‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 279 sur 340 · L'ÉVANGILE DE N'.-S. J.-C · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE DE N'.-S. J.-C

no SIXIÈME PARTIE. — CHAPITRE V

serait conf^titiiéc la nouvelle famille hiimaine, l'Église, dans le mystère de la Pentecôte. • — On peut donc renoncer à une autre explication, accueillie par plus d'un auteur spirituel, et selon laquelle la présence visible du Seigneur au milieu des apôtres eût constitué pour eux, sinon un danger, du moins un piège : son départ les corrigerait d'un attachement trop sensible et assurerait ainsi l'essor de leur spiritualité. La question se posera de nouveau au sujet de Marie-Madeleine et du Noli me tangere. Nous ne parvenons pas à comprendre comment l'humanité du Seigneur et sa présence réelle et visible ont pu jamais constituer un obstacle et un péril. On ne réfléchit pas assez au charme de dignité et de puret€ que portait partout avec elle la beauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est son corps qui nous sanctifie, son sang qui fait germer en nous la virginité. L'humanité du Seigneur ne peut être que moyen de sanctification.

L'Esprit de Dieu, lorsqu'il sera venu, apprendra au monde, avec une autorité souveraine, trois choses que le monde ne sait pas : le péché des Juifs, la justice du Christ, le jugement de Dieu Il convaincra d'abord le monde de péché, c'est-à-dire d'incrédulité et d'infidélité. Le monde juif, celui qui est spécialement visé dans saint Jean, n"a pas ^"oulu croire à la parole du !Messie, le Fils de Dieu. L'argument dont se servira l'Esprit-Samt pour le convaincre sera l'établissement de l'Église, sa diffusion universelle, la conversion des gentils. Ce sera merveille de voir ainsi confondus, par la conversion de ceux qui n'étaient même pas un peuple (I Petr., ii, 10), les privilégiés qui formaient le peuple de Dieu, qui ont eu la longue préparation de l'Ancien Testament, qui ont bénéficié de la présence et de la doctrine du Seigneur, qui assisteront aux splendeurs de la Pentecôte et de son lendemain.

Le Saint-Esprit montrera au monde où est la justice. On pourrait songer à la justice de Dieu, qui récompense le Fils de son obéissance. Il est plus conforme, semble-t-il, à la pensée du Seigneur, de reconnaître ici la justice du Christ lui-même. Le monde juif avait, nous le savons par saint Paul, sa notion de la justice, légale, orgueilleuse, toute en œuvres extérieures. L'Apôtre, lui, se fait de la justice Une idée plus noble et plus exacte, et souhaite d'être finalement trouvé en Notrc-Scigneur Jésus-Christ, non avec sa propre justice, « celle qui vient de la Loi, mais avec celle qui vient de Dieu par la foi au Christ »

CE QUE FERA LE fARACLET POUR LB8 DISCIPLES ET LE MONDE lll

(Phil., m, 9). Or, la même passion d'infidélité qui a porté les Juifs à se détourner du Seigneur les a portés aussi à méconnaître la vraie justice, son caractère et sa source : Gratia et veritas per Jesum Christum fada est (Jo., i, 17). Et cette justice se trouvera démontrée au siècle par la Résurrection, par le retour du Seigneur à son Père, par la transformation des âmes, par les traductions charismatiques de la vie surnaturelle chez les premiers chrétiens. Car, ajoute le Seigneur, je m'en vais au Père et vous ne me verrez plus : mon oeuvre est désormais accomplie.

Enfin, le monde contemplera, sans pouvoir le contester, le jugement de Dieu. A la faveur du péché, le diable et la mort étaient entrés dans le monde ; Satan avait un titre à exercer son pouvoir sur l'homme, qui s'était livré à lui, vaincu et asservi par la faute : A quo enim quis swperaius est, hujus et servus est (II Petr., ii, 19). Mais le diable perd son titre lorsqu'il entreprend sur celui qui ne lui doit rien (Jo., xiv, 30). Sa tentative imprudente amènera son éviction ; il est vaincu déjà, et sentence est portée contre lui. Lorsque le monde verra son prince jeté dehors, il constatera que l'œuvre de la justice est commencée. Et cette triple conviction du péché, de la justice et du jugement, grâce au fait divin de l'Église, sera pour les âmes une mise en demeure, fournie par l'Esprit de Dieu, et capable d'amener les plus rebelles au Christ et à l'Église.

