‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 244 sur 340 · MALEDICTIONS CONTRE SCRIBES ET PHARISIENS · texte numérisé non relu

MALEDICTIONS CONTRE SCRIBES ET PHARISIENS

mais le dedans demeure rempli d'impureté et de rapine! Pharisien aveugle, nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que le dehors aussi devienne pur, » (Me., vu, 4 sq.) C'est par le dedans, par l'âme, qu'il faut commencer : c'est à cette condition seulement que tout, même l'extérieur, sera vraiment net. Les sévérités du Seigneur ne s'expliquent pas par ce seul fait que l'hjqjocrisie est mensonge, ni même parce qu'elle est devenue chez les pharisiens un tempérament, mais parce qu'il s'agit d'une hj^Doerisie religieuse, d'une contrefaçon de l'adoration en esprit et en vérité. Dieu y devient un voile, un prête-nom; on se sert de lui pour abriter la cupidité, la cruauté, l'erreur. Dieu, au nom de qui sont accomplies les œuvres perverses, est amsi, autant qu'il est possible, rendu responsable ou complice. « Malheur à vous, scribes et pharisiens hjqjocrites ! dit encore le Seigneur. Car vous êtes semblables à des sépulcres blanchis : ils paraissent éclatants au dehors, mais à l'intérieur ils sont pleins d'ossements sans vie et de toute la pourriture des tombeaux. » Au lieu de porter dans leurs âmes le Dieu vivant, les pharisiens n'y renferment que la souillure et la mort.

Mt., XXIII. — 2^ Vae vohis, scribae et pharisaei hypocritae, qui aedificatis sepulcra prophetarum, et ornatis monumenta justorum, ^^ et dicitis : Si fuissemus in diebus patrum nostrorum, non essemus socii eorum in sanguine prophetarum. ^^ Itaque testimonio estis vohismetipsis, quia filii estis eorum qui prophetas occiderunt. ^^ Et vos impiété mensuram patrum vestrorum, ^^ Serpentes, genimina viperarum, quomodo fugietis a judicio gehennae ? ^* Ideo ecce ego mitto ad vos prophetas, et sapientes, et scribas ; et ex illis occidetis et crucifigetis, et ex eis flagellabitis in synagogis vestris, et persequemini de civitate in civitatem ; ^^ ut veniat super vos omnis sanguis justus qui ejfusus est super terram, a sanguine Abel jiisti u^qu£ ad sanguinem Zachariae, filii Barachiae, quejn occidistis inter templum et aliare. ^^ Amen dico vobis, venient haec omnia super gêner ationem istam. ^'^ Jérusalem, Jérusalem, quae occidis prophetas et lapidas eos qui ad te missi sunt, quoties volui congregare filios tuos, quemadmodum gallina congregat pullos suos sub alas, et noluisti ! ^^ Ecce relinquetur vobis domus vestxa déserta. ^^ Dico enim vobis, non me videbitis amodo, donec dicatis : Benedictus qui venit in nomine Domini.

68 i SIXIEME PARTIE. — CHAPITRE II

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! car vous bâtissez des tombeaux aux prophètes et vous décorez les sépulcres des justes. Et vous dites : Si nous avions vécu au temps de nos pères, nous ne nous serions point associés à eux pour verser le sang des prophètes. — Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Pour vous, comblez la mesure de vos pères... » Mais, dira quelqu'un, comment le Seigneur peut-il 2:)rononcer l'anathème contre des hommes qui séparent ainsi leur cause de celle de leurs pères? qui protestent contre les crimes des ancêtres et par leurs paroles et par les honneurs i^osthumes décernés aux justes d'autrefois? N'est-ce pas une réparation très digne d'éloge? — Non, dit le Seigneur, ils sont vraiment les fils ae ceux qui ont mis à mort les prophètes. — Mais on n'est pas coupable pour autant ! — Sans doute ; mais on est coupable, en dépit de toutes les protestations hypocrites, lorsqu'on garde en son cœur les dispositions de ceux qui ont immolé les prophètes ; c'est l'élément sous-entendu, mais deviné immédiatement par la conscience des auditeurs.

Il n'y a guère au monde d'enseignement plus grave que celui qui se dégage de ces dernières paroles. Les responsabilités sont, il est vrai, individuelles, puisque les initiatives et les activités sont individuelles aussi. Mais les hommes ne sont pourtant pas désagrégés et à l'état de poussière vivante. Sous le décor extérieur des choses, sous la succession et la multiplicité d'événements et de personnages qui font l'histoire, règne l'unité d'unc: trame profonde, la continuité d'un dessein' unique où les hommes se rangent pour ou contre Dieu selon leurs tendances secrètes. Allons plus loin ; il y a presque toujours, dans chaque homme, un côté de lui-même par lequel il est avec DieU, et un autre par lequel il s'écarte de Dieu : c'est la prévalcnce de l'un sur l'autre qui, finalement, décide de notre sort éternel. Ce ne sent pas les œuvres extérieures, leur correction ni leur magnificence, qui signifient vraiment à quelle direction réelle nous appartenons : c'est l'âme, c'est l'orientation spirituelle. Et nous devenons ainsi en quelque sorte solidaires de toute Tœuvre d'ensemble à l'exécution de laquelle nos tendances intérieures nous font collaborer.il importe de remarquer aussi que les décisions morales qui orientent toute notre vie ne se prennent pas toujours à la suite d'un débat intellectuel, où l'on pèse les raisons et les motifs, dans une délibération éclairée et formelle : souvent elles se prennent à la suite

Page 1