‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 288 sur 340 · L'ARRESTATION DU SEIGNEUR T · texte numérisé non relu

L'ARRESTATION DU SEIGNEUR T

— Jésus de Nazareth ! » répondent-ils. Beaucoup peut-être ne le connaissaient pas. Ils ne savaient que la consigne, qui était d'arrêter Jésus de Nazareth. « C'est moi, » dit le Seigneur. La majesté tranquille du Fils de DieU, la surprise, une force divine font reculer les assaillants et les jettent à terre. Une seconde fois le Seigneur demande : « Qui cherchez-vous? — JésUs de Nazareth ! » Les disciples étaient près de lui. En se livrant, le Seigneur qui connaît d'avance et prépare sa solitude, qui veut défendre les siens contre l'hostilité juive, Use une fois encore de son autorité divine afin de les abriter. « Je suis celui que vous cherchez, dit-il ; laissez donc ceux-ci s'en aller. » C'était, remarque saint Jean, afin que s'accomplît la parole prononcée naguère par le Seigneur : « Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'avez donnés » (xvii, 12). C'était aussi le geste du bon pasteur, éloignant tout danger de ceux qu'il aime (Jo., x, 11 sq.).

Cependant la troupe s'était relevée et allait mettre la main sur Jésus, lorsque, du groupe des disciples, quelqu'un s'écria : « Seigneur, si nous nous servions du glaive? » Et sans attendre la réponse, Simon-Pierre (saint Jean seul l'a nommé) dégaina et frappa à l'oreille droite un serviteur du grand-prêtre, nommé Malchus. Mais le Seigneur ne voulait pas de résistance; il invita l'apôtre à s'en tenir là et lui dit : « Remettez votre glaive au fourreau ; car tous ceux qui prendront le glaive périront par le glaive. Vous ne songez donc pas qu'il me suffirait de prier mon Père pour qu'il m'envoie aussitôt plus de douze légions d'anges? Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures, qui ont prédit ce qui arrive? Puis je refuser de boire le calice que me présente mon Père? » Et touchant l'oreille de Malchus, il la guérit.

Puis, s'adressant à la foule des assaillants et spécialement aux meneurs, prêtres, gardiens du temple et anciens, Jésus leur dit : « Comme pour un brigand, vous êtes venus à moi, avec des glaives et des bâtons ! Chaque jour, je me tenais assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mon heure n'était pas venue. Mais maintenant, c'est la vôtre, et celle de la puissance des ténèbres. Tout cela est arrivé afin que fussent accomplies les paroles des prophètes. » La liberté, la souveraineté du Seigneur, la spontanéité de son oblation sont partout visibles, partout affirmées. Les faits se déroulent selon un programme divin déterminé depuis des siècles. C'est alors, sur le congé que le Seigneur leur donne, que les valets juifs et les

soldats romains s'emparent de lui et lui lient les mains. Les disciples, si braves et si présomptueux naguère, l'abandonnent et s'enfuient, tous. Cependant, note saint Marc, im jeune horome le suivait, enveloppé seulement d'un drap, c'est-à-dire d'un vêtement de nuit ; on le saisit ; mais, lai, lâchant le drap, s'enfuit nu et leur échappe. Probablement, ce mystérieux jeune homme habitait une maison voisine et était accouru au bruit. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse. de saint Marc lui-même.

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