C'est donc à l'Esprit-Saint que le Seigneur s'en remet désormais de sa victoire sur le monde ; c'est à lui aussi qu'il laisse le soin d'achever l'éducation des apôtres. Ils étaient encore des enfants. Le Seigneur les avait nourris de lait : lorsqu'ils seraient devenus plus forts, l'Esprit leur donnerait cette nourriture solide qu'il faut ajourner maintenant. J'ai, dit Jésus, beaucoup d'autres choses à vous apprendre, mais actuellement vous ne les pouvez pas porter encore. Lorsque sera venu celui dont nous parlions naguère, l'Esprit de vérité, il se fera votre guide vers l'intelligence de toute la vérité. — Ce qui est promis, ce n'est pas l'inspiration, ce n'est pas l'omniscience, mais l'infaillibilité dans l'ordre de la vérité religieuse ; sans quoi, l'Église ne pourrait commander au nom de Dieu. L'harmonie de cet enseignement achevé et dévolu à l'Esprit-Saint, avec la doctrine plus élémentaire venue du Christ, est assurée par ce fait que l'Esprit ne dira rien de lui-même, non plus que le Christ ; mais il dira tout ce qu'il entend et il révélera aux disciples tout ce qui doit venir.

Il me glorifiera, dit Jésus, car il prendra de ce qui est à moi et vous Tamioncra. Comme le Christ a puLté en son Père, ainsi l'Esprit de Dieu puise dans le Fils. Comment ne serait-elle pas une, la doctrine provenant d'une même source éternelle? Dans la connaissance qu'il donnera des choses de l'avenir, l'Esprit rendra gloire au Fils ; il manifestera toute sa pensée et conduira son œuvre au plein épanouissement. La gloire et la volonté du Seigneur, c'est l'Église. En animant toute l'Église, c'est le Seigneur lui-même que glorifie l'Esprit-Saint ; et il glorifie le Fils, parce qu'il est l'Esprit du Fils et procède de lui. Il procède du Père, sans aucun doute, puisque le Père est source de la divinité ; mais tout ce qui appartient tu Père appartient au Fils, sauf la relation qui le fait être Père. Dès lors, l'Esprit lui-même et le principe de la procession de l'Esprit sont au Fils ; c'est pour cela, ajoute le Seigneur, que je vous ai dit que l'Esprit prendra de ce qui est mien et vous le fera connaître. Être envoyé de moi, me glorifier, rapporter à moi son action, parler de moi, ce sont autant de témoignages que l'Esprit i^rocède réellement de moi.

Jo., XVI. • — ^^ Modicum, et jam non videbitis me; et iterum modicum, et videbitis me, quia vado ad Patrem. ^^ Dixerunt ergo ex d'scipulis ejus ad iîivicem : Quid est hoc quod dicit nobis: Modicum, et non videbitis me ; et iterum modicum, et videbitis me ; et : Qu a vado ad Patrem? ^^ Dicebant ergo : Quid est hoc quod dicit : Modicum ? nescimus quid loquitur. ^^ Cognovit auteni Jésus quia volebant eum interrogare, et dixit eis : De hoc quaeritis inter vos, quia dixi : Modicum, et non videbitis me ; et iterum modicum, et videbitis me. ^^ Amen, amen dico vobis, quia plorabitis, et flebitis vos, mundus autem gaudebit ; vos autem contristabimini, sed tristitia vestra vertetur in gaudium. ^^ Mulier cum parit, tristitiam habet, quia venit hora ejus ; cum autem pepererit pueruni, jam non meminit pressurae pr opter gaudium, quia natus est home in mundum. ^^ Et vos igitur nunc quidem tristitiam habetis ; iterum autem videbo vos, et gaudebit cor vestrum, et gaudium vestrum nemo tollet a vobis. 23 Et in illo die me non rogabitis quidquam. Amen, amen dico vobis, si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis. ^^ Usque modo non petistis quidquam in nomine meo. Petite, et accipietis, ut gaudium vestrum sit plénum.

Que le Seigneur dût s'éloigner, c'était une vérité bien connue

Page 1