‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 286 sur 340 · LA DOULEUR · texte numérisé non relu

LA DOULEUR

Mt., XXVI. — 3° Et hymno dicto, exieruni in montem Oliveti... 3^ Tune venit Jésus cum iïlis in villam qu,ae dicitur Gethsemani, et dixit discipulis suis : Sedete hic, donec vadam illuc et orem. ^' Et assumpto Peiro et duohus filiis Zebedaei, coepit contristari et moestus esse. ^^ Tune ait illis : Tristis est anima mea usqu£ ad mortem ; sustinete hic, et vigilaie mecum. ^^ Et progressus pusillum, procidit in faciem suam, orans, et dicens : Pater mi, si possibile est, iranseat a me calix iste ; verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. **' Et venit ad discipulos su^s, et invenit eos dormientes ; et dixit Petro : Sic non potuistis una hora vigilare mecum P ^^ Vigilate et orale, ut non intretis in tentationem. Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma. *^ Iterum secundo ahiit, et oravit, dicens : Pater mi, si non potest hic calix transire nisi bibam illum, fiât voluntas tua. '*^ Et venit iterum, et invenit eos dormientes ; erant enim oculi eorum gravati. ^^ Et relictis illis, iterum abiit, et oravit tertio, cumdem sermonem dicens. ^^ Tune venit ad discipulos suas, et dicit illis : Dormite jain et requiescite ; ecce appropinquxivit hora, et Filius hominis tradetur in manus peccatorum. ^^ Surgite, eamus ; ecce appropinquavit qui me tradet.

Me, XIV. — 26 -^f hymno dicto, exierunt in montem Olivarum... ^* Et veniunt in praédium cui nomen Gethsemani. Et ait discipu^

lis suis : Sedete hic donec orem. ^3 Et assumit Petrum, et Jacohum, et Joannem secwn ; et coepit pavere et taedere. ^^ Et ait illis : Tristis est anima mea usque ad mortem ; sustinete hic et vigilate. ^^ Et cum processisset paululum, procidit super terrain , et or abat ut si fieri posset, transiret ah eo hora, ^^ et dixit : Abba, Pater, omnia tihi possibilia sunt, tr ans fer calicem hune a me ; sed non guod ego volo, sed quod tu. ^^ Et venit, et invertit eos dormientes. Et ait Petro : Simon, dormis? non jjotuisti una hora vigilare? ^^ Vigilate et orate, ut non intretis in tentationem. Spiritus quidem promptus est, caro vero infirma. ^^ Et iterum abiens oravit, eumdem sermonem dicens. ^° Et reversus, denuo invenit eos dormientes ; erant enim oculi eorum gravati, et ignorabant quid responderent ei. ^^ Et venit tertio, et ait illis : Dorm'te jam, et requiescite. Sufficii; venit hora : ecce Filius hominis iradetur in manus peccatorum. ^^ Surgite, eamus. Ecce qui me tradet prope est.

Le, XXII. — 39 Et egressus ibat secundum consuetudinem in montem Olivarum. Secuti nin' auteni illum et discipuli. ■*" Et cum pervenisse ad locum, dixit illis : Orate ne intretis in tentationem. ^^ Et ipse avulsus est ab eis quantum jactus est lapidis ; et positis genibus or abat, '^^ dicens : Pater, si vis, tr ans fer calicem istum a me ; verumtamen non mea voluntas, sed tua fiât. ^^ Apparuit autem illi angélus de caelo, confortans eum. Et factus in agonia, prolixius orabat. ^* Et factus est sudor ejus sicut guttae sanguinis decurrentis in ierram. ^^ Et cum surrexisset ab oratione, et venisset ad discipulos suos, invenit eos dormientes prae tristitia. *^ Et ait illis : Quid dormitis? Surgite, orate, ne intretis in tentationem.

Jo., XVIII. — ^ Haec cum dixisset Jésus, egressus est cum discipulis suis trans torrentem Cedron, ubi erat hortus, in quem introivit ipse, et discipuli ejus. ^ Sciebat autem et Judas, qui tradebat eum, locum, quia fréquenter Jésus convenerat illuc cum discipuUs suis.

Il nous semble qu'on peut distinguer dans la Passion trois phases : la douleur, l'humiliation, la souffrance. Sans doute, il y eut de la souffrance dans la période que nous appelons de l'humiliation ; et la douleur, c'est-à-dire la peine de l'âme et l'angoisse du cœur, a duré jusqu'aux derniers moments ; mais ce nous est une loi de caractériser des époques par l'élément qui y prédo-

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mine et en fait la phj^sionomie, encore qu'il ne soit pas exclusif.

