L'ÉVANGILE DE X.-S. J.-C
dit une comète ; une étoile fixe, qui attire d'abord l'attention des Mages, dis2:)araît, réapparaît entre Jérusalem et Bethléem, et s'éteint ; ou bien un météore, créé tout exjDrès par Dieu, et guidant les pèlerins comme le faisait, au désert, la colonne de feu ; ou bien encore le résultat d'une conjonction planétaire ; et Kepler, aj^rès avoir obser\ é en 1604, au pied du Serpentaire, la formation d'une étoile très brillante, née de la conjonction de Saturne, Jupiter et Mars, calcula qu'un i^hénomène analogue s'était i^roduit en l'an de Rome 747 et proposa d'y reconnaître rétoile des Mages. Le lecteur peut choisir, ou trouver mieux.
La nouvelle de l'ambassade des Mages parvint à Hérode. « Un roi des Juifs, qui est Jié ! qui est né roi, alors que je ne suis qu'un usurpateur ! » Rien ne pouvait l'effrayer davantage. Il est dit que Jérusalem fut troublée avec lui, mais par un sentiment tout différent : le peuple, mal gouverné, avide de révolution, devait accueillir la nouvelle avec un empressement joyeux, quoique contenu. Hércde prend toutes ses sûretés. Il se garde bien de faire un éclat et de se déclarer aussitôt. Il réunit le Sanhédrin, sans doute en assemblée plénière des soixante et onze membres : princes ou chefs des prêtres, scribes et anciens, — encore que saint Matthieu ne signale que les deux premières catégories. Hérode s'informe auprès d'eux de l'endroit exact où doit naître le Clu'ist, en faisant observer loeut-être que divers indices annoncent sa venue j^rochaine, mais sans mettre officiellement les Mages en cause, sans charger le Sanliédrin d'ime enquête. Il semble que sa question soit simplement théorique ; c'est un problème d'exégèse qu'il propose aux prêtres qui représentent la tradition et aux scribes qui représentent la science. Il ne leur annonce ni que le Christ est né, ni que le Chi'ist est tout près de Jérusalem, et il dirige son enquête avec une j^rudence consommée. On voit bien que, dans la pensée d 'Hérode, le « roi des Juifs » et «le Christ», c'est un même personnage, puisque les Mages ont parlé de l'un et qu'Hérode interroge sur l'autre. La réponse est précise et accompagnée de sa preuve : « A Bethléem de Judée ; car voici ce qui est écrit dans le prophète Michée : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es certes pas la moindre parmi les villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël mon peuple » (v, 2). Saint Matthieu a paraphrasé un peii le texte original, mais sans modifier le sens général de la prophétie.
Après avoir éclairé la question de doctrine, Hérode s'efforce