PAR.\BOLE DU FESTIN NUPTIAL
la revêtir? Pourquoi mentir au roi en paraissant aux noces de son Fils sans être Tami de son Fils?
On ne s'introduit pas avec un vêtement souillé dans les splendeurs d'une fête. Sans doute, les autres convives pourront ne pas y prêter attention. Pour un temps, au sein de l'Église, vivront confondus, et assis, semble-t-il, à une même table, les bons et les mauvais : mais le roi entre, soit au cours de cette vie, soit à la dernière heure, et rien n'échappe à son regard. L'interpellé se tait, parce qu'il n'a vraiment rien à répondre. Il est injustifiable. Il était si facile de faire comme tout le monde, et de revêtir, à l'entrée de la salle, cette robe nuptiale, qui ne coûte rien, et qui est la condition même de la participation au festin ! Alors, la justice de Dieu s'exerce. Le repas décrit par l'évangile a lieu le soir, comme de coutume; au dehors, tout n'est que ténèbres. Il n'y a de lumière que dans la salle du festin : Nam claritas Dei illuminavit eam, et lucerna ejus est Agnus (Apoc, xxi, 23). Et le roi dit aux serviteurs : « Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Mt., viii, 12 ; xiii, 42, 50 ; xxiv, 51 ; XXV, 30 ; Le, XIII, 28). L'avertissement que contient cette seconde partie de la parabole semble adressé spécialement aux gentils (cf. Rom., xi, 20-21); mais il convient à tous et, comme le premier, il peut en partie viser les Juifs, livrés à une religion de formules et de rites extérieurs.
Il nous reste à expliquer la sentence proverbiale du verset 14, rencontrée plus haut en saint Matthieu (xx, 16) : « Car il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. » Elle n'est pas une allusion au nombre total de ceux qui entreront, à la fin des temps, dans le Royaume de Dieu. Comment trouver une prophétie du petit nombre des élus dans la conclusion d'une parabole où l'on nous montre la salle remplie de la multitude des convives? Cette formule finale ne saurait concerner la deuxième partie de la parabole : on cherchera en vain à concilier ensemble l'idée qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, avec le fait que sur une foule d'appelés et d'mvités introduits au festin, un seul est jeté dehors. Le verset 14 se rapporte donc à la première partie de la parabole, où nous voyons se dérober les invités de longue date, les Juifs qui ont mé^îrisé les avances de Dieu. La nation entière a été vraiment appelée : c'est le petit nombre seulement qui a entendu, qui a été élu, c'est-à-dire prélevé sur la masse : mino-
66 i SIXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II
rite réduite formée par les apôtres, les disciples, les chrétientés de Jérusalem, de la Judée, de la Dispersion (Is., x, 21-22).
Mt., XXII. — ^^ Tune aheuntes jjharisaei, C07isiliu7n inierunt ut caperent eum in sermone. ^^ Et mittunt ei discijndos suos cum herodianis, dicenies : Magister, scimus quia verax es, et viam Dei in veritate doces, et non est tibi cura de aliquo ; non enim respicis personam hominum. ^' Die ergo nohis quid tibi videtur : Licet censum dare Caesari, an non? ^^ Cognita auteni Jésus nequitia eorum, ait ; Quid me tentatis, hypocritae? ^^ Ostendite mihi numisma census. At illi obtulerunt ei denarium. -" Et ait illis Jésus : Cujus est imago haec et superscriptio ? ^^Dicunt ei : Caesaris. Tune ait illis : Beddite ergo quae sunt Caesaris Caesari, et quae sunt Dei Deo. 2- Et audientes mirati sunt, et relicto eo, abierunt.
Me, XII. — ^^...Et relicto eo, abierunt. ^^Et mittunt ad eum quosdani ex pharisaeis et herodianis, ut eum caperent in verbo. ^* Qui venientes dicunt ei : Magister, scimus quia verax es et non curas quemquam ; nec enim vides in faciem hominum, sed in veritate viam Dei doces. Licet dari tributum Caesari, an non dabimus? ^^ Qui sciens versutiam illorum, ait illis : Quid me tentatis? ajjerte mihi denarium ut videam. ^® At illi attulerunt ei. Et ait illis : Cujus est imago haec et inscriptio ? Dicunt ei : Caesaris. ^' Respondens autem Jésus dixit illis : Reddife igitur quae sunt Caesaris Caesari, et quae sunt Dei Deo. Et mirahantur super eo.
Le, XX. — ^° Et observantes miserunt insidiatores, qui se justos s'mularent, ut caperent eum in sermone, ut traderent illum principatui et potestati praesidis. ^^ Et interrogaverunt eum, dicenies : Magister, scimus quia recte dicis et doces ; et non accipis perso nam, sed viam Dei in veritate doces. ^^ Licet nobis tributum dare Caesari, an non? ^^ Considerans autem dolum illorum, dixit ad eos : Quid me tentatis? ^^ Ostendite mihi denarium. Cujus habet imaginem et inscriptionem? Respondentes dixerunt ei : Caesaris. ^^ Et ait illis : Reddite ergo quae sunt Caesaris Caesari, et quae sunt Dei Deo. 26 ^^ non potuerunt verbum ejus reprehendere coram plèbe ; et mirati in responso ejus, tacuerunt.
Les représentants du Sanhédrin se sont retirés, mais pour se concerter et atteindre le Seigneur plus sûrement. On ne pouvait