‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 272 sur 340 · JÉSUS EST LA VOIE, LA VÉRITÉ ET LA VIE · texte numérisé non relu

JÉSUS EST LA VOIE, LA VÉRITÉ ET LA VIE

Peut-être n'est-il pas possible de ramener à des lignes et à des divisions précises renseignement du Seigneur. Il y aura toujours une différence entre celui qui expose une vérité par des procédés didactiques, et celui qui parle établi dans Une région de vérité qui est la sienne et où il se meut lui-même librement. Plutôt que de pratiquer dans cet ensemble des divisions factices et toujours arbitraires, mieux vaut remarquer simplement que le dessein principal du Seigneur est d'éclairer ses disciples sur la vie surnaturelle et sur la société où, grâce à elle, nous entrons avec DieU et le Fils de Dieu. Rappelons-nous la parole de saint Jean en sa première é]3Ître : Et societas nostra sit cum Pâtre et cum Filio ejus Jesu Christo.

Les avertissements qui ont précédé étaient de nature à provoquer l'anxiété. La trahison d'un disciple, le futur reniement de celui qui semblait le plus attaché, et, par-dessus tout, le départ du Seigneur annoncé comme imminent, tout portait à cette, inquiétude qui prépare les découragements et les paniques. Non dit Jésus, que votre cœur ne se trouble pas. C'est l'heure de répreuve ; appuyez-\'ous par la confiance, par la foi, et sur Dieu, et sur moi. Contre les terreurs de la séparation d'aujourd'hui, ce qui doit vous rassurer c'est la réunion future que nous j^réj^arons, mon Père et moi. Dans la maison de mon Père il n'j^ a pas place que pour moi seul ; il y a place polir un grand nombre. Si vous ne deviez pas me suivre là où je vais je vous l'aurais dit. Mais je m'en vais vous préparer une demeure (xii, 26).

Le lieu, la demeure dont il est parlé n"est autre que le sein du Père céleste, qui n'apas besoin d'être préparé pour le Fils : Unigenitus qui est in sinu Patris ; mais qui a besoin d'être préparé pour nous et acquis par une rançon divine. Le Seigneur, par sa Passion et son Ascension, nous ouvre la voie du tabernacle ; bientôt, elle sera frayée par son sang (Hebr., ix, 8, 12). Et si je m'en vais vous préparer une demeure, continue-t-il, c'est pour revenir et vous prendre avec moi, afin que, là où je suis, vous soyez également. Je n"ai pas de bonheur que vous ne le partagiez avec moi, je n'ai tout mon être de Christ qu'avec vous. Voyez : dès lors, ce n'est pas de séparation qu'il nous faut parler ; cest de préparation à une réunion définitive, étemelle. Là où je suis, vous serez avec moi. — Ainsi, l'heure viendra où nousmêmes, qui lisons ces lignes, nous serons, à jamais, avec Notre-

Seigneur Jésus-Christ, dans le sanctuaire vivant de notre Père céleste...

« Où je vais, vous le savez bien, et vous connaissez le chemin. » Oui, nous savons, nous : on nous l'a bien expliqué. Il n'y a qu'un lieu et une patrie ; il n'y a qu'une région et une demeure, où le Seigneur, comme DieU, vit éternellement ; c'est vers elle que le Seigneur, comme homme et comme Dieu, guide aujourd'hui l'humanité. Mais les apôtres saisissent mal le sens des paroles, toutes spirituelles, du Seigneur ; et Thomas l'avoue : « Seigneur, nous ne savons pas où vous allez : comment saurions-nous le chemm? » Était-ce vers le nord et vers les Iles? était-ce vers le midi et l'Egypte que le Seigneur allait diriger sa marche? Où se porterait l'effort de sa conquête? Comment leur serait-il possible soit de le retrouver, soit de le suivre?

Cette fois encore, il semble que le Seigneur, au lieU de faire une réponse directe, s'efforce plutôt de créer chez ses disciples un état d'esprit qui implique la réponse elle-même. A la question de saint Thomas : « Mais nous ne savons ni le but, ni le chemin, » Jésus satisfait ainsi : Ego sum via, et veritas, et vita. C'est moi qui suis le chemin ; moi qui suis la vérité, la lumière qui montre le chemin ; moi qui suis la vie, la force et la vigueur nécessaires pour fournir le chemin. Et le terme de ce chemm, c'est le tabernacle incréé, c'est le Père. Pour y parvenir, Jésus est la voie unique ; il est la voie nécessaire ; personne, dit-il, ne va au Père, si ce n'est par moi. Sans doute il a été observé ailleurs (vi, 44) que nul ne vient au Fils qu'à la condition d'être attiré par le Père ; mais les deUx assertions se concilient et s'unissent entre elles : ceux-là sont prédestinés que le Père a éternellement attribués à son Fils, pour lui être semblables ; et ceux-là seuls parviennent au Père qui s'attachent au Fils et qui trouvent dans le Fils la voie, la vérité et la vie.

Le Seigneur poursuit, et, doucement, reproche à ses disciples leur lenteur à le comprendre. Si vous aviez compris la variété des indications que je vous ai fournies sur moi-même, vos incertitudes d'aujourd'hui n'existeraient plus. Me connaissant, vous connaîtriez mon Père. Du moins, dès maintenant, reconnaissez celui que vous avez vu en moi ; reconnaissez-le, puisque vous l'avez contemplé. Entre lui et moi il y a ressemblance parfaite et Unité,

L'intervention de Philii^pc nous montre qUel fruit avait produit

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