JÉSUS EXPULSÉ DE«AZARETH
reçu et proclamé Sauveur du monde. Il se trouve ici en face d'un officier juif qui croit, puisqu'il demanda et espère, mais dont la prière trahit néanmoins les préoccuiDations d'une foi imparfaite.
Cependant l'officier ne se laisse nullement déconcerter ; dès lors que Jésus ne refuse pas et fait même allusion au miracle possible, il réitère sa demande : « Seigneur, descendez avant que mon fils ne meure ! » Jésus ne consent pas à se rendre alors à Caphamaûm, mais il accorde la guérison : « Allez, dit-il, votre fils est vivant. » L'homme eut foi en la parole que Jésus lui avait dite, et s'en alla. Il approchait de la \àlle lorsqu'il rencontra ses serviteurs venant lui annoncer que son fils vivait. Comme il s'informait de l'heure à laquelle il s'était trouvé mieux, les serviteurs lui dirent : « Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté. » C'était précisément l'heure où Jésus lui avait déclaré : « Votre fils est vdvant. » Et non seulement le père eut foi en Jésus, mais avec lui toute sa famille. Tel fut, conclut saint Jean, le nouveau et second miracle que fit Jésus lorsqu'il passa de Judée en Galilée. Il faut traduire : le second miracle de Cana, car, selon saint Jean lui-même, le Seigneur avait donné à Jérusalem jjIusieurs signes de sa puissance divine ; et il fit des miracles à Capharnaiim (Le, iv, 23). Ce n'est d'ailleurs que le second miracle raconté avec détails par saint Jean.
Le., IV. — ^^ ... Et regressus est Jésus in virtute Spiritus in Galilaeam ; et jama exiit per universam regionem de illo. ^^ Et ipse docebat in synagogis eorwn, et magnificabatur ab omnibus. ^^ Et venit Nazareth, ubi erat nutritus, et intravit secundum consuetudinem suant die sabbati in synagogam, et surrexit légère. ^"^ Et traditus est illi liber Isaiae propheiae. Et lit revolvit librum, invenit locuni ubi scriptum erat : ^^ Spiritus Domini super me ; propter guod unxit me, evangelizare pauperibus misit me, sanare contritos corde; 1^ praedicare captivis remissionem, et caecis visum ; dimittere confractos in remissionem ; praedicare annum Domini acceptum, et diem retributionis. 20 Et cum plicuisset librum, reddidit ministro, et sedii. Et omnium in synagoga oculi erant intendentes in eum. ^^ Coepit autem dicere ad illos : Quia hodie impleta est haec scriptura in auribus vestris. ^'- Et omnes testimonium illi dabant, et mirabantur in verbis gratiae quae procedebant de ore ipsius, et dice-
148 DEUXIÈME Partie. — chapitre m
bant : Noiine hic est fiîiiis Joseph? ^^ Et ait illis : Utiqiie dicetis mihi hanc similitudinem : Medice, cura teipsum ; quanta audivimus facta in Capharnaum, fac et hic in patria tua. 2* Ait autem : Amen dico vohis, quia nemo propheta accepitus est in patria sua. 25 In veritate dico vohis, multae viduae erant in diehus Eliae in Israël, quando clausum est caelum annis tribus et mensihus sex, cum facta esset famés magna in omni terra ; ^s et ad nullam illarum missus est Elias, nisi in Sarepta Sidoniae ad mulierem viduam. 2' Et multi leprosi erant in Israël suh Elisaeo propheta ; et nemo eorum mundatus est, nisi Naaman Syrus. ^s Et repleti sunt omnes in synagoga ira, haec audientes. -^ Et surrexerunt, et ejecerunt illum extra civitatem ; et duxerunt illum usque ad superciliwn montis super quem civitas illorum erat aedifîcata, ut praecipitarent eum. ^° Ipse autem transiens per médium illorum, ihat.
La renommée du Seigneur se réi^andit dans la région galiléenne. Il prenait la parole dans les sjniagogues, et la voix commune le glorifiait. Nous distinguerons l'épisode suivant d'une scène analogue décrite par saint Mattliieu (xiii, 5-^-ôS) et saint Marc (vi, 1-6) ; mais l'identité pourrait se soutenir. Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra, le jour du sabbat, dans la synagogue. La lecture d'Écriture Sainte et son commentaire ou « parole de consolation » étaient fournis d'ordinaire i^ar un rabbi ; mais le chef de la synagogue invitait parfois un docteur étranger à se faire entendre. On lisait d'abord un fragment de la Loi, du Pentateuque, ensuite un passage des Projahètes : en hébreu premièrement, puis l'interprète traduisait en araméen, car le peuple n'entendait j^lus l'hébreu depuis la captivité. Le Seigneur « se le^'a pour lire » probablement le texte de la Loi ; le ministre de la synagogue lui mit en mains un exemplaire du prophète Isaïe. £t ayant déroulé le volume, il trouva la leçon du jour, la j^ortion désignée par le rôle. C'était un passage du chapitre i.xi. Voici ce que lut le Seigneur (l'évangéliste cite d'ajDrès les Sei^tante) ; « L'Esprit du Seigneur est sur moi, son onction m'a désigné pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle ; il m'a envo5'é guérir ceux qui ont le cœur bri^é, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles la guérison de leur cécité, renvoyer libres ceux qu'on moleste, publier l'année de grâce du Seigneur, » Les mots : dimittere confractos in remissiouem appartiennent au chapitre lviii d'Isaïe : l'évangéhstt ,