‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 234 sur 340 · PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL · texte numérisé non relu

PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL

et ils se résignèrent une fois de plus à épier une meilleure opportunité.

Mt., XXII. — ^ Et respondens Jésus, dixit iterum in parabolis eis, dicens : ^ Simile factum est regnum caelorum homini régi, qui fecit nuptias filio suo. ^ Et misit servos suos vocare invitâtes ad nuptias, et nolehant venire. ^ Iterum misit alios servos, dicens : Dicite invitatis : Ecce prandium meum paravi, tauri met et altilia occisa sunt, et omnia parata ; venite ad nuptias. ^ Illi autem neglexerunt, et ahierunt alius in villam suam, alius vero ad 7iegotiationem suam ; ^ reliqui vero tenuerunt servos ejus, et contumeliis affectos occiderunt. ' Rcx autem cum audisset, iratus est ; et missis exercilihus suis, perdidit liomicidas illos, et civitaiem illorum succendit. ^ Tune ait servis suis : Nuptiae quidem paratae sunt, sed qui invitati erant non fuerunt digni. ^ Ite ergo ad exitus viarum, et quoscumque inveneritis vocate ad nuptias. ^^ Et egiessi servi ejus in vias, congre gaverunt omnes quos invenerwit, malos et bonos ; et implctae sunt nuptiae discumhentium. ^^ Intravit autem rex ut videre' discumbentes ; et vidit ibi hominem non vestitum veste nuptiali, ^^ et ait illi : Amice, quomodo hue intrasti, non habens vestem nuptialem? Ai ille obmutuit. ^^ Tune dixit rex ministris : Ligatis manibus et pedibus ejus, mittite eum in tenebras exteriores ; ibi erit fletus et stridor dentium. ^^ Multi enim sunt vocati, pauci vero electi.

Le Seigneur continue à s'adresser aux pharisiens en paraboles . Celle-ci offre de grandes ressemblances avec une autre de saint Luc, expliquée déjà (xiv, 15-24). Elle s'en distingue pourtant par plusieurs traits; elle est plus développée, et en rapport étroit avec la situât ion. actuelle. « Les choses se passent, au sujet du Royaume des cieux, comme dans l'histoire de cet homme, de ce roi, qui préj)ara à son fils un festin nuptial. » Il n'est question que d'alliance et d'union, nous le savons bien, dans toute Fhistoire surnaturelle. A ce festin nuptial, tous sont conviés, et d'abord le peuple de Dieu. L'invitation est ancienne, et les serviteurs du roi, c'est-à-dire les prophètes et les saints d'autrefois, ne sont envoyés que jDOur la rappeler à un peuple oublieux. Mais la nation à tête dure, au cœur rebelle, aux oreilles incirconcises, refuse de l'accueillir.

Le roi, sans se laisser décourager par cette discourtoisie, envoie d'autres serviteurs, avec un message plus pressant, la réalisation historique étant plus proche. Ils devront dire aux invités : « Voici que mon repas est servi ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tuées ; tout est prêt : venez au festin ! » Mais ce second appel fut négligé comme le premier. Les uns s'en allèrent à leur champ, d'autres à letir négoce, d'autres enfin se saisirent des messagers, les chargèrent d'insultes et de coups, et finalement les mirent à mort : tel fut le sort de saint Jean-Baptiste, des apôtres, de saint Etienne, des premiers martyrs. Mais voici le châtiment : le roi, courroucé, envoya contre eux ses armées, fit périr les meurtriers, et brûla leur ville. Il dit ensuite à ses serviteurs : « Le festin est prêt, mais les invités d'autrefois en furent indignes : il ne sera pas inutile pourtant. Allez donc aux carrefours, là où il y a plus de chance de rencontrer les foules, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces. » Et les serviteurs obéissent : ils s'en vont par les chemins, rassemblent tous ceux qu'ils rencontrent, bons et mauvais, pécheurs et honnêtes gens, riches et pauvres ; et la salle du festin se remplit de convives. C'est l'universalité de la vocation des gentils.

Les versets 11, 12 et 13 forment un incident à part et comme une sorte de parenthèse. Le roi entre dans la salle pour visiter et honorer les convives. Il aperçoit un homme non revêtu de la robe nuptiale. « Mon ami, lui dit-il, comment êtes-vous entré ici sans porter le vêtement de noces? » Car il est deux façons de se soustraire au Royaume de Dieu : la première, de ne pas consentir à y prendre place malgré les invitations réitérées du Seigneur : c'est le cas des Juifs, comme nation ; la seconde," de n'y entrer qu'en apparence, matériellement, et sans correspondre vraiment à la vocation divine. Ce n'est pas que les recruteurs divins se soient mépris : au fond, aucun des invités de la dernière heure ne possédait, au moment de son appel, la robe nuptiale ; on la reçoit en entrant, on la tient de la générosité même de celui qui invite. Car ce vêtement de noces qui nous permet de paraître au festin de Dieu, c'est la justice, c'est la foi et la charité, c'est la communion à la vie et aux dispositions du Christ : Quicumque enim in Christo baptizaii estis, Christum induisiis (Gai., m, 27) ; Induimini Dominum Jesum Christum, et carnis curam ne feceritù in desideriis (Rom., xiii, 14). Pourquoi l'invité a-t-il négligé de

Page 1