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LE PLUS GRAND COMMANDEMENT DE LA LOI

est illi : Diliges pi-oximum fuiim tanquam ieipsum. Mai us horum aliud mandaium non est. ^- Et ait illi scriba : Bene, Magister, in veritate dixisti quia uniis est Deus et non est alius praeter eum : 3^ et ut diligatur ex Vto corde, et ex toto intellectu, et ex tota anima, et ex tota jortitudine ; et diligere proximum tanquam seipsum majus est omnibus holocauiomatibus et sacrificiis. ^* Jésus autem videns quod sapienter respondisset, dixit illi : Non es longe a regno Dei.

Lorsque les pharisiens apprirent que Jésus avait réduit au silence les sadducéens, ils se réunirent, dit saint Matthieu, sans doute afin de créer une difficulté nouvelle. Tandis qu'ils se concertent, un des leurs, un scribe ou dccteUr de la loi, aborde le Seigneur et lui soumet son cas de conscience personnel. Sa droiture est évidente ; nous le verrons même recueillir les félicitations du Seigneur. Il avait suivi la discussion engagée avec les sadducéens, et peut -être était-il Tun de ces scribes qui avaient applaudi à la réponse de Jésus. Qu'il y ait eu dans son âme une part de curiosité, même l'intention secrète d'éprouver davantage la science du Seigneur : c'est chose possible ; nous sommes des êtres complexes, et nos démarches sont souvent déterminées par des motifs très variés. C'est ainsi qu'il faut interjDréter, semble-t-il, l'expression de saint Matthieu : tentans eum. Nous avons distingué cet épisode de celui que raconte saint Luc, au chapitre x (25-37).

« Maître, demande le scribe, quel est le grand commandement de la Loi, le ijremicr de tous? » La Loi mosaïque était multiple, minutieuse, compliquée, agencée de telle sorte que le peuple n'eût pas le loisir de s'en aller vers les idoles : ne in idola diffluei'et. Mais les hommes y avaient ajouté encore et enijorisonné toute la ^•ie dans un réseau de prescriptions menues. Cette accumulation, qui décourageait les mis, faisait réfléchir les autres : des docteurs eux-mêmes commençaient à se demander si tout avait la même valeur dans les broussailles de l'enseignement pharisien, si les conditions de la vie morale et religieuse n'étaient pas, au fond, beaucoup plus simples. Le scribe qui aborde le Seigneur a l'âme bien formée ; nous le constatons par les versets 32 à 34 de saint Marc ; il cherche un précepte qui soit la clef de voûte de tout l'édifice moral. Et le Seigneur, selon sa coutume, donnera plus qu'il ne lui est demandé : un commandement vraiment premier, essentiel, unique, résumant, dans sa simplicité et sa

facilité douce, toute la loi divine; un précepte qui, une fois accompli, et bien accompli, nous établit, à lui seul, en grâce auprès de Dieu. « Voici, dit Jésus, le premier commandement : Écoute, Israël : Le Seigneur notre DieU est Seigneur unique ; tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force. Tel est le grand et le premier commandement. »

La citation est empruntée au Deutéronome (vi, 4-5). Les termes en étaient familiers aux Juifs. Ils les récitaient dans la prière du matin et du soir ; ils les écrivaient sur des bandelettes de parchemin, qu'ils portaient devant les yeux et attachaient çà et là ; ils les gravaient sur le seuil et sur les portes de leurs maisons. La vie juive tout entière n'avait d'autre dessein, semblait-il, que de proclamer cette doctrine : le Dieu unique, précisément parce qu'il est unique, doit être aimé uniquement. Jésus fait de ce même précepte la base du christianisme. Il n'autorise nul partage, dans nos affections et notre culte. Celui qui est la Tendresse, la Beauté, la Pureté infinie, ne demande qu'une chose à l'homme : son amour ; mais l'exigence est absolue; il n'est rien, en nous, que nous puissions délibérément soustraire à Dieu. A lui tout notre cœur, c'est-à-dire la tendresse profonde, la direction secrète qui nous fait orienter notre vie vers un bien que nous considérons comme notre dernière fin ; à lui toute notre pensée, notre intelligence ; à lui toute notre âme, c'est-à-dire l'ensemble des facultés vitales ou sensibles ; à lui toute notre force, c'est-à-dire l'exécution des bons desseins et l'activité extérieure.

« Voici, ajoute le Seigneur, un second commandement : Vous aimerez votre prochain comme vous-même (Lev., xix, 18). Il est semblable au premier. » Il lui ressemble dans son acte, dans son motif, dans son objet ; c'est encore Dieu que nous aimons quand nous aimons le prochain et que nous exerçons à son égard la justice et la charité. La seule différence, c'est qu'ici il n'y a pomt de précepte d'aimer par-dessus toute chose : on demande à l'homme d'aimer autrui comme soi-même. Car nous sommes tenus de nous aimer nous-même, — selon DieU et sagement ; et nous devons aimer Dieu comme fin, en lui rapportant toute chose : nous-même et le prochain. Ainsi donc, c'est toujours d'aimer qu'il est question : aimer DieU, s'aimer soi-même, aimer le prochain, qui est, comme nous, de la famille de DieU. « Il n'y

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