ENSEIGNEME.NT SUR LA RESURRECTION
dens autem Jésus, ait illis : Erratis, nescientes Scripturas, neque viriutem Dei. 2° In resurrectione enim, neque yiuhent neque nubentur ; sed erunt sicut angeli Dei in caelo. ^^ De resurrectione autem moriuorum non legisiis quod dictiim est a Deo dicente vohis : 22 Ego sum Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob? Non est Deus mortuorum, sed viveniium. ^^ Et audientes turbae mirabaniur in doctrina ejus.
Me, XII. — ^^ Et venerunt ad eum sadducaei, qui dicunt resurrectionem non esse, et interrogabant eum, dicentes : ^^ Magister, Moyses nobis scripsit ut si cujus frater mortuu^ juerit, et dimiserit iixorem et fiHos non reliquerit, accipiat frater ejus uxorem ipsius, et resuscitet semen fratri suo. -° Septem ergo jratres erant; et primus accepit uxorem, et mortuus est non relicto semine. ^^ Et secundus accepit eam, et moiiuus est ; et nec iste reliquit semen. Et tertius similiter. 22 Et acceperunt earn similiter septem, et non reliquerunt semen. Novissima omnium defuncta est et mulier. ^3 In resurrectione ergo eum resurrexerint, cujus de Jus erit uxor? septem enim hahuerunt eam uxorem. -* Et respondens Jésus, ait illis : Nonne ideo erratis, non scientes Scripturas neque virtutem Dei? ^^ Cum enim a mortuis resurrexerint, neque nuhent, neque nubentur, sed sunt sicut angeli in caelis. ^^ De mortuis autem quod resurgant, non legistis in libro Moysi, super Rubum, quomodo dixerit illi Deus, inquiens : Ego sum Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob? 2' Non est Deus mortuorum, sed vivorum. Vos ergo mulium erratis.
Le, XX. — -" Accesserunt autem quidam sadducaeorum, qui negant esse resurreciionem, et interro gaverunt eum, -^ dicentes : Magister, Moyses scripsit nobis : Si frater alicujus moHuus fuerii habens uxorem., et hic sine liberis fuei-it, ut accipiat eam frater ejus uxorem, et smcitei semen fratri suo. -^ Septem ergo fratres erant; et primus accepit uxorem, et mortuus est sine filiis. ^° Et sequens accepit illam, et ipse mortuus est sine filio. ^^ Et tertius accepit illam. Similiter et omnes septem, et non reliquerunt semen, et mortui sunt. ^- Novissime omnium mœiua est et mulier. ^^ In resurrectione ergo, cujus eœ-um erit uxor? siquidem septem habuerunt eam uxorem. ^4 Et ait illis Jésus : Filii hujus saeculi nubunt, et traduntur ad nuptias ; ^s UU vero qui digni habebuntur saeculo illo, et resurrectione ex mortuis, neque nubent, neque ducent uxores ;
3^ neque enim ultra mori poterunt ; aequales enim angelis sunt, et filii sunt Dei, cum sini filii resurrectionis. ^' Quia vero resurgant mortui, et Moyses ostendit secus Ruhum, sicut dicit Dominum Deum Abraham, et Deum Isaac, et Deum Jacob. ^^ Deus autem non est mortuorum, sed vivorum ; omnes enim vivunt ei. ^^ Respondentes autem quidam scribarum, dixerunt ei : Magister, bene dixisti. ^° Et amplius non audebant eum quidquam interrogare.
Ajjrès les pharisiens et les hérodiens, voici venir, le même jour, les sadducéens. Ce sont des semi-matérialistes. Ils n'admettent pas la tradition orale, mais simplement l'Écriture. Encore ne reçoivent- ils que le seul Pentateuque : ce qui ne les empêche pas de constituer, à réjDoque du Seigneur, l'aristocratie sacerdotale (Act., Y, 17). A ce titre, ils se défendent contre les idées élevées mises en cours par le prophétisme. Ils nient l'existence des anges, celle de l'âme spirituelle, et, par conséquent, la résurrection (Act., XXIII, 8). Et afin sans doute de tourner en dérision un dogme dont ils ne veulent pas, ils ont mis en circulation, dans leurs écoles, un jDetit problème où ils se persuadent montrer que la croyance à la résurrection entraîne des conséquences absurdes.
Ils abordent donc le Seigneur et lui soumettent, poliment, eux aussi, leur cas de conscience : « Maître, Moïse a écrit pour notre gouverne que si un homme marié vient à mourir sans laisser d'enfants, son frère doit épouser la veuve, afin de donner une postérité au défunt. » C'est la majeure du raisonnement : elle est d'autorité divine, inscrite au Deutéronome (xxv, 5-6) ; nous reconnaissons la loi dite du lévirat. Et voici la mineure : « Or, il se trouva parmi nous sept frères. L'aîné, ayant pris femme, mourut sans laisser d'enfants, et légua son épouse au second. Celui-ci mourut de même sans postérité, et l'épouse passa au troisième. Successivement, les sept frères épousèrent ainsi la même femme, qui mourut enfin, après son septième mari, et sans avoir été mère. » Mais alors surgit la difficulté : « Au jour de la résurrection, lorsqu'ils reviendront à la vie, auquel des sept appartiendra donc cette femme? Car enfin les sept l'ont eue pour épouse... » Il est facile de voir l'ironie. Un principe ne donne lieu, s'il est exact, qu'à des conclusions intelligibles ; rien ne prouve mieux l'impossibilité de certaines hypothèses que le caractère contradictoire, bizarre, incohérent, des situations
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créées par elle. Si la théorie de la résurrection entraîne des conséquences ridicules, c'est donc qu'elle-même n'est pas fondée.
