. Au chapitre ix (4-5; cf. Le, xiii, 32-33), Jésus lui-même avait parlé, en termes voilés, d'une période définie, au cours de laquelle il était la lumière du monde et devait accomplir, tandis qUe

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durait le jour, les œuvres à lui confiées par son Père. Il semble qu'il veuille ici reprendre la même pensée. Rien n'est à craindre, ni pour lui, ni pour eux : pour lui, puisqu'il agit au grand jour de la volonté de son Père ; pour eux, puisqu'ils sont avec lui. « La journée du mercenaire n'est-elle pas de douze heures? » Il n'y a de j^éril que pour celui qui marche dans les ténèbres, et qui se heurte à l'obstacle, parce qu'il n'a point la lumière en lui. Et, pour triompher des dernières répugnances de ses apôtres, le Seigneur leur donne enfin le motif de sa détermination : « Lazare, notre ami, dort son sommeil, allons le réveiller. » Soit parce que la mort n'est que sommeil, au regard de Dieu qui nous réveillera ; soit parce que la mort de Lazare ne devait être que de quelques jours, le Seigneur parle non de mort, mais de sommeil : c'est pourtant un sommeil spécial, puisqu'il veut retourner en Judée pour en tirer son ami... Les disciples ne comprennent pas. Est-ce que Jésus n'avait pas dit que cette infirmité n'était point pour la mort? Dès lors, pourquoi donc aller s'exposer aux dangers de la Judée? Et ils détournent encore, mais plus faiblement, leur Maître de son dessein : « Seigneur, si Lazare dort, c'est donc que la crise est passée, la fièvre tombée, il est sauvé... » On voit le malentendu créé par les i^aroles énigmatiques du Seigneur. C'est alors que Jésus leUr dit sans ambages : Lazare est mort, et je me réjouis pour vous, non certes du trépas de Lazare, mais des circonstances de son trépas, telles qu'elles ont été disposées par Dieu. Votre foi grandira de ces circonstances. Si je m'étais rendu à Béthanie, j'aurais guéri un malade, simplement. Ce que vous verrez portera votre foi à son achèvement. Maintenant, allons vers Lazare. — On voit bien que les craintes des disciples étaient réelles, et non encore évanouies. L'intervention de l'un d'eux les détermine. Saint Thomas a un fort bon mouvement : Nous ne pouvons laisser le Seigneur partir seul ! Allons, nous aussi, et mourons avec lui, s'il le faut.

Jo., XI. — ^' Venit itcique Jésus, et invenit eum quatuor Mes jam in monumento hahentém. ^^ Erat autem Bethania juccta Jerosolymam quxisi stadiis quindecim. ^® Multi autem ex Judaeis vénérant ad Martham et Mariam, ut consolarentur eas de fratre suo. 20 Martha ergo, ut audivit quia Jésus venit, occurrit illi ; Maria autem domi sedehat. ^'^ Dixit ergo Martha ad Jesum :

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