‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 223 sur 340 · LV REQUÊTE DES FILS DE ZBBEDEE · texte numérisé non relu

LV REQUÊTE DES FILS DE ZBBEDEE

traité les deux frères en privilégiés, — que les dix apôtres, témoins de l'incident ou bientôt renseignés, s'indignèrent et de la tentative et du proeédé. Le Seigneur dut inter\'enir jDour les calmer. Il mit fin à cette scène pénible en rappelant aux Douze en quoi consiste la \Taie grandeur dans l'ordre surnaturel, et selon quelles conditions toute puissance spirituelle se doit exercer. Cet enseignement a été donné déjà (Me, ix, 34); il faudra le redire encore pendant la dernière Cène. Le Seigneur appelle auprès de lui tous les ajjôtres et institue un contraste entre les procédés de l'autorité religieuse et ceux de l'autorité du siècle. « Vous savez, dit-il, que les princes des nations les gouvernent de haut, avec empire, et que les grands considèrent les peuples comme leur bien, leur propriété : eux sont maîtres, et les autres sujets. Il n'en doit pas être ainsi j)armi vous. » L'expression de saint Marc : qui videntur principari ne prétend contester ni la réalité ni les titres de l'autorité civile ; elle signifie une chose constante, visible, reconnue de tous : « ceux qui sont regardés et traités comme chefs des nations ». « Parmi vous, poursuit le Seigneur, quiconque voudra devenir le plus grand, doit se faire votre serviteur ; celui qui voudra être le premier, sera l'esclave de ses frères. » Ces paroles ont besoin d'être bien comprises.

Le Seigneur ne songe nullement à nier l'autorité et la hiérarchie dans l'Église : en supposant l'existence d'une autorité séculière ; en parlant, comme il le fera bientôt, de son autorité à lui, réelle, à coup sûr, et en rappelant de quelle manière il l'a exercée ; en instituant un parallèle entre ces deux formes d'autorité et la conduite prescrite aux apôtres, — le Seigneur montre bien qu'il reconnaît chez eux aussi la réalité du pouvoir. Et lorsqu'il répète : Quicumqiie voluerit major fieri...; qui volu£rit primus esse, il ne nous présente pas non plus l'humilité comme un calcul et Un proeédé habile pour s'assurer l'investiture du pouvoir ambitionné. L'autorité s'acquiert par la mission, par une collation officielle et régulière. Mais l'intention du Seigneur est de nous apprendre tout à la fois comment il faut exercer l'autorité et comment l'homme peut obtenir la grandeur, — non plus l'autorité, — dans le siècle futur. Celui qui veut être vraiment grand et justifier son titre de supérieur, celui qui veut être grand dans l'éternité par ses mérites, cet homme-là devra se faire votre serviteur.

La prééminence spirituelle n'a donc rien de ce faux éclat qui

la fait ambitionner par l'esprit propre : elle n'est vraiment qu'une servitude pour le bien des âmes. Et si la condition vous semble dure, sachez que le Fils de l'homme, qui est aussi le Fils de Dieu, ne s'est pas affranchi de la loi universelle ; il est venu, non pour être servi, mais bien pour servir, pour servir jusqu'au bout et donner sa vie comme rançon et rédemption d'un grand nombre. Ce passage de saint Matthieu et de saint ]\Iarc est très digne de remarque, parce qu'il présente la mort du Seigneur comme un sacrifice de propitiation : c'est déjà toute la doctrine de la Rédemption (cf. Rom,, III, 24-26). Le sacrifice du Seigneur peut être regardé, en effet, comme un acte d'adoration et un hommage suprême à Dieu; comme une expiation; comme une rançon; et enfin, selon l'épître aux Hébreux, comme la consommation de l'union à Dieu . Sanctificati smnus per oblaiionem coîyoris Jesu Christi semel (x, 10)^

Mt., XX. — 29 ^i egredientibus illis ah Jéricho, secuta est eum turba mulia. ^° Et ecce duo caeci, sedentes secus viam, audierunt quia Jésus transiret ; et clamaverunt, dicentes : Domine, miserere nostri, fili David. ^^ Turba autem increpabat eos ut tacerent. At illi magis clamabant, dicentes : Domine, miserere nostri, fili David. ^^ Et stetit Jésus, et vocavit eos, et ait : Quid vultis ut jaciam vohis? ^^Dicunt illi : Domine, ut aperiantur oculi nostri. ^* Misertus autem eorum Jésus, tetigit oculos eorum. Et confestim viderunt, et secuti sunt eum.

Me, X. — *^ Et veniunt Jéricho; et proficiscente eo de Jéricho, et discipulis ejus et plurima multitudine, filius Timaei, Bartimaeus caecus, sedebat juxta viam mendicans. *' Qiii eum audisset quia Jésus Nazarenus est, coepit clamare et dicere : Jesu, fili David, miserere mei. *^ Et comminabantur ei nmlti ut taceret. At ille multo magis clamabat : Fili David, miserere mei. *^ Et stans Jésus praecepit illum vocari. Et vacant caecum, dicentes ei : Animaequior esio ; surge, vocat te. ^° Qui, projecto vestimento suo, exiliens venit ad eum. ^^ Et respondens Jésus dixit illi : Quid tibi vis jaciam? Caecus autem dixit ei : Eabboni, ut videam. ^^ Jésus autem ait illi : Vade, fides tua te salvum fecit. Et confestim vidit, et sequebatur eum in via.

Le, XVIII. — ^^ Factum est autem, eum appropinquaret Jéricho, caecus quidam sedebat secus viam, mendicans. ^^ Et eum audiret

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