La réponse du Seigneur sera complète : défensive d'abord, puis offensive ; et malgré le terrain étroit sur lequel elle doit se maintenir, les sadducéens n'admettant d'autre autorité que les livres de Moïse, elle sera vraiment victorieuse. « N'êtes-vous pas dans l'erreur? leur dit-il, ne vous méprenez-vous pas, et sur les Écritures, et sur la puissance de Dieu? » Ce cas de conscience, dont les sadducéens se font un grave argiuiient, n'a même pas de titre à se poser. Il est écarté par les conditions réelles de la vie future. Les enfants du siècle présent prennent femme ou mari; mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et de sortir de la mort ne se marieront plus, puisqu'ils ne pourront plus mourir : il n'y a pas lieu à la transmission de la vie là où la vie est inamissible. Ils seront semblables aux anges de Dieu qui sont au ciel : fils de la résurrection, c'est-à-dire ressuscites et immortels, ils seront « fils de Dieu » (cf. Job, i, 6 ; ii, 1), ils recevront leur nouvelle naissance de la seule vertu de Dieu. — • Le Seigneur ne fait ici allusion qu'aux justes, aux membres du Royaume de Dieu : eux seuls jouiront de la résurrection glorieuse à laquelle songent les docteurs juifs ; mais le Seigneur ne nie pas pour autant l'immortalité de l'âme des pécheurs et leur résurrection ; son argumentation n'exigeait rien de plus que ce qu'il a dit ; il n'avait pas à fournir un exposé philosophique ou théologique complet.
La méprise était double dans l'esprit des sadducéens : méprise au sujet du cas de conscience, grossièrement imaginé par eux ; méprise au sujet du fait même de la résurrection : celle-ci devait paraître impossible à des gens pour qui l'âme ne survivait pas au corps. Là gisait la difficulté principale ; et le Seigneur l'aborde maintenant; il démontre l'immortalité de l'âme par l'autorité de ces livres mêmes dont les sadducéens reconnaissaient la valeur. « Qu'en fait, dit-il, les morts ressuscitent, c'est chose constante. N'avez-vous pas lu ce que Dieu a révélé à Moïse, dans le passage où il est parlé du Buisson : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob (Ex., m, 6). Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Car tous sont vivants pour lui. Vous vous trompez donc grandement. »
Cette exégèse du Seigneur, qui fut, nous le verrons, immédiatement comprise et goûtée de beaucoup, réclame, pour les lee-
leurs modernes, quelque explication. Lorsque Dieu jîarlait ainsi à Moïse, Abraham, Isaac et Jacob étaient morts depuis longtemps. Et Dieu disait : Je suis; il ne disait pas : J'ai été. Pour que Dieu se désigne lui-même par l'union de son nom à celui des Patriarches, il faut que les Patriarches existent encore actuellement : « Celui qui est » ne saurait dire qu'il « est » le Dieu de personnages ensevelis depuis plus de quatre siècles. Pour que Dieu traduise ainsi, par la particule d'appartenance, son union avec des hommes, il faut, de plus, qu,e ces hommes soient des justes. Or, Dieu ne peut que respecter les lois de l'amitié. Dès que l'on est devenu, par la justification, comme Abraham, Isaac et Jacob, l'ami du Dieu éternel et vivant ; qu'on est entré dans son nom et presque dans son être, à tel point que Dieu se définit i^ar sa relation avec ceux qu'il aune : dès lors on est affranchi de la mort et du néant. La toute-puissance de Dieu se ligue avec sa tendresse pour maintenir à jamais dans la vie ceux qui lui appartiennent. La séparation de l'âme et du corps n'est qu'un état violent et transitoire. Deus non est mortuorum, sed vivorum : omnes enim vivunt ei.
Les foules admirèrent cette doctrine, qui flattait à bon droit l'âme juive. Et quelques scribes avouèrent au Seigneur : « Maître, vous avez bien parlé ! » Quant aux sadducéens, ils n'essayèrent plus de lui poser de question captieuse.
Mt., XXII. — 2* Pharisaei auiem, audientes quod silentium imposuisset sadducaeis, convenerunt in unwn; ^^ et interrogavit eum unus ex eis legis doctor, tentans eum : ^^ Magister, qiiod est mandatum magnum in lege? ^"^ Ait iïli Jésus : Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo, et in tota anima tua, et in tota mente tim. ^^ Hoc est maximum et frimum mandatum. ^^ Secundum autem sim,ile est liuic : Diliges yroodmum tuum sicut teipsum. *^ In his duohus mandatis universa lex pendet et prophetae.
Me, XII. — 2^ Et accessit unu^ de sa-ibis, qui avdierat illos conquirentes, et videns quoniam hene illis responderit, interrogavit eum quod esset primum omnium mandatum. -^ Jésus autem respondit ei : Quia primum omnium mandatum est : Audi, Israël; Dominus Deus tuiis Deus unus est ; ^° et diliges Dominum' Deum tuum ex toto corde tuo, et ex tota anima tua, et ex tota menie tua, et ex tota virtute tu^. Hoc est primum mandatum. ^^ Secundum auiem simile