‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 236 sur 340 · S'IL FAUT PAVER LE TKIBL'T A CÉSAR · texte numérisé non relu

S'IL FAUT PAVER LE TKIBL'T A CÉSAR

rien tenter contre Jéslis aussi longtemps que le jîcuple lui demeurerait attaehé. Toute tentative contre sa personne eût pris le caractère d'un sacrilège et provoqué un soulèvement. Il faut donc détacher de lui la foule ou bien obtenir de lui des paroles séditieuses : il sera possible alors de le traduire devant l'autorité romaine et de le livrer au pouvoir du Procurateur. Le Sanhédrin envoie donc vers lui quelques pharisiens et des hérodiens : ils sont adversaires acharnés, mais réconciliés pour un temps contre l'ennemi commun. Ils feindront de prendre le Seigneur comme arbitre d'un différend survenu entre eux, d'un différend qui intéresse l'honneur de Dieu et Thonneur national ; et la matière en sera choisie de manière à créer un piège dilemmatique, où le Seigneur succombera nécessairement. Ayons présente à l'esprit l'impatiente jalousie du peuple et des pharisiens devant l'intrusion ijolitique de Rome, alors que les hérodiens ont pris leur parti de ce qui semble aux premiers une violation impie des droits de DicU, le seul souverain légitime d'Israël.

La question n'est proposée au Seigneur qu'avec une habileté courtoise et des paroles de flatterie : Maître, nous savons que vous êtes l'intégrité même ; vous n'avez souci que de la vérité et de la justice en nous enseignant « la voie de Dieu » ; l'absolue droiture de votre caractère nous garantit qu'aucune considération humaine, aucune crainte, aucune complaisance ne vous guide jamais : c'est pourquoi nous nous en rapportons à vous. Voici ce dont il s'agit entre hérodiens et pharisiens : Est-il permis, ou non, d'acquitter le tribut que réclame César? Devons-nous le payer, devons-nous nous abstenir? Votre pensée sera notre règle. — L'embûche est savante. Se récuser est difficile au Seigneur, alors qu'on lui témoigne, extérieurement, une telle confiance ; la foule n'y comprendrait rien. Répondre qu'il faut payer le tribut à César, c'est non seulement rompre avec les pharisiens, la portion la plus considérable de la nation, mais surtout s'aliéner le peuple. RéjDondre qu'on doit s'abstenir, c'est suggérer aux masses des pensées de révolte ; c'est s'exposer à la vindicte d'Hérode et du parti romain ; c'est justifier l'accusation qui sera produite au cours de la Passion (Le., xxiii, 2).

Le Seigneur démêle aussitôt la ruse. Pourquoi me tenter, dit-il, hypocrites que vous êtes? Pourquoi me tendre des pièges et chercher à faire de moi soit un prophète discrédité, soit un prophète séditieux? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on acquitte

l'impôt. — L'impôt du temple devait être acquitté avec l'espèce ayant cours au temple, mais l'impôt romain n'était payable qu'en momiaie romaine. Ils présentèrent au Seigneur un denier, « De qui porte-t-il l'effigie et l'exergue ? » leur demanda-t-il. — « De César. » — « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » La réponse du Seigneur prend son point d'appui sur un fait constant : non pas seulement le cours forcé en Judée de la monnaie romaine, de la pièce qui acquitte l'impôt ; ce fait n'est que matériel, mais il en implique un autre : la situation acquise et reconnue du pouvoir impérial, assurant l'ordre et la paix et réclamant légitimement des particuliers, comme équivalent des services rendus, cette part contributive qui s'appelle l'impôt. L'effigie du denier témoigne du droit de César et, par conséquent, du devoir d'équité qui s'impose aux Juifs, quelles que puissent être leurs réi^ugnances personnelles.

Il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Il n'y a donc pas d'opposition entre les droits réels du pouvoir politique et les droits divins, puisque, selon le Seigneur, il nous faut satisfaire aux exigences des uns et des autres. Les droits de l'autorité séculière sont d'ordre matériel et terrestre; ceux de Dieu sont d'ordre spirituel : ils concernent l'âme, qui porte l'empreinte de Dieu et qui, par conséquent, doit se rapporter tout entière à lui ; l'impôt de Dieu, c'est toute l'âme. La réponse était si lumineuse et si prudente que le peuple y applaudit. Déconcertés, les ennemis du Seigneur n'y purent trouver rien à redire, remarque saint Luc ; ils n'essaimèrent même pas de souligner et de commenter devant la foule le côté par lequel elle pouvait heurter les conceptions juives. Ils se turent et se retirèrent.

Mt., XXII. — 23 j,^ ^Hq ^ig accesserunf ad eum sadducaei, qui dicunt non esse resurrectionem ; et mterro gaver unt eum, ^^ dicentes : Magister, Moyses dixit : Si quis mortuus juerit non habens filium, ut du^at frater ejus uxorem illius, et suscitet semen fratri suo. 2^ Erant autem apud nos septem fratres ; et primus, uxore dttcta, defunctus est; et non habens semen, reliquit uxorem siiam fratri suo. 2^ Similiter secundus, et tertius, usque ad septimum. ^^ Novissime autem omnium et muîier defunda est. ^^ In resurrectione ergo, cujus erit de septem uxor? omnes enim hahuerunt eam. ^^ Respon-

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