‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 265 sur 340 · LE REPAS TASCAL COMMENCE · texte numérisé non relu

LE REPAS TASCAL COMMENCE

calice, gratias egit, et dixit : Accipiie, et dividite inier vos. ^® Dico enim vohis quod non hiham de generatiorie l'itis, donec regnum Dei reniât.

-Nous avons supposé jusqu'ici que le jeudi saint correspond au 14 du mois de Nisan ; ce n'est pas que nous ignorions les longues controverses qui se sont élevées à ce sujet. Certaines expressions de saint Jean ont fait croire, et dès les premiers siècles, que le Seigneur était mort le 14 Nisan, à l'heure même où les Juifs immolaient l'agneau pascal ; et toutes les démarches que provoqua l'arrestation et la Passion du Seigneur ont paru incompatibles avec le caractère solennel du premier jour des Azymes. Pourtant, les synoptiques semblent considérer la Cène à laquelle le Seigneur prend part avec les siens comme une Pâque véritable, célébrée en son jour normal. Pour concilier les s^moptiques avec saint Jean on a émis diA'erses hj^sothèses : Jésus n'a pas réellement mar^é la Pâque légale, — ce que nous ne saurions admettre. Il l'a mangée, mais le 13 Nisan, par anticipation. II l'a mangée le jeudi 14, avec une partie des Juifs qui considéraient ce jour comme le 14, tandis que les autres ne se croyaient qu'au 13. Il l'a mangée le 14, au jour légal, mais toute la nation l'a retardée au vendredi 15, etc., etc.

D'autres enfin, et c'est l'opinion à laquelle nous nous rangeons, reconnaissent que le Seigneur a célébré la Pâque en même temps que les Juifs, le 14, et qu'il est mort le 15. (Lire dans la Somme théologigue de saint Thomas, III^ partie, q. xliv, l'article 9, ad primum.) L'expression de saint Jean : Anie diem festum Paschae (xiii, 1) signifie donc : avant la solennité de la Pâque, — la Pâque étant alors considérée comme une fête de sept jours, dont le premier, c'est-à-dire le 15 Nisan, était particulièrement solennel (Lev., xxiii, 5-8 ; Num., xxviii, 16-18). S'il est marqué au chapitre xviii, verset 28, que les Juifs ne veulent pas entrer dans le prétoire ut non contaminareniur, sed ut mandiLcarent Pascha, ce n'est point de l'agneau pascal qa'U est question, mais de l'azjTne, l'aliment pascal qu'on ne pouvait manger qu'à la condition d'être exempt de toute impureté légale.

Le soir du jeudi, à l'heure du repas sacré, le Seigneur, accompagné des Douze, vint au Cénacle. Tout était prêt ; on prit place autour de la table. C'est saint Luc qui nous fournit les premiers détails. « J'ai désiré d'un grand désir, dit le Seigneur,

manger cette Pâqiie avec vous, avant de souffrir. » Allusion, croyons-nous, à l'agneau pascal, qui est là, sur la table, et dont chacun va prendre sa part ; mais le Seigneur songe aussi à l'Eucharistie. Il poursuit : « Car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu. » C'est la dernière fois qu'il mange avec les siens l'agneau pascal, jusqu'à ce qUe la pleine réalité soit substituée au symbole, jusqu'à l'heure de la Pâque parfaite et céleste, jusqu'à ce que le Seigneur et les aj^ôtres se trouvent réunis au banquet nuptial de l'éternité (Le, xxii, 29-30).

Nous savons que, dans ce festin de la Pâque, une coupe de vin circulait entre les convives. Le Seigneur y trempa ses lèvres, après avoir rendu grâces à Dieu, et dit aUx apôtres : « Prenez cette coupe et distribuez-la entre vous ; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que soit venu le Royaume de Dieu. » Saint Matthieu et saint Marc, par le lieu où ils placent cette réflexion, laisseraient entendre qu'elle se rapporte à la coupe consacrée de l'Eucharistie ; mais il faut observer qu'ils n'ont point parlé de deux coupes, comme saint Luc, qui a distingué nettement la coupe profane, distribuée au début du rejDas, d'avec la coupe eucharistique, donnée après le souper, postquam coenavit.

Le, XXII. — 24 Pacta est outem et contentio inter eos, quis eorum videretur esse major. ^^ Dixit autem eis : Reges gentium dominantur eorum, et qui potestatem habent super eos benefici vocantur. ^^ Vos autem non sic ; sed qui major est in vobis, fiât sicut juinor ; et qui praecessor est, sicut ininistrator. ^^ Nam quis major est, qui recumbit, an qui ministral? nonne qui recumbit? Ego autem in média vestrum sum sicut qui ministrat. ^^ Vos autem estis qui permansistis mecum in tentationibus meis, ^^ et ego dispono vobis, sicut disposuit mihi Pater meus, regnum, ^° ut edatis et bibatis super mensam meam in regno meo, et sedeatis super thronos, judicantes duodecim tribus Israël.

Des commentateurs ont cru que saint Luc a placé ici, pour ne rien perdre des enseignements du Seigneur, un fait qui s'était passé à Une époque antérieure, et que saint Matthieu (xx, 24- 28) et saint Marc (x, 41-45) ont seuls raconté plus haut : la contestation provoquée par la requête indiscrète des fils de

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