Après avoir récité Thymne d'action de grâces qui suivait la Cène, et s'être entretenu longuement avec les apôtres, le Seigneur sort du Cénacle. En compagnie des onze disciples fidèlc"^, il se dirige vers le jardin de Gethsémani, à l'est de Jérusalem, sur les pentes occidentales de la montagne des Oliviers. Il fallait, pour s'y rendre, sortir de la ville et traverser le ravin de Cédron, à la hauteur du temple. Ce jardin était une retraite familière au Seigneur et aux apôtres, connue par conséquent du traître luimême. Laissant à l'entrée huit de ses disciples, le Seigneur leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que j'irai là-bas pour prier. » Il prend avec lui les trois privilégiés , jadis témoins de la Transfiguration : Pierre et les fils de Zébédée, Jacques et Jean. Dès lors, l'agonie commence, avec ses terreurs et son accablement. Et il leur dit : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. Demeurez ici, et veillez avec moi. » Puis il s'avance encore de quelques pas, à la distance d'un jet de pierre environ ; et, tombant à genoux, prosterné la face contre terre, il prie et demande à son Père que, s'il est possible, cette heure s'éloigne de lui.

Rappelons-nous ce que nous avons dit souvent de la réalité de la nature humaine de Xotrc-Seigneur Jésus-Christ. Jamais il n'y eut instrument de souffrance aussi délicat. Et à cette heure, il porte, devant la redoutable justice de Dieu, le fardeau de tous les crimes du monde ; selon la doctrine de saint Paul : « Celui qui ne connaissait pas le i:)éché a été fait i^our nous péché et malédiction » (II Cor., V, 21 ; Gai., m, 13). Il est broyé sous ce poids de honte. Les trois synoptiques nous ont conservé les termes mêmes de sa prière : « Abba, Père ! Mon Père ! tout vous est possible : éloignez de moi ce calice. Et cependant, non ce que je veux, mais ce que vous voulez, vous ! » C'est l'homme qui parle, avec sa volonté sensible, frémissante, mais toujours gouvernée par sa volonté raisonnable, laquelle adhère pleinement à la volonté de Dieu.

Une heure s'écoule. Jésus revient vers les trois disciples : ils dormaient. Et il dit à Pierre : « Vous dormez, Simon ! Vous n'avez pu veiller une heure avec moi? Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; car l'esprit est prompt, mais la chair est faible. » L'esprit, c'est l'âme, la volonté, avec ses enthousiasmes faciles : les apôtres, et surtout Simon Pierre, expérimenteront bientôt tristement combien fragile est la chair. L^ne seconde fois,

le Seigneur se retire pour prier. La supplication est la même, jaillissant du même fond de détresse, s "adressant au même Dieu et Père. Pourtant, elle laisse pressentir que la décision divine est sans appel, et l'acceptation du Fils devient absolue : c Mon Père, si ce calice ne peut s'éloigner sans que je le boive, que votre volonté soit faite. » Puis, il revient près des apôtres, qu"il trouve encore appesantis de sommeil, accablés de tristesse, dit saint Luc. Leurs paupières sont lourdes, et, dans leur confusion, ils ne savent que répondre. Nulle consolation ne devait venir au Seigneur de l'affection humaine : Torcular calcavi sohis. Mais lorsqu'il se fut retiré à l'écart, redisant toujours la même prière, avec plus d'instance et de tendresse, un ange du ciel descendit pour le conforter mystérieusement. La douleur, cependant, ne fut pas diminuée : car du visage et des membres sacrés s'échappaient et tombaient jusqu'à terre les grosses gouttes d'une sUeur de sang, comme si l'écrasant fardeau du péché eût exprimé sa vie.

Le Seigneur rejoignit ensuite les disciples et leUr dit : « Dormez maintenant, et reposez-vous. » On a cru quelquefois à l'ironie de ces paroles ; il est mieux d'y entendre une invitation réelle adressée j^ar le Seigneur aux apôtres. Il leur permet de continuer leur sommeil. Bientôt, un bruit de pas se fait entendre. « Il suffit ! dit le Seigneur. L'heure est venue : le Fils de l'homme \'a être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Celui qui me trahit s'approche. »

Mt., XXVI. — *" Adhuc eo loquenie, ecce Judas, umis de duodecim, venit, et cum eo turba niulta cum gladiis et fustibus, missi a principibus sacerdotuni et senioribus popidi. *^ Qui autem iradidit euvi dédit illis signum, dicens : Quemcumque osculatus juero, ipse est ; tenete eum. ^^ Et confestim accedens ad Jesum, dixit : Ave, Rabbi. Et osculatus est eum. ^^ Dixitque iUi Jesu^ : Amice, ad quid venisti? Tune accesserunt, et manus injecei'unt in Jesum, et tenuerunt cum. ^^ Et ecce unus ex his qui erant cum Jesu, extendens manum, exemit gladiuni suum, et percutiens servum principis sacerdotum, amputavit auriculam eju^s. °- Tune ait illi Jésus : Couverte gladiuni tuum in locum suum ; omnes enini qui acceperint gladium gladio peribunt. ^^ An p titas quia non possum rogar Patrem meum, et exhibebit mihi modo plus quam duodecim legiones

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