‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 282 sur 340 · LE SEIGNEUR DEMANDE AU PERB POUR LUI-MÊME · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR DEMANDE AU PERB POUR LUI-MÊME

de l'Incarnation. Vous lui a\'ez donné, à ce roi pacifique, le pouvoir sur toute chair, — pouvoir impliqué dans la charte même de sa royauté, Ps. ii, 6-8, — afin que tout ce qui doit être, par vous, soumis à sa souveraineté, reçoive de lui la vie éternelle.

« Elle consiste, cette vie éternelle, à vous connaître, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. » Nous sommes avertis que la \'ie étemelle, la vie surnaturelle, ne consiste pas dans de simples pratiques, dans des attitudes, des émotions, de prétendues expériences religieuses, dans des tensions énergiques de volonté, dans des agitations et des imjDatiences secrètes ; la vie surnaturelle, c'est de connaître, c'est-àdire d'être uni de pensée et d'âme à Dieu et à Notre-SeigneUr Jésus-Christ. Et connaître, nous l'avons dit souvent, ce n'est pas seulement savoir ce que les mots signifient, c'est connaître avec assentiment profond, avec adhésion de notre esprit à la lumière, avec attachement de notre âme aux divines réalités qui nous sont montrées. Cette vie étemelle, c'est sans doute, dans sa perfection, la vision et la connaissance intuitive où Dieu nous deviendra intelligible par lui-même et par son union glorieuse avec nous ; mais c'est aussi la vertu de foi; c'est même et plus encore cette connaissance obscure, ignorance et science tout ensemble, qui en nous est l'épanouissement de la foi et nous ramène sans cesse à Dieu, comme à la seule beauté qui mérite notre regard. Nous ne la voyons pas et ne jsouvons penser qu'à elle ; là seulement, devant sa splendeur voilée, nous trouvons le repos, la paix, la joie souveraine. Ainsi, la vie étemelle, c'est de connaître, de commencer à connaître, de progresser dans la connaissance, enfin de connaître sans voiles. L'aimer et l'agir, la tendresse et la fidélité naissent spontanément de la vraie connaissance surnaturelle ; par elle tout l'homme devient le captif de sa foi et de sa vision. — Mais pourquoi le Seigneur nous dit-il du Père qu'il est «le seul vrai Dieu »? Est-ce que le Fils n'est pas le vrai Dieu, et aussi le Saint-Esprit? Assurément; mais la formule évangéliqUe, en même temps qu'elle écarte toute autre divinité que celle qui est dans le Père, enveloppe tout ce qui est substantiellement un avec le Père. La vie étemelle consiste à connaître le Père, seul vrai Dieu, en connaissant son envoj^é, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu.

Je vous ai glorifié sur la terre, ayant achevé l'œuvre que vous m'aviez donné mission de remplir : une vie de sainteté, de pureté,

d'humilité, couronnée par robéissance et l'adoration ; une vie au cours de laquelle je vous ai rendu la gloire due à un Père tel que vous. C'est à vous maintenant, Père, de me donner ma gloire de Fils, et de révéler au monde cette dignité filiale que je possède auprès de vous et en vous dès avant l'existence du monde. En me donnant les âmes, montrez que je suis l'héritier; accordez-moi de recueillir, dans le temps, le fruit de mon investiture éternelle. — Ainsi, la gloire que le Seigneur réclame, c'est nous-mêmes, c'est notre union et notre appartenance à lui.

Jo., XVII. — - ^ Manifestavi nomen tuum Jwminibus, quos dedisti mihi de mundo. Tui erant, et mihi eos dedisti ; et sermonem tuum servaverunt. ' Nunc cognoverunt quia omnia quae dedisti mihi, abs te suiit ; ^ quia verha quae dedisti mihi, dedi eis, et ipsi acceperunt, et cognoverunt vere quia a te exivi, et crediderunt quia tu me misisti. ^ Ego pro eis rogo. Non pro mundo rogo, sed pro his quos dedisti mihi, quia tui sunt. ^^ Et mea omnia tua sunt, et tua mea sunt ; et clarificatus sum in eis. ^^ Et jam non sum in mundo, et M in mundo sunt, et ego ad te venio. Pater sancte, serva eos in nomine tuo, quos dedisti mihi, ut sint unum, sicut et nos. ^^ Cum essem cum eis, ego servaham eos in nomine tuo. Quos dedisti mihi, custodivi, et nemo ex eis periit, nisi filius perditionis, ut Scriptura impleatur. ^^ Nunc autem ad te venio, et haec loquor in mundo, ut habeant gaudium meum impletum in semetipsis. ^^ Ego dedi eis sermonem tuum, et mundus eos odio habuit, quia non sunt de mundo, sicut et ego non sum de mundo. ^^ Non rogo ut tollas eos de mundo, sed ut serves eos a malo. ^^ De mundo non sunt, sicut et ego non sum de mundo. ^' Sanctifica eos in veritate. Sernio tuus Veritas est. ^^ Sicut tu me misisti in mundum, et ego misi eos in mundum. ^^ Et pro eis ego sanctifico meipsmn, ut sint et ipsi sanctificati in veritate.

Le Seigneur a cessé de parler pour lui ; il prie maintenant pour ses disciples. Reconnaissons d'abord une présentation (6-8), puis une prière formelle, avec la variété de ses motifs (9-19). — Le Seigneur ne paraît pas seul devant son Père : il n'y serait pas tout entier, si les disciples n'y étaient avec lui (Jo., Vi, 37, 44-45). Mon Père, ce n'est point par la seule perfection de ma vie que je vous ai rendu hommage : c'eût été l'hommage rendu à

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