‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 220 sur 340 · RÉSURRECTION DE LAZARE · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DE LAZARE

met de ijrier, mais, comme Fils de Dieu, il est toujours exaucé. Il a conscience de sa filiation et de la tendresse du Père ; mais il remercie au nom et à cause du peuple de Jérusalem qui l'entoure et pour qui le miracle sera une preuve éclatante de sa mission divine. « Père, je vous rends grâces parce que vous m'avez écouté. Pour moi, je savais bien que volis m'écoutez toujours; mais c'est à cause du peuple qui nous entoure, afin qu'il croie que c'est vous qui m'avez envoyé. » Et aussitôt la prière achevée, il commande à haute voix : « Lazare, venez dehors ! » Nous reconnaissons Dieu dans l'ordre souverain, comme nous avons vu l'homme dans la prière. Et la Mort obéit à l'appel de la Vie. Le cadavre de quatre jours se leva à l'instant, encore entouré de ses bandelettes, les pieds et les mains liés, la tête couverte du suaire. « Déliez -le, dit le Seigneur, et laissez -le aller. » Les Juifs, en délivrant Lazare de ses bandelettes et en le voyant marcher devant eux, aident partiellement au miracle et sont invités à en constater la réalité.

Jo., XI. — ^^ Multi ergo ex Judaeis, qui vénérant ad Mariam et Martham, et viderant quae fecit Jésus, crediderunt in eum. *^ Quidam aivtem ex ipsis abierunt ad pharisaeos, et dixerunt eis quae fecit Jésus. ^' CoUegerunt ergo jjontifices et pharisaei concilium, et dicebant : Qtiid jacimus, quia hic horno multa signa jacit? ^^ Si dimittimu^ eum sic, mnnes credent in eum; et venient Romani, et tollent nostrum îocum et gentem. ^^ Unus autem ex ipsis, Caiphas nomine, eum esset pontifex anni illius, dixit eis : Vos nescitis quidquam, ^° nec cogitatis quia expedit vobis ut unus vioriatur homo pro populo, et non tota gens pereat. ^^ Hoc autem a semetipso non dixit ; sed eum esset pontifex anni illius, prophetavit quod Jésus moriturus erat pro gente ; ^^ et non tantum pro gente, sed ut filios Dei, qui erant dispersi, congre garet in unum. ^^ Ab illo ergo die cogitaverunt ut interficerent eum. ^^ Jésus ergo jam non in palam ambulabat apud Judaeos, sed abiit in regionem juxta desertum, in civitatem quae dicitur Ephrem, et ibi morabatur eum discipulis suis. ^^ Proximum autem erat Pascha Judaeorum, et ascenderunt multi Jerosolymam de regione ante Pascha, ut sanctificarent seipsos. ^® Quaerebant ergo Jesum et colloqu£bantur ad invicem, in temple siantes : Quid putatis, quia nan venit ad diem festum ? Dederant autem pontifices et pharisaei man-

daium, ut si quis cognoverit uhi sit, indicet, ut appréhendant eum.

Cette fin du chapitre xi nous apprend ce que furent les suites du miracle pour les Juifs présents, pour le Sanhédrin, pour le Seigneur lui-même.

Parmi les Juifs venus de Jérusalem auprès de Marie et témoins de la résurrection, beaucoup crurent en Jésus; d'autres s'empressèrent d'aller raconter aux pharisiens ce qui était arrivé. Le désarroi fut grand à cette nouvelle : le miracle était jslus flagrant encore que celui de l'aveugle -né. Le grand conseil religieux s'assembla. Les princes des prêtres étaient en majorité sadducéens ; mais, contre le Seigneur, les pharisiens firent avec eUx cause commune. Le thème de la délibération semble venir plutôt des sadducéens, qui se reprochent leur inertie. Il ne s'agit aucunement pour eux d'étudier la personne, la mission, les miracles, la doctrine du Seigneur ; c'est bien oiseux, tout cela ! Le problème pour eux est d'ordre purement pratique. Il faut s'opposer à la contagion, voilà tout. « Nous ne faisons rien, nous, pour endiguer le mal ; et pendant ce temps-là, cet homme multiplie les prodiges. Laissons-le faire Un peu de temps encore, et notre incurie nous coûtera cher. Tout le monde croira en lui, il se mettra à la tête d'un peuple crédule et fanatisé ; il provoquera ainsi l'intervention de César. Et les armées romaines viendront, et c'en sera fini de notre vie nationale et de notre existence comme peuple. »

Remarquons qu'en cette circonstance tout le monde prophétise : non pas seulement Caïphe, comme nous le verrons dans un instant, mais les sadducéens eux-mêmes, qui dessinent très exactement ce qui arrivera "dans Une quarantaine d'années. Quant à se convertir, quant à reconnaître Jésus comme le Messie, personne n'y songe. Mais enfin, comment s'y prendre pour conjurer ces importuns miracles qui se font aux portes et au centre même de Jérusalem? Il doit y avoir un procédé pour venir à bout d'un ennenii public? Caïphe les tire d'embarras. Il était, dit l'évangéliste, le grand-prêtre de cette année-là : non qu'on veuille nous laisser entendre que la dignité était annuelle, mais afin de marquer une date chronologique et de donner la physionomie d'une époque où le souverain pontificat était en de telles mains : Caïphe sur la chaire de Moïse ! Il s'était formé une sorte d'oli-

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